‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 153 sur 663 · LA RÉSURRECTION DU SAUVEUR · texte numérisé non relu

LA RÉSURRECTION DU SAUVEUR

à ces prédictions (Act., II, 24, 25, 31, 32 ; III, 13 ; XIII, 33, 34, 35 ; XVII, 3). C'est aussi un fait constant : on a vu le Seigneur ressuscité. Qui ? Pierre, puis les onze, puis plus de cinq cents frères dont plusieurs sont morts, dont beaucoup peuvent encore témoigner aujourd'hui ; puis Jacques, le frère du Seigneur, (ce dont l'Evangile n'a point conservé le souvenir) ; puis chacun des apôtres au titre de témoin de la

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tionné deux fois les apôtres : undecim (5), Apostolis omnibus (7), — « Enfin, moi, l'avorton d'apôtre que je suis, j'ai vu le Seigneur ressuscité. » Et saint Paul^ se complaît, dans une parenthèse de deux versets (9, 10), à commenter le terme méprisant sous lequel il s'est désigné. Il est aussi humble qu'il est fier. « Je suis, dit-il, le dernier des apôtres et le moindre en dignité. Même je ne suis pas digne de porter ce nom, ayant persécuté l'Eglise de Dieu. C'est par la seule grâce et miséricorde de Dieu que je suis ce que je suis, apôtre de vocation ; et cette grâce de Dieu qui m'a été donnée n'a pas été stérile. Elle m'a porté à travailler plus qu'eux tous ; ainsi l'action de Dieu a été plus puissante dans celui-là même qui était le plus indigne ; car mon œuvre n'est pas de moi, mais de la grâce de Dieu qui est en moi. »

La parenthèse se ferme avec le verset 10, et l'Apôtre reprend le cours de sa pensée. Au sujet du fait de la Résurrection du Seigneur, il n'y a donc, de tous les apôtres, qu'une attestation unanime ; tous l'affirment, tous les fidèles l'ont appris et le croient. C'est un fait constant.

12 Si autem Christus praedicatur quod resurrexit a mortuis, quomodo quidam dicant in vobis, quoniam resurrectio mortuorum non est ? is 5/ autem resurrectio mortuorum non est, neque Christus resurrexit. ^^Si autem Christus non resurrexit, inanis est ergo praedicatio nostra, inanis est et fides vestra. is Jnvenimur autem et falsi testes Dei : quoniam testimonium diximus adversus Deum, quod suscitaverit Christum, quem non suscitavit, si mortui non resurgunt. leiVam.:

si mortui non resurgunt, neque Christus resurrexit. ^"^ Quod si Christus non resurrexit, vana est fides vestra, adhuc enim estis in peccatis vestris. is Ergo et qui dormierunt in Christo, perierunt. i9 Si in hac vita tantum in Christo sperantes sumus, miserabiliores sumus omnibus hominibus. 20 Nunc autem Christus resurrexit a mortuis primitiae dormientium, 21 quoniam quidem per hominem mors, et per hominem resurrectio mortuorum. 22 Et sicut in Adam omnes moriuntur, ita et in Christo omnes vivificabuntur. 23 JJnusquisque autem in sua ordine, primitiae Christus : deinde ii qui sunt Christ i, qui in adventu ejus crediderunt.

A première vue, il semble que l'Apôtre oublie la question réelle. Ce qui est contesté à Corinthe par quelques-uns, ce n'est pas, en effet, la Résurrection du Seigneur, c'est notre résurrection à nous, et la chance pour nous de revêtir nos corps. Mais cette apparente diversion s'explique bientôt par une doctrine si familière à saint Paul, qu'elle lui fournit la majeure implicite de toute son argumentation (12-20), doctrine si bien établie à Corinthe qu'il n'éprouve nul besoin de la démontrer. C'est tout le christianisme. Notre baptême, notre seconde naissance, est une insertion réelle de chacun de nous en Notre-Seigneur Jésus-Christ (Rom., VI, 4). Dès que nous sommes entrés dans l'unité de sa vie et ne faisons avec lui qu'un seul corps à la fois mystique et réel, il y a cause commune ; notre condition est liée à la sienne ; ce qui s'est passé en lui doit se reproduire en nous : la mort, l'ensevelissement, la résurrection, l'ascension, la vie éternelle auprès de Dieu. Les membres seront traités comme la tête ; même à proprement parler, nous sommes déjà ressuscites en Notre-Seigneur Jésus-Christ, car sa Résurrection est tout à la fois la cause, la raison, l'exemplaire et le gage assuré de la nôtre.

Cette majeure étant, pour l'Apôtre, pour les Corinthiens, pour tout fidèle, d'une incontestable vérité, notre sort étant ainsi noué à celui du Seigneur, il y a contradiction, devant

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