VÉRITÉ DE LA RÉSURRECTION
le témoignage apostolique unanime que Jésus-Christ est ressuscité, de prétendre que les morts ne ressusciteront pas ; l'union, j'allais dire l'unité du Seigneur et de nous est telle, que si les morts ne doivent pas ressusciter, le Christ non plus n'est pas ressuscité. Dès lors tout le christianisme s'écroule. Nier la Résurrection du Christ, c'est proclamer la faillite de notre prédication, la faillite de notre foi, c'est de tous les apôtres faire des imposteurs ; oui, des imposteurs, car ils sont venus, au mépris de Dieu, affirmer qu'il a ressuscité le Christ ; ce qui est faux si les morts ne ressuscitent pas. II faut choisir : oq bien le Christ est ressuscité et alors nous ressusciterons ; ou nous ne ressusciterons pas, et le Christ non plus n'est pas ressuscité. Cela se déduit de notre unité avec le Christ. « Grâce à la Résurrection du Christ, sorti du tombeau pour notre justification, vous aviez cru. Corinthiens, échapper à la vie du péché ; vous avez été déçus. Vous êtes encore dans vos souillures, et la justification n'ayant jamais été réellement obtenue, ceux qui sont morts dans le Christ, après avoir été portés en lui par le baptême, ont péri à jamais ; ils espéraient, alors qu'il n'y avait pas pour eux d'espérance. Nous sommes tristement dupés : il n'y a rien pour nous au delà de la mort ; ceux qui se privent de toutes les joies de la vie, sous l'espoir fallacieux d'un bonheur à venir, doivent apprendre qu'il n'y a rien qui réponde à cet espoir, rien dans le présent, rien dans l'avenir, puisque la justification n'a pas été obtenue. En vérité, s'il en est ainsi, nous sommes les êtres les plus misérables qui soient au monde. »
« Mais non, dit l'Apôtre, il n'en saurait être ainsi !» Le nunc aatem, (ici comme au chapitre XIII, 13) a une valeur toute logique et adversative : il marque non le temps, mais l'affirmation triomphante de ce qui est, à rencontre de l'hypothèse qui a précédé.
Ce qui est vrai, le voici : c'est que le Christ est ressuscité, non pour lui seulement et pour son compte, mais pour nous tous. Dans l'ancienne loi, les premiers épis murs étaient offerts à Dieu, au nom de la moisson tout entière. Le Sei-
gneur est bien un être individuel, mais il est aussi le second Adam, un être vivant comprenant dans sa vie toute la multitude de ceux qui sont nés de lui. Il est ressuscité, lui le premier, tout à la fois comme ayant mérité pour lui cette gloire, mais aussi comme étant les prémices et le premier épi mûr de toute la moisson humaine confiée à la terre, et cjui se lèvera un jour sous le regard de Dieu. Ce n'est point là une conception arbitraire ; l'humanité, malgré la multitude innombrable des exemplaires qu'elle contient, n'est pourtant qu'un ensemble vivant, un seul individu à une puissance plus haute et avec l'exposant de l'espèce. La grande famille humaine, nous l'avons dit déjà, a été recueillie, ramassée, et comme ramenée à l'unité deux fois en son chef prédestiné ; une fois en Adam, pour recevoir de lui et en lui, avec la vie naturelle, le péché et la mort ; une seconde fois en Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour recevoir de lui et en lui la justice et la vie ; car de même que tous sont morts en Adam, qui par sa faute ne nous a transmis qu'une nature déshéritée, ainsi ce n'est que dans le Christ que tous trouveront la vie. La réalité des effets nous oblige à induire la réalité de leur raison : notre unité avec l'un et avec l'autre est réelle. Les versets 21 et 22 ne forment dans l'exposé qu'une rapide parenthèse, à dessein d'expliquer le rapport du Seigneur à l'humanité, impliqué dans le primitiae dormientium. Le verset 23 doit donc se joindre au verset 20. Le Christ est ressuscité. En un sens très vrai et que nous venons d'indiquer, tous sont ressuscites en lui ; pourtant chacun vient en son rang. Le Christ d'abord, c'est le premier acte : puis ceux qui sont du Christ, ceux qui sont de lui ressusciteront lors de son avènement : £7i;£i.Ta ol toû Xpto-Toû h TYi Ttapouo-ia a-jToù. Après, dit l'Apôtre, ce sera la fin.
24 Deinde finis : cum tradiderit regnum Deo et Patrie cum evacuaverit omnem principatum, et potestatem, et virtutem. 25 Oportet autem illum regnare, donec ponat omnes inimicos sub pedibus ejus. 26 Novissima autem inimica destruetur mors ; omnia enim subjecit sub pedibus ejus. Cum autem