LA RÉSURRECTION DES MORTS
dicat : 27 Omnia sabjecta sunt ei ; sine dubio praeter eum qui subjecit ei omnia. 28 Cum autem sabjecta fuerint illi omnia': tune et ipse Films sabjectus erit ei qui subjecit sibi omnia, ut sit Deus omnia in omnibus. 29 Alioquin quid facient gui baptizantur pro mortuis, si omnino mortui non resurgunt? ut quid et baptizantur pro illis ? 3o ut quid et nos periclitamur omni hora ? si Quotidie morior per vestram gloriam, fratres, quam habeo in Christo Jesu Domino nostro. 32 Si (secundum hominem) ad bestias pugnavi Ephesi, quid mihi prodest, si mortui non resurgunt ? manducemus, et- bibamus, cras enim moriemur. 33 Nolite seduci : corrumpunt mores bonos colloquia mala. 34 Evigilate justi, et nolite peccare ; ignorantiam enim Dei quidam habent, ad reverentiam vobis loquor.
Nous devons observer que l'Apôtre songe seulement à la résurrection des fidèles, et de ceux-là seuls qui auront reconquis dans le Christ leur titre à la vie éternelle. Observons encore que l'Apôtre ne marque d'autres événements que ceux qui vont à son sujet : la Résurrection du Seigneur, la résurrection de ceux qui seront en lui, la fin. De ce long intervalle qui est le temps, et qui s'écoule entre la Résurrection du Seigneur et la résurrection de ceux qui sont à lui, l'Apôtre n'a nul souci, ce n'est pour lui qu'un entr'acte ; toute la durée du temps s'évanouit devant les conditions éternelles où nous établissent les actes eux-mêmes. Après notre résurrection, la fin : deinde finis. Oui, la fin du temps ; la fin de cette période laborieuse au cours de laquelle le Seigneur recueille le nombre de ses élus, établit son règne et défait ses ennemis ; la fin de cet épisode que forme l'histoire humaine dans l'éternelle vie de Dieu. On pourrait dire aussi bien le vrai commencement de cette vie nouvelle qui a été le dessein de Dieu, par le retour à lui de tout ce qui aura consenti à appartenir à son Christ. Le regard de saint Paul embrasse la glorieuse perspective : Notre-Seigneur Jésus-Christ après avoir triomphé de toutes les puissances ennemies, vaincu toute influence, ruiné tout pouvoir hostile au sien, amène à Dieu son Père
toutes les natures humaines dont il est le roi ; et, n'ayant comme Fils travaillé que pour son Père, il lui remet le sceptre sur tout ce qu'il a conquis. Il s'en faut de tout, à l'heure où écrit l'Apôtre, que le monde soit soumis à Jésus-Christ. Mais l'avenir est assuré par la promesse contenue au Psaume CIX : Sede a dextris meis donec ponam inimicos tuos scabellum pedum tuorum. Asseyez-vous à ma droite : le temps qui s'écoule sera pour moi le loisir d'amener à vos pieds tous vos ennemis. Le dernier de ces ennemis sera la mort ; elle sera vaincue au jour de la résurrection. Sans doute, aujourd'hui, si nous voyons abattus aux pieds du Christ nombre de ses ennemis, il en est qui ne se courbent pas encore. Mais tout viendra ; nous avons la promesse de Dieu : tout s'inclinera devant lui, au Ciel, sur la terre, dans les enfers ; tout lui sera soumis, à la seule exception de Celui-là même qui lui a soumis toute chose. La résurrection est donc nécessaire puisqu'elle fait partie du triomphe du Seigneur ; puisque, . sans elle, sa victoire ne serait pas achevée ; puisque le dernier ennemi, la mort, ne serait pas abattu à ses pieds : Dieu ne fait jamais les choses à demi.
« Et lorsque sera venue la fin, lorsque tous les ennemis seront vaincus, les anges rebelles défaits, les impies relégués avec Satan, la mort anéantie ; alors le Verbe à qui toutes choses auront été soumises, se soumettra lui-même et s'inclinera, avec tout ce qui est à lui, devant le pouvoir souverain de son Père qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. » Ces paroles mystérieuses méritent quelque développement. Le temps est fini et il se résume. L'éternité, pour nous, commence dans une cérémonie liturgique d'une infinie grandeur. Le Verbe incarné, Notre-Seigneur Jésus- Christ, le roi prédestiné, entouré des anges, entouré des hommes nés de sa grâce et vivant de sa vie, se met à la tête de cette phalange de tous ceux que son Père lui a donnés ; il les guide et les conduit vers l'éternel sanctuaire. Avec eux, il paraît devant son Père, lui présente et lui offre la moisson immense de ces élus qui ont germé de son sang ; avec eux.