‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 158 sur 663 · RÉSURRECTION DES CORPS · texte numérisé non relu

RÉSURRECTION DES CORPS

gênante, de se réfugier, contre elle, dans les difficultés qu'elle semble impliquer. L'homme se fait alors de son ignorance un bouclier qu'il oppose à ce qu'il ne veut pas voir. Le fait de la Résurrection du Seigneur est constant : soit. Notre résurrection est postulée par celle de notre Chef, soit encore. Mais comment se fera la résurrection ? Qui nous ressuscitera? Comment seront les corps ressuscites ? — Qui nous ressuscitera ? Dieu, dit l'Apôtre, Dans son ambiguïté voulue et timide, l'objection semblait contester qu'il y eût un pouvoir capable de relever le corps ; aussi avant même d'en appeler à Dieu, puissant pour restituer ce qui a été, comme pour appeler à l'être ce qui n'était pas, saint Paul montre que la mort est ordonnée à la vie. C'est une loi générale ; il faut passer par la mort pour arriver à une vie supérieure et définitive ; l'être ne s'épanouit qu'à la condition de briser d'abord les entraves qui le retiennent prisonnier. Ce que l'on croit être la mort, c'est la vie qui s'affranchit. La grain de blé confié à la terre ne devient un épi et ne se centuple qu'à la condition de mourir. Une analogie toute naturelle nous enseigne que la mort conduit à la vie ; et, dans ce phénomène que nous disons naturel parce qu'il est régulier, mais qui est aussi divin que le miracle lui-même. Dieu a voulu nous donner une leçon de choses concernant la résurrection. Car s'il y a une grande distance entre le corps inanimé confié à la terre, et le même corps rendu à la vie, il y a pareillement une grande différence entre le grain et ce que la terre qui l'accueille vous donnera un jour. En effet que semez-vous ? Un grain de blé. Dieu aide à ce grain de blé pour lui construire un corps conforme à la nature qu'il lui a donnée ; une tige, un épi, et soixante pour un. Dieu qui veille sur ce grain de blé, Dieu qui lui garde son espèce et son identité, ne veillera-t-il pas sur un corps baptisé et sanctifié ? Ne pourra-t-il restituer un corps qui tout à la fois sera le même, et sera revêtu d'une gloire nouvelle ? Car la chair ressuscitée ne sera pas quelconque, un vêtement anonyme et de hasard, une sorte de bure vivante, qui ne nous ait pas appartenu, mais notre propre

corps affranchi de ses infirmités. L'Apôtre se complaît à montrer la puissance du Seigneur se jouant dans la variété des choses, et donnant à chacun la gloire naturelle qui lui convient. Une chair vivante n'est pas identique à une autre chair vivante : autre est la chair des hommes, autre celle des animaux, autre celle des poissons, autre celle des oiseaux. Il y a la gloire des corps célestes, et des corps terrestres. Autre est la clarté du soleil, et celle de la lune, et celle des étoiles ; d'une étoile à une autre étoile, il y a des différences de beauté et d'éclat ; il en sera de même à la résurrection des morts. Il ne paraît pas que l'Apôtre veuille, par ce dénombrement, insinuer la doctrine, d'ailleurs certaine, de l'inégalité entre les élus ; sa pensée est, ce nous semble, que le Seigneur donne de la gloire comme il veut, que son action libre et souveraine peut, dès lors, en donner à son gré au corps qu'il relève du tombeau.

C'était un commencement de réponse à la question : Quall cor pore venient ? Mais saint Paul entre dans le détail (42-51). Il est entendu depuis les réflexions qui ont précédé que le corps est confié à la terre, afin d'y fructifier pour l'éternité. Mais la transformation sera complète : il est semé dans la corruption pour se réveiller incorruptible ; il est semé dans la laideur pour se réveiller dans la beauté et la gloire ; il est semé dans la faiblesse et l'infirmité pour se réveiller dans une vigueur immortelle. II est semé corps animal et insoumis à l'esprit pour se réveiller spirituel. Cette dernière réflexion entraîne tout le développement qui suit, jusqu'à la conclusion (50). Car s'il est un corps animal, dit l'Apôtre, il est aussi un corps spirituel. En effet, s'il est dit au chapitre II de la Genèse, verset 7, que le premier homme, Adam, a été fait âme vivante, et par conséquent corps animé ; le second Adam a été fait esprit vivifiant. L'âme, ou 4'"7''î> ^st, pour l'Apôtre, le principe de la vie physique, le principe qui préside à l'organisation du corps et de qui dépendent les fonctions vitales ; l'Esprit, lûveGp.a , est la force qui soumet tout à Dieu et à ses directions. Et nous voyons dans l'indi-

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