AUTORITÉ DES APOTRES ET DE LEUR CHEF
12 Per manus autem Apostolorum fiebant signa, et prodigia multa in plèbe. Et erant unanimiter omnes in Porticu Salomonis. is Caeierorum autem nemo audebat se conjungere illis : sed magnijicabat eos populus. i4 Magis autem augebatur credentium in Domino multitudo virorum ac mulierum, is Ha ut in plateas ejicerent infirmas, et panèrent în lectulis ac grabatis, ut, veriiente Petro, saltem umbra illius obumbraret quemquam illorum, et liberarentur ab infirmîtafibus suis. i6 Concurrebat autem et multitudo vicinarum civitatum Jérusalem, afférentes aegros et vexatos a spirifibus immundis : qui curabantur omnes.
Une vue nouvelle sur l'Eglise naissante achève ce qui nous en a été dit déjà (II, 42 et IV, 32).
Au chapitre II, 42 nous avons pu reconnaître déjà les éléments constitutifs de l'Eglise : doctrine des apôtres, vie
commune, agape, prière. Le chapitre IV, 32 nous a montré dans tout son épanouissement la loi de la charité et l'élimination du mien et du tien ; la description contenue au chapitre V, 12-17, nous montre en exercice l'autorité éminente des apôtres et parmi eux de saint Pierre.
Dieu se plaît à mettre en pleine lumière le pouvoir de ses envoyés. Après avoir été invitée par le Seigneur et par ses miracles, Jérusalem recevait des miracles accomplis par les apôtres une sorte de mise en demeure. Les prodiges se multipliaient sous ses yeux. Même, les apôtres s'appliquaient à reproduire les circonstances de la vie du Seigneur qui pouvaient le mieux provoquer l'attention de la ville sainte. Lorsque le Seigneur était venu à Jérusalem pour la dernière fois, en la fête de la Dédicace, c'était à l'intérieur du Temple, sous le Portique de Salomon, qu'il s'était efforcé d'ébranler l'incrédulité pharisienne (Joan., X, 23) : c'était sous le même portique que se tenaient les apôtres après la guérison du paralytique (Act, III, 1^1) ; c'était là encore qu'ils se réunissaient pour s'adresser au peuple. Ils étaient les patriarches de l'Israël nouveau, le noyau vivant de l'Eglise ; nul ne se joignait à eux comme pour traiter avec eux sur le pied de l'égalité : le peuple, cro3^ant ou non, les entourait d'honneur, reconnaissait leur autorité,; hommes et femmes, à leur prédication, se convertissaient et se donnaient au Seigneur. Et en même temps que la doctrine nouvelle gagnait ainsi de proche en proche, les miracles aussi se multipliaient. Ce n'était plus dans l'ombre et comme en secret, pour le bénéfice de quelques-uns, que s'exerçait le pouvoir divin. Le Seigneur n'avait-il pas promis que ses disciples accompliraient des prodiges plus grands que les siens ? Le peuple en vint à placer les grabats et les couchettes des malades le long des routes fréquentées par les apôtres, afin que l'ombre seulement de saint Pierre passât sur eux. Le bruit de ces miracles se répandit hors de Jérusalem ; et l'on vit se renouveler les spectacles qu'avait aperçus autrefois la Galilée, lors du ministère du Sauveur : de partout malades et démoniaques affluèrent autour des apôtres, leur demandant la santé.