ARRESTATION ET DÉLIVRANCE
^"^ Exurgens autem princeps sacerdotum, et omnes qui cum illo erant, (quae est haeresis Sadducaeorum) repleti sutit zelo : 18 et injecerunt manus in Apostolos, et posuerunt eos In custodia publica. i9 Angélus autem Domini per noctem aperiens januas carceris, et educens eos, dixit : 20 jfe, et stantes loquimini in templo plebi omnia verba vitae hujus. 21 Qui cum audissent, intraverunt diluculo in templum, et docebant. Adveniens autem princeps sacerdotum, et qui cum eo erant, convocaverunt concilium, et omnes seniores filiorum Israël : et miserunt ad carcerem ut adducerentur. 22 Cum autem venissent ministri, et aperto carcere non invenissent illos, reversi nuntiaverunt, 23 dicentes : Carcerem quidem invenimus clausum cum omni diligentia, et custodes stantes ante januas : aperientes autem neminem intus invenimus. 24 iJt autem audierunt hos sermones magistratus templi, et principes sacerdotum, ambigebant de illis quidnam fieret. 25 Adveniens autem quidam nuntiavit eis : quia ecce viri, quos posuistis in carcerem, sunt in templo stantes, et docentes populum. ^^Tunc abiit magistratus cum ministris, et adduxif illos sine vi : tî~ mebant enim populum ne lapidarentur.
De quel œil la Synagogue observait les progrès de la doctrine nouvelle, il est aisé de le pressentir, et l'incident qui va suivre nous donne la mesure de la passion jalouse des sadducéens. Dans son histoire des Juifs, Josèphe a distingué, en dehors des masses populaires, trois groupes entre lesquels se partageaient les hommes religieux de sa nation et de son temps : les sadducéens, les pharisiens, qui nous sont connus par l'Evangile, et les esséniens, dont les auteurs sacrés ne nous ont rien dit. Ces derniers vivaient à l'écart, loin du monde, étrangers à toutes disputes politiques et religieuses, avec le seul souci de leur sanctification. L'Evangile nous parle aussi des hérodiens ; mais leur nom même nous laisse entendre qu'ils formaient un parti exclusivement politique.
A l'époque où s'exercent le ministère du Seigneur et la première prédication des apôtres, ce sont les sadducéens qui détiennent l'autorité. Ils possèdent la majorité dans le Sanhédrin. Depuis longtemps déjà, le Souverain Pontificat était aux mains d'Anne ou Ananus, qui l'exerçait en personne, ou par ses cinq fils, tous grands-prêtres après lui (Luc, III, 2 ; Joan., XVIII, 13 ; Act., IV, 6 ; Josèphe, Ant Jud., XX, 9). En dehors même de toute autre passion religieuse, les sadducéens, les minimistes de l'époque, pour qui l'âme, l'immortalité, la résurrection, la vie future n'étaient que des mythes, devaient être particulièrement hostiles à l'enseignement nouveau. La popularité qui se créait autour des Nazaréens leur sembla une menace, ils se crurent obligés de sévir, et de s'opposer à un mouvement religieux trop prononcé déjà. C'était chose simple, croyaient-ils ; les chefs du mouvement venaient dans le Temple, sous le portique de Salomon, ils s'offraient d'eux-mêmes à la vindicte du grand-prêtre : s'emparer d'eux était une mesure habile, simple, décisive. Un soir, le capitaine du Temple se saisit de la personne des apôtres et les jeta en prison. Ils seraient jugés, peut-être exécutés le jour suivant.
Anne et les membres du Sanhédrin dormirent en paix, assurés de ce que serait le lendemain. Ils furent devancés. L'ange du Seigneur vint, la nuit, ouvrir aux apôtres l'issue de la prison, les fit sortir, referma soigneusement les portes, en leur laissant cette consigne divine : « Allez, entrez dans le Temple et annoncez au peuple avec assurance la doctrine de la vie. » Ils obéirent et, le matin, dès que les portes s'ouvrirent pour le sacrifice et que le peuple fut assemblé, ils l'évangélisèrent. Le grand-prêtre ne demeurait pas dans l'enceinte du Temple, mais dans la ville elle-même ; il vint néanmoins de bon matin, convoqua le Sanhédrin au grand complet, chefs des familles sacerdotales et anciens, et donna l'ordre d'amener les prisonniers. Grande surprise ! les envoyés trouvèrent la prison vide. Ils revinrent aussitôt avec ce désolant message : « Nous avons trouvé les portes fermées