‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 161 sur 663 · FIN DU SÉJOUR A ÉPHÈSE (ACTES, XIX · texte numérisé non relu

FIN DU SÉJOUR A ÉPHÈSE (ACTES, XIX

21 Hls autem expletis, proposait Paulas in Spirifu, transita Macedonia et Achaia ire Jerosolymam, dicens : quoniam postquam fuero ibi, oportet me et Romam videre. 22 Mittens autem in . Macedoniam duos ex ministrantibus sibi, Timotheum, et Erastum, ipse remansit ad tempas in Asia.

« Je me propose de demeurer à Ephèse jusqu'à la Pentecôte » avait dit saint Paul (I Cor., XVI, 8). Un incident survint qui le contraignit à précipiter son départ, et à revoir — ' comme il l'avait projeté, mais plus tôt qu'il ne l'avait voulu — les chrétientés de Macédoine et d'Achaïe. Jérusalem viendrait ensuite ; Rome enfin. Avant même d'écrire la Première aux Corinthiens, il avait confié à Timothée et à Eraste, deux de ses compagnons, la mission de visiter avant lui les Eglises de Macédoine, sans doute afin d'y préparer la collecte pour les pauvres de Jérusalem (I Cor., XVI, 2 ; II Cor., VIII, IX ; Rom., XV, 25, 26). Son ministère se poursuivait à Ephèse avec un succès qui le mit en péril et souleva contre lui et contre la doctrine les fureurs païennes.

23 Facfa est autem illo tempore turbatio non minima de via Domini. 24 Demetrius enim quidam nomine, argentarius, faciens aedes argenteas Dianae, praestabat artificibus non modicum quaestum. 25 Quos convocans, et eos, qui hujusmodi erant opifices, dixit : Viri, scitis quia de hoc artificio est nobis acquisitio : 26 et videtis, et auditis, quia non solum Ephesi, sed, pêne totius Asiae, Paulus hic suadens avertit multam turbam, dicens : Quoniam non sunt dii, qui manibus fiunt. ^'i Non solum autem haec periclitabitur nobis pars in redargutionem venire, sed et magnae Dianae templum in

nihilum reputabitur, sed et destrai incipiet majestas ejus, quam tota Asia, et orbis colit. 28 fiis auditis, repleti sunt ira, et exclamaverunt dicentes : Magna Diana Ephesiorum. 29 Et impleta est civitas confusione, et impetum fecerunt uno animo in theatrum, rapto Gajo, et Aristarcho Macedonibus comitibus Pauli. 30 Paulo autem volente intrare in populum, non permiserunt discipuli. ^'^ Quidam autem et de Asiae principibus, qui erant amici ejus, miserunt ad eum rogantes ne se daret in theatrum. 32 Alii autem aliud clamabant. Erat enim ecclesia confusa : et plures nesciebant qua ex causa convenissent. ^^ De turba autem detraxerunt Alexandrum, propellentibus eum fudaeis. Alexander autem manu silentio postulato, volebat reddere rationem populo. 34 Quem ut cognoverunt Judaeum esse, vox facta una est omnium, quasi per haras duas clamantium : Magna Diana Ephesiorum.

Un argentier du nom de Démétrius, dont le métier consistait à fabriquer des réductions en petit module du temple de Diane, occupait à Ephèse de nombreux ouvriers. Il les réunit et avec eux tous ceux du métier, et n'eut pas de peine à leur persuader que la prédication de saint Paul leur causait un grave préjudice. « Nous sommes menacés, leur dit-il, dans notre industrie et nos biens. Ce n'est pas seulement à Ephèse, c'est dans toute la' province de l'Asie, que ce méchant prédicateur a tari nos ressources et détourné de nous le peuple, en lui persuadant que des dieux faits de main d'homme sont de faux dieux : et cela seul constitue pour nous un grave détriment. Mais il y a plus : si nous n'y prenons garde, le temple de Diane, cette merveille du monde, tombera dans le discrédit ; et l'on verra disparaître la grandeur de cette divinité qu'adore, avec l'Asie, la terre entière. » A ces mots, transportés de colère, tous s'écrièrent : « Vive la grande Diane d'Ephèse ! »

Le mouvement se répandit bientôt dans toute la ville, et la foule se porta avec ensemble vers le théâtre, qui pouvait contenir vingt cinq mille hommes. En chemin on se saisit de deux

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Macédoniens, Gaïus et Aristarque, compagnons de saint Paul- A cette nouvelle l'Apôtre, à qui les adversaires ne faisaient pas peur, voulait pénétrer dans le théâtre et haranguer le peuple : les fidèles réussirent à l'en détourner. La fureur générale était montée à un tel degré que des magistrats de la ville, bien disposés envers saint Paul, lui firent savoir que tout était à redouter pour lui s'il osait se montrer. Le théâtre retentissait de tous les cris ; la réunion était tumultueuse, les têtes très échauffées ; beaucoup ne savaient pas pourquoi ils étaient venus, mais faisaient néanmoins chorus avec les autres. Il y avait dans la foule un Juif du nom d'Alexandre, que ses compatriotes poussèrent à prendre la parole afin de calmer le peuple. Alexandre était-il chrétien ? Est-ce le même que cet Alexander aerarias dont l'Apôtre se plaint dans la Deuxième à Timothée IV, 14 ? Nous n'en avons aucune preuve. Mais dès qu'il eut fait signe de la main pour obtenir le silence, et qu'à l'accent de ses premières paroles on eut reconnu en lui un Juif, un ennemi né du culte païen, le tumulte reprit avec plus de violence encore ; et durant deux heures ce ne fut dans le théâtre qu'un seul cri : « Vive la grande Diane d'Ephèse ! »

35 Et cum sedasset scriba turbas, dixit : Viri Ephesii, qaîs enim est hominum, qui nesciat Ephesiorum civitatem caltricem esse magnae Dianae, Jovisque prolis ? 36 Cum ergo his contradici non possit, o portât vos sedatos esse, et nihit temere agere. 37 Adduxistis enim homines istos, neqae sacrilegos, neque blasphémantes deam vestram. 38 Quod si Demetrius, et qui cum eo sunt artifices, habent adversus aliquem causam, conventus foreuses aguntur, et proconsules sunt, accusent invicem. 39 Siquid autem alterius rei quaeritis : in légitima ecclesia poterit absolvi. 4o Nam et periclitamur argui seditionis hodiernae : cum nullus obnoxius sit (de que possimus reddere rationem) concursus istius. Et cum haec dixis— set, dimisit ecclesiam.

A la longue les voix se fatiguèrent. Le scribe public, gardien des archives municipales, parvint à apaiser le tumulte. Ce fut pour dire à la foule : « Ephésiens, il n'est personne au monde qui ignore la singulière dévotion de votre ville pour la grande Diane et sa statue tombée du ciel. Tout cela est connu, incontesté ; l'opposition de quelques étrangers obscurs n'y changera rien. Mais votre devoir est de vous tenir paisibles et d'éviter toute œuvre de violence. Vous avez traduit devant nous ces deux Macédoniens, Gaïus et. Aristarque, à qui l'on ne peut reprocher ni d'avoir violé la sainteté du temple ni d'avoir injurié la déesse. Il n'existe donc aucune raison religieuse de votre émotion. Si Démétrius et les argentiers ont à se plaindre d'eux, nous avons des magistrats ; il existe un proconsul ; qu'ils portent leurs griefs devant l'autorité régulière, et la cause sera instruite. La réunion d'aujourd'hui n'est que séditieuse. A l'assemblée prochaine, cette cause viendra avec les autres, à son tour de rôle. Pour le moment, retirez-vous ; insister serait courir risque d'être incriminés comme émeutiers, car il n'y a rien qui puisse justifier ni votre réunion, ni vos clameurs. »

Cela dit, il donna congé à l'assemblée qui se dispersa, subitement refroidie par cette harangue.

Act. XX. 1 Postquam autem. cessavit tumultas, vocatis Paulus discipulis, et exhortatas eos, valedixit, et profectas est ut iret in Macedoniam.

L'émeute d'Ephèse apaisée, l'Apôtre ne jugea pas à propos d'y prolonger son séjour. La date qu'il s'était fixée à lui-même était proche d'ailleurs ; on était près de la Pentecôte. Il réunit les disciples, les encouragea à la persévérance, leur fit ses adieux, et par la voie de mer se rendit en Macédoine. Avant d'y parvenir il relâcha à Alexandria Troas et y annonça l'Evangile.

Le livre des Actes ne nous dit rien de plus ; ce n'est qu'en empruntant çà et là à la Deuxième aux Corinthiens que nous pouvons reconnaître combien fut tragique et douloureuse pour saint Paul cette heure de sa vie. Les -Eglises de Macédoine étaient troublées : Timothée et Eraste avaient reçu la mission de les raffermir. L'Eglise de Corinthe inspirait de graves inquiétudes, la Première aux Corinthiens en fait foi ; cette lettre avait même des accents de sévérité tels que l'Apôtre, en la confiant à Stéphanas, Fortunatus et Achaïcus, crut devoir se séparer même de Tite, et l'envoyer à Corinthe avec les porteurs de sa lettre ou peu après. La mission de Tite était de reconnaître l'état de la communauté, d'apprécier l'effet produit par la sévérité de l'Apôtre, et de lui en donner connaissance au plus tôt.

Saint Paul n'était pas encore sorti d'Ephèse, lorsque des nouvelles plus inquiétantes lui parvinrent. L'effort judaïque ne s'était trahi qu'incomplètement à Corinthe ; aussi l'Apôtre n'avait-il fait qu'esquisser une réponse rapide à une hostilité dont il n'apercevait encore ni la violence ni l'étendue. De nouvelles informations lui firent mieux mesurer le caractère de la menace, l'énergie que mettait le mosaïsme à se dé-

fendre et la variété de ses moyens. Grossir l'importance et l'autorité des émissaires venus de Jérusalem, diminuer la personne et l'œuvre de saint Paul n'était qu'un procédé pour revendiquer, contre la liberté évangélique, l'intégrité des prescriptions de la loi.

Corinthe, avec sa civilisation grecque raffinée, avait en elle de quoi résister à cet effort du mosaïsme, et rejeter les entraves qu'on lui offrait. Mais la campagne judaïque, puissamment ourdie, avait fait une poussée sur tous les points à la fois ; et il était d'autres Eglises très aimées de saint Paul, d'autres populations plus naïves et plus accessibles aux prédications mosaïstes qui se laissèrent surprendre, se crurent déçues ou inachevées dans leur conversion première, et, sans renoncer formellement au christianisme retournèrent, par une réèi.*^ contradiction, à des pratiques annulées par lui. Ce fut le cas aes Eglises de Galatie fondées par l'Apôtre et quatre fois visitées par lui. Le coup fut tel qu'il ébranla un instant l'âme héroïque de saint Paul : la Macédoine menacée, l'Achaïe troublée et douteuse, la Galatie infidèle, Jérusalem hostile et fermée, l'échec de toute l'œuvre de sa vie 1 C'était assez pour l'accabler. Peut-être faut-il ajouter que l'Apôtre aimait à être entouré : la solitude lui était à charge. Son âme si forte et si tendre avait besoin de recueillir de l'affection et de la témoigner ; or Tite venait de partir pour Corinthe, Luc n'avait pas rejoint encore, Timothée était en Macédoine, C'était donc dans l'isolement le plus terrible que l'Apôtre assistait à l'écroulement de son œuvre, de l'œuvre de Dieu. Son cœur faiblit un instant devant cette affreuse douleur ; l'épreuve dépassait vraiment ses forces et il demanda de mourir (II Cor., I, 8).

Dieu le releva, lui-même se ressaisit tout entier dans son énergie surnaturelle, et comprit qu'une carrière nouvelle s'ouvrait devant lui : mettre les chrétientés à l'abri, les immuniser en quelque sorte contre les tentatives du mosaïsme. Trois lettres furent par lui écrites dans ce dessein : la seconde épître aux Corinthiens, l'épître aux Galates, l'épître aux Ro-

OCCASION DE l'épitre 405

mains. Toutes trois n'ont qu'une même pensée profonde, esquissée déjà dans la Deuxième aux Corinthiens, accentuée avec force dans la lettre aux Galates, amenée enfin à sa précision absolue et à son entière plénitude dans l'épître aux Romains. C'est partout le même argument, modifié seulement par les conditions spéciales des différents destinataires. Mais les deux premières lettres ont conservé quelque chose de ce sursaut d'énergie avec lequel s'est retrouvé l'Apôtre après son découragement d'une heure. L'accent est d'une liberté et d'une vivacité extrêmes, comme d'une pensée qui a repris vigueur en Dieu.

La Deuxième aux Corinthiens a été écrite de Philippes peut-être, ou de Thessalonique, en tout cas de la Macédoine (cf. VII, 5 ; IX, 2) après la Pentecôte de l'année 57. On n'y retrouvera pas la marche suivie et régulière adoptée dans la première épître : une conversation plutôt; il est facile pourtant d'y reconnaître, après la salutation ordinaire (I, 1, 2), après le remerciement adressé à Dieu (3-7),

une première partie (I, 8-VII) toute consacrée à restituer la bonne entente qui a régné autrefois entre l'Apôtre et Corinthe ;

une deuxième partie (VIII et IX) relative à la collecte jpour les pauvres de Jérusalem, brièvement prescrite déjà (I Cor., XVI, 1-5) ;

une troisième partie que remplit tout entière le plaidoyer de l'Apôtre pour sa personne (X-XII). Le dernier chapitre contient les avertissements et la conclusion.

^ Paulus Apostolus Jesu Christi per voluntatem Dei, et Timotheus frafer, Ecdesiae Dei, quae est Corinthi cum omnibus sanctis, qui sunt in universa Achaia. 2 Gratia vobis, et pax a Deo Paire nostro, et Domino Jesu Christo.

Paul se dit apôtre de Jésus-Christ, par la volonté et le choix de Dieu, pour affermir son autorité et répondre aux docteurs juifs qui la contestent. La suscription unit au nom de saint Paul celui de Timothée, qui ne semble pas être allé à Corinthe, retenu par son travail en Macédoine. Mais Tite, à son retour de Corinthe, l'a ramené, tous deux sont maintenant avec l'Apôtre. La lettre est adressée à l'Eglise de Dieu qui est à Corinthe, mais en même temps, sous forme d'encyclique, aux communautés chrétiennes fondées dans l'Hellade et le Péloponèse, à tous les fidèles qui les composent et qu'il appelle saints, parce qu'ils sont, par le baptême et la grâce, unis à Dieu.

Le souhait de l'Apôtre ne change pas : c'est toujours la grâce, c'est-à-dire la faveur de Dieu avec le fruit qu'elle produit en nous ; et la paix, la réconciliation parfaite, l'accord entier avec Dieu : le bien surnaturel achevé qui nous vient de Dieu notre Père comme de la source première, et du Seigneur Jésus-Christ comme du médiateur par qui nous est méritée, obtenue et conférée toute grâce.

ACTION DE GRÂCES

3 Benedictus Deus et Pater Domini nostri Jesu Christi, Pater misericordiarum, et Deus totius consolationis, 4 qui consolatur nos in omni tribulatione nostra : ut possimas

MOTIFS DE l'action DE GRÂCES 40T

et ipsi consolari eos, qui in omni pressura sunt, per exhortationem,qua exhortamur et ipsi a Deo. s Quoniam sicut abundant passiones Christi in nobis : ita et per Christum abundat consolatio nostra. ^Sive autem tribulamur pro vestra exhortatione et salute, sive consolamur pro vestra consolatione, sive exhortamur pro vestra exhortatione et salute, quae operatur tolerantiam earumdem passionum, quas et nos patimur: 7 ut spes nostra firma sit pro vobis : scientes quod sicut socii passionum estis, sic eritis et consolatio nis.

Il est familier à l'Apôtre, après l'adresse et les souhaits de ses lettres, de rendre grâces à Dieu, Mais ici comme dans l'épître aux Ephésiens, la reconnaissance se traduit sous la forme d'une exclamation, et comme d'une hymne Hturgique :

« Béni soit Dieu le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes, le Dieu de toute consolation, celui qui nous console en toutes nos épreuves. » C'est que l'action de grâces, ici, se fait jour au sortir d'une détresse infinie, et jaillit comme dans un cri de joie ; c'est que la souffrance a été grande, et la seule main de Dieu pouvait l'adoucir. Lorsqu'il impose à l'Apôtre un tel fardeau. Dieu songe aux âmesqui lui ont été confiées. Nous l'avons appris de saint Jean, l'apôtre est l'intermédiaire authentique entre l'homme et Dieu: ut societatem habeatis nobiscum, et societas nostra sit cum Pâtre et cum Filio ejus Jesu Christo (I Joan., I, 3). Etant plus près du Fils de Dieu, saint Paul ne s'étonnera pas d'être meurtri de sa croix ; et parce qu'il est apôtre pour les hommes, ce lui sera une loi de faire l'expérience personnelle de la douleur. C'est chose aimable que la sympathie ; toutefois, il lui manque quelque chose lorsqu'elle compatit à ce qu'elle n'a pas éprouvé: debuit per omnia fratribus similari, ut misericors fieret, et fidelis Pontifex ad Deum (Hebr., II, 17).

Lors donc que l'Apôtre souffre, il sait bien le sens de sa souffrance. Il souffre pour être encouragé et consolé par Dieu, et pour pouvoir à son tour consoler et encourager ceux qui sont dans l'épreuve, en leur faisant partager la force et

la consolation qui de Dieu et de l'Apôtre, de Dieu par l'Apôtre, ira jusqu'à eux. La grâce et la force descendent hiérarchiquement. Le Christ est la tête, les apôtres sont des membres plus proches de son influence ; et c'est dans la même mesure que du Christ descendent sur eux, avec la souffrance, la consolation et la force.

La souffrance est en effet la loi de l'Incarnation, la rançon d'une vie surnaturelle achevée, la condition d'un ministère vraiment efficace pour le bien, parce qu'elle nous met en demeure de nous réfugier en Dieu et de nous appuyer sur lui seul. L'ouvrier évangélique doit travailler à la sueur de son front, et acheter au prix de sa souffrance le fruit qui récompensera son action. Aussi, poursuit saint Paul dans le dessein de montrer combien est étroite et organique l'union de l'apôtre avec les fidèles, lorsque nous souffrons, nous, c'est finalement et en dernier ressort pour votre salut et votre affermissement dans le bien ; lorsque nous sommes consolés de Dieu, c'est encore pour votre salut, pour l'accroissement de votre vie surnaturelle, que vous obtient votre communion aux épreuves que nous endurons nous-mêmes. (Il faut lire le verset 6 dans le texte grec où il est allégé d'une incise embarrassante qui s'est glissée dans la Vulgate : le texte que nous avons sous les yeux et que suit notre commentaire est établi comme il suit : sive autem tribulamur, pro vestra consolatione et salute ; sive consolamur, pro vestra consolatione quam operatur tolerantia earumdem passionam quas et nos patimur). L'Apôtre se réserve de nous donner un jour (Rom., V, 3-5) une série plus complète des dispositions intérieures, qui, de la souffrance et de la patience, nous guident au salut. Sur l'heure, il témoigne être assuré de la persévérance des Corinthiens. Notre espérance à votre sujet est entière, dit-il, sachant bien qu'ayant partagé nos souffrances, vous partagerez aussi la consolation et la force qui nous viennent de Dieu. Ces trois éléments sont unis dans la pensée de l'Apôtre : la souffrance, la consolation, le salut. •

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