LA DROITURE DE L'APOTRE
12 Nam gloria nostra haec est, testimonium conscientiae nostrae, quod in stmpUcitate cordis et sinceritate Dei : et non in sapientia carnali, sed in gratia Dei conversati sumiis in hoc mundo : abundantius autem ad vos. i3 Non enim alia scribimus vobis, quant quae legistis, et cognovistis. Spero autem quod usque in finem cognoscetis, i* sicut et cognovistis nos ex parte, quod gloria vestra sumus, sicut et vos nostra, in die Domini nostri fesu Christi.
De l'action de grâces ainsi rendue à Dieu, l'Apôtre passe à son plaidoyer affectueux. Il n'a pas démérité auprès des Corinthiens : il est toujours digne de leur affection. Même il est fier d'entendre en sa conscience ce témoignage qu'à Corinthe comme ailleurs, à Corinthe plus qu'ailleurs parce qu'il y est demeuré plus longtemps, sa conduite n'a été inspirée que par la droiture et la sincérité de son dévouement à Dieu, et non par aucunes habilités ou diplomaties humaines. Parlant ainsi, je ne fais, dit-il, que vous rappeler ce que vous lisez, et ce que vous savez par l'expérience personnelle de notre vie. J'espère ne démentir jamais ce que vous avez vu de moi : non, vous n'aurez point à rougir de nous ; ni nous de vous-mêmes au jour de la révélation des consciences et du dernier jugement.
Tout cela n'est encore que transition, à dessein d'écarter un grief que plusieurs nourrissaient contre l'Apôtre. Il était venu une première fois à Corinthe, lors de la première évangélisation ; plus tard, au cours de son ministère à Ephèse, il avait fait une brève apparition. Il avait promis de revenir une troisième fois, et avait même livré le détail de son itinéraire r parti d'Ephèse, il serait allé directement à Corinthe, aurait visité la Macédoine, et se serait ensuite replié vers Corinthe avant de faire voile pour Jérusalem. Ainsi Corinthe l'aurait vu à deux reprises, à aller et au retour ; c'eut été double visite, et double joie : ut secundam gratiam haberetis. Des motifs,
indiqués dans la suite (II Cor., I, 23-11, 2), l'inclinèrent à modifier son premier projet, et à se faire ou remplacer, ou devancer à Corinthe par Timothée. Dès que cette nouvelle fut connue, les uns se félicitèrent d'avoir évincé l'Apôtre (I Cor., IV, 18-21), les autres lui surent mauvais gré de ce qu'ils appelaient de l'indécision et de la légèreté,