‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 170 sur 663 · HUMBLE CONFIANCE · texte numérisé non relu

HUMBLE CONFIANCE

ractères en sont tracés, non avec de l'encre, mais par l'Esprit du Dieu vivant ; non pas sur des tables de pierre, comme la loi de Moïse, mais sur le marbre vivant de vos cœurs de chair.

l'assurance de l'apotre

^ Fiduciam autem talem habemus per Christum ad Deum : s non quod sufficientes simus cogitare aliquid a nobis, quasi ex nobis : sed sufficientia nostra ex Deo est : 6 qui et idoneos nos fecit ministros novi testamenti : non littera, sed Spiritu : littera enim occidit, Spiritus autem vivificat. 7 Quod si ministratio mortis litteris deformata in lapidibus, fuit in gloria, ita ut non passent intendere filii Israël in faciem Moysi propter gloriam vultus ejus, quae evacuatur : s quomodo non magis ministratio Spiritus erit in gloria ? 9 Nam si ministratio damnationis gloria est : multo magis abundat ministerium justitiae in gloria. lo Nam nec glorificatum est, quod claruit in hac parte, propter excellentem gloriam. n Si enim quod evacuatur, per gloriam est : multo magis quod manet, in gloria est. 12 Habentes igitur talem spem, multa fiducia utimur : is et non sicut Moyses ponebat velamen super faciem suam, ut non intenderent filii Israël in faciem. ejus, quod evacuatur, i4 sed obtusi sunt sensus eorum. Usque in hodiernum enim diem, idipsum velamen in lectione veteris testamenti manet non revelatum, (quoniam in Christo evacuatur), 15 sed usque in hodiernum diem, cum legitur Moyses, velamen positum est super cor eorum. 16 Cum autem conversus fuerit ad Dominum, auferetur velamen. ^"^ Dominas autem Spiritus est : ubi autem Spiritus Domini : ibi libertas. is Nos vero omnes, revelata facie gloriam Domini spéculantes, in eamdem imaginem transformamur a claritate in claritatem, tamquam a Domini Spiritu.

Nous parlons avec assurance, il est vrai ; mais cette assurance nous la recevons du Christ et nous la portons devant Dieu. Notre dignité apostolique ne nous est pas matière

de superbe et de vanité, comme si de nous-mêmes nous étions capables de produire quelque chose qui ne fût de Dieu. Non ; notre aptitude, et l'activité surnaturelle dont l'Eglise de Corinthe est la preuve, tout cela vient de Dieu seul.

Nous n'avons pas le loisir de remarquer combien chaque parole atteint des docteurs sans mission divine, sans autorité reconnue, de qui tout le travail se réduisait à troubler des Eglises fondées par autrui. Il est tout à la fois et très humble, et très fier, pour l'Apôtre, en face de ces frelons de l'Evangile, de dire de lui-même qu'il ne doit, lui, rien qu'à Dieu, C'est Dieu qui a investi les apôtres ; c'est lui qui les a établis les organes d'une dispensation toute nouvelle, les ministres non de la lettre qui tue, mais de l'Esprit qui donne la vie (I Cor., XV, 55, 56 ; Gai., III ; Rom. VII). L'apostolat vient de Dieu ; il donne la vie : on ne doit dès lors en parler qu'avec fierté. Comment? le ministère de cette loi qui tue — car elle ne donne pas la force d'accomplir ce qu'elle prescrit — , le ministère de cette loi gravée seulement sur la pierre, le ministère de cette loi précaire et de cette économie aujourd'hui abrogée, a été entouré d'une telle gloire que les fils d'Israël étaient incapables d'en soutenir l'éclat, tant il rayonnait du visage de Moïse (Exod., XXXIV, 30) ; et le ministère de la vie éternelle, de la dispensation surnaturelle et définitive ne serait pas baigné de gloire ! La loi de la lettre aurait eu de l'honneur ; et la loi de l'Esprit n'en aurait pas ! Admirablement décisive pour mettre hors de pair la dignité apostolique, qui n'a au-dessus d'elle que la seule Maternité divine, l'argumentation de l'Apôtre était efficace aussi afin de démontrer contre les docteurs judaïsants qu'un mosaïsme chrétien n'était qu'un rêve, et que tout amalgame était impossible entre la lettre et l'Esprit, entre la mort et la vie. Non, dit l'Apôtre : si dispenser la condamnation et la mort est glorieux ; dispenser la justice et la vie l'est mille fois davantage. A le bien prendre, et sans méconnaître que l'ancienne dispensation vient de Dieu, foute la gloire de l'Ancien Testament n'est rien quand on la compare à la gloire sur-

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