‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 174 sur 663 · LA PATIENCE · texte numérisé non relu

LA PATIENCE

7 Habemus autem thesaurum istum in vasis fidilibus : ut sublimitas sit virtutis Dei, et non ex nobis. s In omnibus tribulationem patimur, sed non angustiamur : aporiamur, sed non destituimur : 9 persecutionem patimur, sed non derelinquimur : dejicimur, sed non périmas .* lo semper mortificationem Jesu in corpore nostro circumferentes, ut et vita Jesu manifestetur in corporibus nostris. n Semper enim nos, qui vivimus, in morte m tradimur provter Jesum :- ut et vita Jesu manifestetur in carne nostra mortali. ^^ Ergo mors in nobis operaïur, vita autem in vobis. ^^ Habentes autem eumdem spiritum fidei, sicut scriptum est : Credidi, propter quod locutus sum : et nos credimus, propter quod et loquimur : i4 scientes quoniam qui suscitavit Jesum, et nos cum Jesu mscitabit, et constituet vobiscum. is Omnia enim propter vos : ut gratia abundans, per multos in gratiarum actione, abundet In gloriam Dei.

Il n'y a pas de grand homme, a-t-on dit, ou équivalemment, pour ceux qui vivent très près de lui ; on admire peu ceux qu'on coudoie. La dignité apostolique était éminente, sans doute ; mais la personne extérieure de celui qui en était

revêtu, était humainement si peu en harmonie avec cette dignité. « Un homme de trois coudées, dit saint Jean Chrysostome, sans apparence, avec des yeux brûlés par la fièvre, une parole sans art, une phrase sans éclat, et pour couronner le tout, des inimitiés acharnées contre lui : quel prédicateur pour tant de nations ! » Mais voici que l'Apôtre se réjouit de tous ces désavantages humains. Cette éminence de la vocation apostolique, dit-il, nous la portons dans des vases fragiles et sans beauté : c'est afin que la grandeur de l'œuvre soit toute attribuée à Dieu, et non à la faiblesse de l'instrument.

Seuls les effets naturels requièrent des causes visibles qui leur soient proportionnées. Mais plus l'Apôtre est chétif, plus l'action de Dieu se manifeste en lui. Aussi que nul ne se scandalise, ni de notre petitesse, ni des épreuves qui sembleraient devoir nous accabler : toujours traqués, jamais écrasés, toujours inquiétés, jamais abandonnés, toujours poursuivis par les hommes, jamais oubliés de Dieu, toujours frappés, jamais abattus, communiant dans notre corps à la souffrance du Seigneur, afin que sa vie se manifeste aussi en nous. L'Apôtre est ainsi un motif de crédibilité vivant, une traduction du Seigneur. Là est le motif, le sens, et aussi l'efficacité de sa souffrance. Sa vie est un problème, car sans cesse il est livré à la mort pour le Seigneur ; mais c'est afin que la vie du Seigneur éclate en sa chair mortelle, et de là sejépande en tous les fidèles. Celui qui dira un jour aux Colossiens qu'il achève en son corps les souffrances du Seigneur, dans l'intérêt de l'Eglise ; le disciple de celui qui nous a enseigné que le grain de blé demeure infécond s'il ne consent à mourir, nous révèle ici le dessein de ses souffrances, en même temps qu'il défend les fidèles contre le scandale qu'ils en pourraient concevoir. Il ne souffre et n'est livré à la mort, dans la pensée de Dieu, que pour que les Corinthiens vivent et recueillent le bénéfice surnaturel de ses souffrances : comment y pourraient-ils trouver un sujet d'étonnement et de scandale ?

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