‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 175 sur 663 · COURAGEUSE ESPÉRANCE · texte numérisé non relu

COURAGEUSE ESPÉRANCE

La vie de l'Apôtre n'est donc aucunement guidée par des vues humaines, mais seulement par ce même esprit de foi auquel obéissait le Psalmiste lorsqu'il disait : « J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé. » Nous aussi, Paul, Timothée, Tite, nous croyons ; et c'est pour cela, dans le seul esprit de foi, que nous parlons, passant outre à la souffrance, puisque cette souffrance vous est utile, et sachant bien d'ailleurs que le père céleste, qui a éveillé le Seigneur Jésus d'entre les morts, nous accordera la même indemnité, nous ressuscitera avec lui et nous réunira à vous. Alors tout est bien, et la douleur même est un bienfait si elle doit vous servir. Toute la théorie de la souffrance apostolique et chrétienne est renfermée dans ces courageuses paroles. Comment la souffrance elle-même ne serait-elle pas aimée lorsque les Corinthiens, lorsque Dieu, lorsque l'Apôtre lui-même y trouvent ensemble leur avantage: les Corinthiens, puisqu'ils puisent la vie aux épreuves mêmes de l'Apôtre et que tout est pour eux ; Dieu, puisqu'il recueille gloire et honneur de cette abondance de vie surnaturelle déversée sur les Corinthiens reconnaissants ; et l'Apôtre luimême, par l'accroissement de la récompense espérée ?

l'espérance

16 Propter quod non deficimus : sed licet is, qui foris est, noster homo corrumpatur : tamen is, qui intus est, renovatur de die in diem. ^'^ Id enim, quod in praesenti est momentaneum et levé tribulationis nostrae, supra modum in sublimitate aeternum gloriae pondus operatur in nobis, is non contemplantibus nobis quae videntur, sed quae non videntur. Quae enim videntur, temporalia sunt : quae autem non videntur, aeterna sunt.

1 Scimus enim quoniam si terrestris domus nostra hujus Habitationis dissolvatur, quod aedificationem ex Deo habemus, domum non manufactam aeternam in caelis. ^Nam

et in hoc ingemisdmus, habitationem nostram, quae de caelo est, superindui capientes : 3 si tamen vestiti, non nudi inveniamur. 4 Nam et qui sumus in hoc tabernacido, ingemiscimus gravati : eo quod nolumus exspoliari, sed supervestiri, ut ab~ sorbeatur quod morfale est, a vita. s Qui autem efficit nos in hoc ipsum, Deus, qui dédit nobis pignus spiritus. 6 Audentes igitur semper, scienies quoniam dum sumus in corpore, peregrinamur a Domino : 7 (per fidem enim ambulamus, et non per speciem) » audemus autem, et bonam voluntatem habemus magis peregrinari a corpore, et praesentes esse ad Dominum: 9 Et ideo contendimus sive absentes, sive praesentes placer e illi. lo Omnes enim nos manifestari oportet ante tribunal Christi, ut referai unusquisque propria corporis, proui gessit, sive bonum, sive malum.

Qu'importe dès lors toute épreuve, si elle fructifie de la sorte ? Non, nous ne saurions faiblir. La mort, et le lent et dur travail qui la prépare en nous, ne nous sont rien. Notre foi et notre espérance nous font triompher de tout. L'homme du dehors, l'homme que nous tenons d'Adam se consume et s'épuise, il est vrai : (l'Apôtre avait alors dépassé la cinquantaine, il sentait faiblir en lui la vie — une vie semée d'épreuves et de travaux) . Mais qu'importe ; si, sur les ruines de l'homme qui nous vient d'Adam, l'homme intérieur, celui que nous puisons en Notre-Seigneur Jésus-Christ, 's'accroît de jour en jour dans sa vigueur surnaturelle ? Car tel est le fruit béni de la souffrance qu'elle ruine l'un et affranchit l'autre de ces deux hommes que nous portons en nous. Voyez, dit l'Apôtrë, dessinant en même temps ce qu'est sa vie et ce que doit être la nôtre : le peu que nous avons à endurer aujourd'hui et qui finira demain nous crée pour l'éternité un poids de gloire qui s'accroît sans mesure.

Nous savons ce qu'avait été, peu auparavant, la souffrance de celui qui a écrit ces lignes, pleines de toutes les joies de l'espérance chrétienne. Il avait souffert jusqu'à prendre la vie en dégoût ; mais il s'était bien relevé depuis, et

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