CONSOLATIONS DE L'APOTRE
aatem in adventu ejus, sed etiam in consolatione, qaa consolatas est in vobis, referens nobis vestmm desiderium, vestram fletum, vestram aemulationem pro me, ita ut magis gauderem. ^ Quoniam etsi contristavi vos in epistola, non me poenitet : et si poeniteret, videns quod epistola illa (etsi ad horam) vos contristavit ; 9 nunc gaudeo : non quia contristati estis, sed quia contristati estis ad poenitentiam. Contristati enim estis secundum Deum, ut in nullo detrimentum patiamini ex nobis. lo Quae enim secundum Deum tristitia est, poenitentiam in salut em stabilem operatur : saeculi autem .tristitia mortem operatur. n Ecce enim hoc ipsum, secundum Deum contristari vos, quantum in vobis operatur sollicitudinem : sed defensionem, sed indignationem, sed timorem, sed desiderium, sed aemulationem, sed vindictam : in omnibus exhibuistis vos, incontaminatos esse negotio. 12 Igitur etsi scripsi vobis, non propter eum, qui fecit injuriam, nec propter eum qui passus est : sed ad manifestandam sollicitudinem nostram, quam habemus pro vobis coram Deo : is ideo consolati sumus. In consolatione autem nostra, abundantius magis gavisi siimus super gaudio Titi, quia refectus est spiritus ejus ab omnibus vobis. '^^ Et si quid apud illum de vobis gloriatus siim, non sum confusus ; sed sicut omnia vobis in veritate locuti sumus, ita et gloriatio nostra, quae fuit ad Titum, Veritas facta est, is et viscera ejus abundantius in vobis sunt : reminiscentis omnium vestrum obedientiam : quomodo eum timoré, et tremore excepistis illum. is Gaudeo quod in omnibus confido in vobis.
Il y avait eu pour saint Paul une heure de souffrance aiguë et vraiment mortelle. Au sortir d'Ephèse, durant le séjour à Alexandria-Troas, et même ensuite à son arrivée en Macédoine, il n'avait pas goûté un instant de repos ; à l'extérieur les luttes ordinaires et trop prévues de son apostolat : à l'intérieur la crainte de voir se consommer l'apostasie de toutes les Eglises fondées par lui. Et de toutes ces Eglises Corinthe était la plus chère. Mais le Dieu qui relève les âmes:
abattues, a eu enfin pitié de cette souffrance : Tite est arrivé. Avec lui du moins, ce n'était plus la solitude. Et pour comble, il apportait à l'Apôtre, au sujet de l'Eglise de Corinthe, les plus rassurantes informations. — Il a puisé la consolation auprès de vous ; il a reconnu votre désir de me revoir, la tristesse et les larmes qu'avait provoquées ma première lettre, votre attachement pour moi ; il ne reste plus dès lors qu'à me réjouir, et la joie dépasse de beaucoup la tristesse précédemment éprouvée. L'affliction que ma lettre devait vous causer, je l'ai éprouvée le premier, moi qui l'infligeais ; mais aujourd'hui je n'en ai plus de regrets, je m'en réjouis même, non que votre tristesse me soit une joie, mais parce qu'elle a été une tristesse fructueuse, suivie de votre amendement ; une tristesse selon Dieu, et telle, dès lors, que les sévérités de ma lettre ne pouvaient vous causer de détriment. Car entre la tristesse qui est selon Dieu et la tristesse du monde, il y a cette différence que l'une produit la mort par le désespoir, le blasphème, quelquefois le suicide ; au lieu que l'autre provoque un repentir salutaire et durable. Je n'en veux d'autre preuve que ce qui s'est passé récemment à Corinthe : en effet, voyez ce qu'a produit parmi vous cette affliction toute selon Dieu, et les dispositions surnaturelles qu'elle a fait germer dans vos cœurs : l'empressement à vous rendre à ma parole, les excuses affectueuses que Tite m'a apportées en votre nom, une sainte indignation contre le coupable et contre vous-mêmes, la crainte que l'Apôtre ne regardât votre satisfaction comme insuffisante, le désir de me revoir afin d'effacer définitivement de tristes souvenirs, la ferveur et une sainte impatience qu'il n'en restât plus nulle trace, une sévérité dans le châtiment telle que j'ai dû l'adoucir (II, 6, 7). Vous avez voulu montrer par là que vous ne faisiez pas cause commune avec le coupable. Dès lors toutes choses se sont passées normalement. — Car en écrivant sa lettre, l'Apôtre avait moins souci de l'offenseur (l'incestueux), ou de son père offensé, sans doute encore païen, que de fournir à Corinthe l'occasion de manifester son empressement à lui obéir.