APPEL A LA GÉNÉROSITÉ DE CORINTHE
6 ita ut rogaremus Titum : ut quemadmodum coepîf, ita et perficiat in vobis etiam gratiam istam. 7 Sed sicut in omnibus abundatis fide, et sermone, et scientia, et omni sollicitudine, insuper et charitate vestra in nos, ut et in hac gratia abundetis. s Non quasi imperans dico : sed per aliorum sollicitudinem etiam vestrae charitatis ingenium bonum comprobans. 9 Scitis enim gratiam Domini nostri Jesu Christi, quoniam propter vos egenus fadus est, cum esset dives, ut illius inopia vos divites essetis. ^(^ Et consilium in hoc do : hoc enim vobis utile est, qui non solum facere, sed et velle coepistis ab anno priore : n nunc vero et facto perficite : ut quemadmodum promptus est animus voluntatis, ita sit et perficiendi ex eo, quod Habetis. 12 Si enim voluntas prompta est, secundum id, quod habet, accepta est, non secundum id, quod non habet. is Non enim ut aliis sit remissio, vobis autem tribulatio, sed ex aequalitate. ^^ In praesenti tempore vestra abundantia illorum inopiam suppléât : ut et illorum abundantia vestrae inopiae sit supplementum, ut fiât aequalitas, sicut scriptum est : is Qui multum non abundavit : et qui modicum non minoravit.
Devant cet empressement de la Macédoine, dit l'Apôtre, la pensée nous est venue de donner une fois de plus à Tite la mission de se rendre auprès de vous, et d'y achever l'œuvre commencée déjà, dans sa première visite : de recueillir votre contribution à vous aussi.
L'exhortation devient plus directe. Vous êtes riches en toute sorte de biens spirituels, dit l'Apôtre à Corinthe la glorieuse ; l'effusion charismatique a été surabondante parmi vous (cf. I Cor., I, 5) ; la foi, les langues, la science surnaturelle vous ont comblés ; vous vous portez de vous-mêmes à tout bien, et vous êtes les premiers en affection pour moi : faites aussi en sorte de ne le céder à personne dans cet acte de charité envers les pauvres de Jérusalem.
Mais l'Apôtre se défend bien de donner un ordre : les Corinthiens n'en ont nul besoin ; et s'il leur a représenté l'empressement généreux des Eglises de la Macédoine, c'est pour les inviter à manifester aux yeux de tous la sincérité de leur charité. Pourquoi, en effet, serait-il nécessaire d'user de paroles impérieuses, lorsqu'il suffit aux chrétiens de prendre seulement conscience des éléments de la doctrine, et de se rappeler l'exemple du Seigneur qui était riche de tous les trésors de Dieu, et s'est fait pauvre afin de nous enrichir, nous qui n'avions rien, de toute sa richesse ? Aussi l'Apôtre se borne-t-il à un avis, à un conseil. Il n'en faut pas davantage, avec une chrétienté qui n'a eu besoin de l'exemple d'aucune autre pour se mettre à l'œuvre d'elle-même, il y a un an déjà.
On a supposé parfois, dans la seconde partie du verset 10, une interversion des termes, puisque la résolution prise est mentionnée après son accomplissement : non solum facere, sed et velle coepistis ab anno priore. Le texte, tel qu'il est, n'a besoin que d'être compris. Réellement les Corinthiens avaient eu l'initiative première de cette collecte pour les pauvres : déjà la première épître (XVI, 1-4) indiquait le procédé pour la recueillir. Ils avaient été les premiers à le faire, comme ils avaient été les premiers à le vouloir : xal t6 QsXeiv irpoev-ôpEacrGe. Seulement ils n'ont pas poussé l'œuvre assez activement ; et là où les Thessaloniciens sont prêts déjà, Corinthe n'a pas fini de recueillir son offrande. Il faut donc se mettre à l'œuvre sans retard, et après avoir voulu les premiers, ne pas démentir dans l'action cet empressement à vouloir.
Mais pour tempérer encore cette invitation, d'un accent si mesuré pourtant, pour stimuler aussi, par un habile procédé, la charité lente des Corinthiens, enfin pour réprimer d'avance chez ces natures si impressionnables les excès dans la générosité, saint Paul invite à donner, mais à donner chacun selon ses ressources. Lorsqu'il y a empressement à donner, dit-il aimablement, cet empressement à lui seul est bien venu, quels que soient l'offrande réelle et l'apport matériel de chacun. La générosité se mesurera sur ce que l'on peut donner