‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 211 sur 663 · RÉPONSE AUX GRIEFS · texte numérisé non relu

RÉPONSE AUX GRIEFS

pas les enfants pour leur père. C'est donc à moi qu'il appartiendra de dépenser, de me dépenser moi-même pour vos âmeSj et de vous prouver ainsi que je vous aime, alors même que votre amour s'est refroidi. (Rappelons-nous à quelle portion de la communauté corinthienne, neutre, hésitante, indécise, s'adresse ce dernier plaidoyer de l'Apôtre).

Il était un autre grief, plus calomnieux, plus chétif que le précédent. Des milieux troublés se prêtent aux plus misérables insinuations ; et l'Apôtre ne veut rien laisser debout. On ne pouvait douter de son désintéressement ; mais quelquesuns laissaient à entendre que ce qu'il n'avait pas fait luimême, son habileté peu scrupuleuse l'avait fait par d'autres, à l'occasion peut-être de la collecte commencée. Il ne dédaigne pas de répondre, même à cette imputation. Voyons, de bonne foi, leur dit-il, de tous ceux que j'ai successivement députés vers Corinthe, quel est celui dont je me suis servi pour vous duper et vous appauvrir ? Je vous ai adressé Tite avec un autre frère. Est-ce que Tite vous a exploités ? N'obéit-il pas au même esprit, ne marche-t-il pas par le même chemin que moi ? Et que reste-t-il enfin de tous ces bruits misérables ?... Vous croyez, sans doute, et depuis longtemps, que c'est devant vous que nous portons cette apologie personnelle. Non, c'est devant Dieu et dans le Christ que nous parlons ; nous n'avons pris la parole que pour votre édification ; car il importe qu'il ne reste rien dans vos esprits de tout ce qui prétend vous éloigner de moi. Je ne veux, lorsque j'irai vers vous dans quelques mois, ni être déçu parmi vous, ni vous décevoir vous-mêmes ; je ne veux pas retrouver à Corinthe les discussions, les rivalités, les colères, les jalousies,- les détractions, les murmures, les emportements, les divisions ; je ne veux pas essuyer, à mon arrivée, cette humiliation de vous trouver si inférieurs à vous-mêmes, ni avoir encore à gémir sur l'impénitence de ceux qui après avoir péché, n'ont pas voulu se repentir de leur désordre, et du libertinage auquel ils se sont livrés. (La corruption de Corinthe était proverbiale et la dignité de l'Eglise en avait souffert) .

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