LA TROISIÈME VISITE
1 Ecce tertio hoc venio ad vos : in ore duorum vel trium testium stabit omne verbum. 2 Praedixi, et praedico, ut praesens, et nunc absens, Vis, qui ante peccaverunt, et ceteris omnibus, quoniam si venero iterum non parcam. s An ex-, perimentum quaeritis, ejus, qui in me loquitur Christus, qui in vobis non infirmatur, sed potens est in vobis ? 4 Nam etsi crucifixus est ex infirmitate : sed vivit ex virtute Dei. Nam et nos infirmi sumus in illo : sed vivemus cum eo ex virtute Dei in vobis. s Vosmetipsos tentate si estis in fide : ipsi vos probate. An non cognoscitis vosmetipsos quia Christus Jésus in vobis est ? nisi forte reprobi estis. 6 Spero autem quod cognoscetis, quia nos non sumus reprobi. 7 Oramus autem Deum ut nihil mali faciatis, non ut nos probati appareamus, sed ut vos quod bonum est faciatis : nos autem ut reprobi simus. s Non enim possumus aliquid adversus veritatem, sed pro veritate. ^Gaudemus enim, quoniam nos infirmi sumus, vos autem patentes estis. Hoc et oramus vestram consummationem. 10 Ideo haec absens scribo, ut non praesens durius agam secundum potestatem, quam Dominas dédit mihi in aedificationem, et non in destructionem.
L'apologie personnelle est terminée. L'Apôtre conclut par une mise en demeure adressée à cette minorité impénitente dont il vient d'être parlé : à côté des divisions intérieures, à caractère schismatique, Corinthe avait à déplorer des dérèglements et des immoralités. Voici, dit l'Apôtre, la troisième fois que je viens vers vous. En achevant cette deuxième lettre aux Corinthiens, rappelons-nous brièvement les relations de saint Paul avec Corinthe :
1) Un séjour de dix-huit mois au cours de la deuxième expédition apostolique.
2) Une apparition, mais rapide, à Corinthe, au cours de la troisième expédition, durant îe triennium consacré à Ephèse.
3) Une lettre aux Corinthiens dont il ne reste que le fragment cité dans la première épître (I Cor., V, 9).
4) La lettre que nous disons être la Première aux Corinthiens.
5) Le séjour que l'Apôtre fera à Corinthe, durant les derniers mois de 57 et les premiers de 58. C'est sa troisième visite.
Jusqu'alors l'Apôtre avait cru pouvoir user d'indulgence, et surseoir à toutes mesures sévères. Cette fois il se propose de châtier selon la justice. Comme il a été d'usage dans la loi mosaïque (Deut., XIX, 15), il appliquera la règle de droit naturel qui décide sur un fait, par la déposition de deux ou trois témoins dignes de foi. Ce sera la loi de son enquête sur les délits d'immoralité. Déjà, lors de sa seconde et rapide visite, il a déclaré en personne aux Corinthiens, et aujourd'hui, absent encore, il leur déclare de nouveau que l'heure de l'indulgence est passée, et que s'il vient une troisième fois, ce ne sera plus le pardon à la main. Il y a une limite à la condescendance et à la longanimité. Sévir est d'autant plus indiqué qu'il y a des révoltés et des libertins, qui veulent obtenir une preuve que saint Paul est vraiment le délégué du Christ. Nous voudrions bien le savoir, disent-ils avec arrogance ( éarel SoxitxTiv Z,r['zzîxe ) . Vous le saurez, répond l'Apôtre ; car si Paul est un chétif, le Seigneur ne l'est pas, et il a pouvoir sur vous. Sans doute le Christ a eu, lui aussi, son heure de faiblesse et d'infirmité : c'est alors qu'il a été crucifié ; mais il est ressuscité par la vertu de Dieu. Il y a dans son Apôtre le même jeu divin, la même succession de faiblesse et de force ; nous sommes infirmes comme il l'a été ; mais nous sommes capables d'exercer aussi, s'il est besoin, sa vigueur divine qui est en nous. Les rebelles se promettent