‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 221 sur 663 · VISITE AUX APOTRES · texte numérisé non relu

VISITE AUX APOTRES

quod praedico in Gentibus, seorsam autem Us, qui videbantur dliquid esse: ne forte in vacuum currerem, aut cucurrissem. s Sed neque Titus, qui mecum erat, cum esset Gentilis, compulsus est circumcidi : 4 sed propter subintroductos falsos fratres, qui subintroierunt explorare libertatem nostram, quam habemus in Christo Jesu, ut nos in servitutem rédigèrent. 5 Quibus neque ad horam cessimus subjectione, ut veritas Evangelii permaneat apud vos : s ab Us autem, qui videbantur esse aUquid, (quales aliquando fuerint, nihil mea interest. Deus personam hominis non accipit) mihi enim qui videbantur esse aUquid, nihil contulerunt. 7 Sed econtra cum vidissent quod creditum est mihi Evangelium praeputii, sicut et Petro circumcisionis : s (qui enim operatus est Petro in Apostolatum circumcisionis, operatus est et mihi inter Gentes) 9 et cum cognovissent gratiam, quae data est mihi, facobus, et Cephas, et Joannes, qui videbantur columnae esse, dextras dederunt mihi, et Barnabae societatis : ut nos in Gentes, ipsi autem in circumcisionem : lo tantum ut pauperum memores essemus, quod etiam sollicitus fui hoc ipsum facere.

Quatorze ans après sa conversion, l'Apôtre retourne à Jérusalem avec Barnabe, son compagnon de la première mission apostolique : tous deux devaient être auprès de l'Eglise-mère les témoins des prodiges et des conversions qui s'étaient accomplis en Chypre et en Galatie. Ils prennent avec eux Tite, un gentil converti, et d'autres frères. En se rendant à Jérusalem, Paul et Barnabe ne firent qu'obéir à une invitation de Dieu, qu'elle ait été donnée à eux-mêmes ou à l'Eglise d'Antioche ; aucune injonction officielle ne leur était venue de l'Eglise de Jérusalem. La visite fournit à l'Apôtre une occasion d'exposer l'Evangile qu'il enseignait aux nations. Pour plus de sûreté, il prit à part ceux qui jouissaient de l'autorité : Pierre, Jacques, Jean, les chefs de la communauté. Ce n'est pas, fait-il remarquer, que je voulusse faire confirmer ou réformer cet Evangile ; il vient de Dieu et n'a pas besoin d'une approbation ultérieure. Mais agir ainsi,

c'était mettre les apôtres eux-mêmes en demeure de reconnaître la divinité de cet enseignement, c'était frapper de stérilité les incursions doctrinales des mosaïstes, c'était épargner aux chrétientés fondées par moi les contestations et les anxiétés. — L'acte de déférence accompli par l'Apôtre mettait ses Eglises à couvert.

A Jérusalem même, la liberté évangélique et l'affranchissement de la loi furent si ouvertement reconnus que Tite, notre compagnon, ne fut pas soumis à la circoncision. Sans doute les exigences ne manquèrent pas : elles ne vinrent pas des apôtres, mais de quelques faux frères, qui se glissèrent dans l'assemblée, et prétendirent, au nom de leurs seuls préjugés, critiquer la liberté que nous possédons comme chrétiens, afin de nous ramener à la servitude mosaïque. Jamais nous n'avons consenti à leur céder d'une ligne. Leur obéir, alors qu'ils exigeaient la déférence comme un droit, c'eût été, par une fausse condescendance, ruiner la vérité de l'Evangile, et renoncer à la liberté que je vous ai enseignée. Le christianisme n'hérite pas des servitudes judaïques.

Ce principe de la liberté, non seulement l'Apôtre l'a maintenu contre ces faux frères ; il en a obtenu la reconnaissance des chefs de la communauté. Car à côté des faux frères qui ne comptent pas, il y a ceux qui comptent, ceux dont la pensée a du poids et de l'autorité. Je ne m'occupe pas des premiers ; quant aux autres, quelle que soit leur autorité, et, semble dire l'Apôtre, quel que soit le motif qui porte les judaïsants à se réclamer d'eux contre moi et à invoquer leur pensée contre la mienne, cela n'importe en rien : Dieu ne fait pas acception des personnes, et ne juge pas selon nos dires : eh bien ! ceux-là mêmes n'ont apporté à ma doctrine aucune addition, ni formulé aucune réserve. Loin de là, ils reconnurent bientôt que Dieu avait confié à Pierre l'Evangile des Juifs, c'est-à-dire la grâce de prêcher habituellement parmi eux, et à moi l'Evangile de la Gentilité ; puis, ayant reconnu cette vocation divine, témoignée par tant de conversions, Jacques, Pierre, Jean, les autorités apostoliques de

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