LA LIBERTÉ ÉVANGÉLIQUE
Jérusalem nous accordèrent pleinement les marques de fraternité : ils laissèrent à Paul et à Barnabe le ministère évangélique de la Gentilité, se réservant le ministère auprès desjuifs, sans exclusion toutefois. Une seule chose nous a été demandée : c'est au milieu de nos courses apostoliques, de nous souvenir des pauvres de Jérusalem et de les secourir : ce que je n'ai pas manqué de faire et ce que je fais chaque jour.
11 Cum autem venisset Cephas Antiochiam : in faclem et restai, quia reprehensibilis erat. 12 Prias enim quam venirent quidam a Jacobo, cum Gentibus edebat : cum autem venissent, subtrahebat, et segregabat se timens eos, qui ex circumcisione eranf. i3 Et simulationi ejus consenserunt ceteri Judaei, ita ut et Barnabas duceretur ab eis in illam simulationem. ^^Sed cum vidissem quod non recte ambularet ad veritatem Evangelii, dixi Cephae coram omnibus : Si tu, cum Judaeus sis, gentiliter vivis, et non Judaice : quomodo Gentes cogis fudaizare ? is Nos natura Judaei, et non ex Gentibus peccatores. '^^ Scientes autem quod non justificatur homo ex operibus le gis, nisi per fidem Jesu Christi : et nos in Chrisfo Jesu credimus, ut justificemur ex fide Christi et non ex operibus le gis : propter quod ex operibus legis non justificabitur omnis caro. i^ Quod si quaerentes justificari in Christo, inventi sumus et ipsi peccatores, numquid Christus peccati mi— nister est ? Absit. is Si enim quae destruxi, iterum haec aedifico : praevaricatorem me constitua. i9 Ego enim per legem, îegi mortuus sum, ut Deo vivam : Christo confixus sum crucL 20 Vivo autem, jam non ego : vivit vero in me Christus. Quod autem mine vivo in carne : in fide vivo filii Dei, qui dilexif me, et tradidit semeiipsum pro me. 21 Mon abjicio gratiam Dei. Si enim per legem justitia, ergo gratis Christus mortuus: est.
La liberté évangélique a donc été affirmée contre ses ennemis, elle a été authentiquement reconnue par les premières -autorités de l'Eglise, celles-là mêmes qui sont le plus souvent invoquées contre nous. — On s'est demandé parfois pourquoi l'Apôtre ne rappelle pas aux Galates la sentence du concile de Jérusalem qui, sept ans auparavant, avait défini la question pratique et écarté les prétentions des judaïsants (Aci, XV, 28-29). C'est qu'il n'eût servi de rien à l'Apôtre d'invoquer un décret que les Galates n'avaient pas ignoré (Act, XV, 41 ; XVI, 4), et au mépris duquel ils avaient écouté les judaïsants. Sans doute ces derniers avaient abusé les simples, contesté l'autorité du concile, et peut-être prétendu que les observances légales, sans être exigées pour le baptême, recouvraient leurs droits, le lendemain, et étaient requises comme supplément au baptême, pour faire de parfaits chrétiens.
Après avoir proclamé et maintenu la loi de la liberté évangélique, après l'avoir fait reconnaître aux apôtres, aux colonnes de l'Eglise, saint Paul l'a même, un jour, revendiquée hautement en face de Pierre. C'est ce que l'histoire appelle l'incident d'Antioche.
Après le concile de Jérusalem, Pierre, désireux de prendre contact avec les convertis de la Gentilité, se rendit à Antioche. Il y arriva le premier et ne fit nulle difficulté de communiquer avec les Gentils, de, manger avec eux, de négliger par conséquent la distinction mosaïque des viandes. Mais, après lui, arrivèrent à Antioche d'autres Juifs convertis, venant d'auprès de Jacques, évêque de Jérusalem, imbus de préjugés pharisiens et demeurés fidèles à leurs coutumes mosaïques. Pierre, qui avait l'âme bonne, afin de ne pas scandaliser ces derniers venus, qui d'ailleurs étaient ses familiers, se persuada qu'il y avait condescendance et charité, après avoir fait la part des Gentils, de se dérober à eux, et de faire aussi la part des Juifs en mangeant avec eux. Rien ne semblait plus naturel qu'user de condescendance envers tous pour éviter le scandale ; il n'y avait que charité dans