‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 233 sur 663 · LA FILIATION DIVINE · texte numérisé non relu

LA FILIATION DIVINE

1 Dico autem : Qaanfo tempore hères parvulus est, nihil dijfert a servo, cum sit dominas omnium : 2 sed sub tittoribus, et actoribiis est usque ad praefinitum tempiis a pâtre : 3 ita et nos cum essemus parvuli, sub elementis mundi eranuis servientes. 4 At ubi venit plenitudo temporis, misit Deus Filium suum factum ex muliere, factum sub lege,^ ut eos, qui sub lege erant, rédimeret, ut adoptionem jiliorum reciperemus. 6 Quoniam autem estis filii, misit Deus Spiritum filii sut in corda vestra clamantem : Abba, Pater. ^ Itaque jam non est servus, sed filius. Quod si films, et hères per Deum. s Sed tune quidem ignorantes Deum, Us, qui natura non sunt dii, serviebatis. 9 Nunc autem cum cognoveritis Deum, immo cogniti sitis a Deo : quomodo convertimini iterum ad infirma et egena elementa, quibus denuo servire vultis ? 10 Dies observât is, et me uses, et t empara, et annos.

Durant son enfance, encore qu'il soit héritier et que sa naissance lui donne droit à tous les biens de son père, le fils de famille ne se distingue en rien de l'esclave ou du simple familier : il ne possède rien, ne saurait disposer de rien ; et soit pour ses biens, soit en sa personne même, il demeure jusqu'au jour marqué par son père pour son émancipation, soumis à des tutelles variées, gardiens, précepteurs, administrateurs. C'a été la condition des Juifs et des Gentils euxmêmes durant tout l'ancien monde ; nous avons été petits enfants : prias quod animale, disait l'Apôtre aux Corinthiens. Et à raison de son incapacité et de sa faiblesse l'humanité, héritière- pourtant dans le dessein de Dieu, a été maintenue dans les entraves de l'enfance et assujettie aux procédés rudimentaires usités dans la première éducation. Notre intelligence n'était pas débrouillée, la vérité était rare ; c'était l'époque de la servitude. Mais lorsqu'est venue l'heure de l'émancipation, l'heure fixée par Dieu, le monde ayant eu le plein loisir de constater son impuissance, toutes les prépara-

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lions divines étant achevées, le monde étant prêt ppur l'Eglise, le signalement prophétique du Seigneur achevé, la prophétie elle-même s'étant tue depuis quatre siècles dans l'attente silencieuse de celui qui devait venir ; Dieu a envoyé son Fils, éternel comme lui, mais, dans le temps, né d'une femme, sujet à la loi, ayant pris sur lui notre nature, afin de l'affranchir et de la faire fille de Dieu. Dans ses épousailles avec la nature humaine, le Fils de Dieu a pris notre servitude et les conditions de notre nature ; mais c'était afin de nous racheter et de nous donner en échange sa filiation divine.

Et que cette filiation soit une réalité, et non une figure aimable de diction, Dieu nous en a donné la preuve et la garantie non pas seulement dans les dons charismatiques et extérieurs, mais dans le don premier, dans l'effusion en nos cœurs de Celui qui est deux fois l'Esprit de son Fils : parce qu'il procède de lui dans la vie de Dieu, parce qu'il a guidé la nature humaine du Fils de Dieu : Spirifus Domini super me, propfer quod unxit me, evangelizare pauperibus misit me, sanare contritos corde (Is., LXI, 1). L'épître aux Romains (VIII) nous le dira avec plus d'étendue, mais ici déjà nous apercevons la fonction de l'Esprit de Dieu : Celui qui dans la Trinité est le lien entre le Père et le Fils, est aussi le lien qui unit nos âmes au Christ ; Celui qui a inspiré au Seigneur toute sa vie et sa mort, qui per Spiritum Sancfum semetipsum obtulit immaculatum Deo (Hebr., IX, 14), est aussi celui qui nous unit au Seigneur et qui, versé dans nos âmes comme la charité de Dieu, donne le branle à toute notre vie. Nous ne pouvons que gloser rapidement et traduire la lettre de saint Paul ; nous n'avons le droit que d'effleurer seulement ces splendeurs de la vie surnaturelle ; mais nous serions coupables envers les âmes si nous ne les invitions à lire en Bossuet, au second point du panégyrique de saint François de Paule, le développement de cette doctrine. Et que voulez-vous que nous enseigne Celui qui est l'Esprit du Fils de Dieu, si ce n'est la tendresse et l'accent avec lequel il nous faut dire à Dieu comme le Fils de Dieu : Père ! Père !

De soi toute créature est esclave : ordinatione tua persévérât dies, quoniam omnia serviunt tibi ; et la servitude de l'homme était accusée dans l'ancienne loi par l'esprit qui guidait le Juif : spiritum servitutis in timoré ; mais depuis la rédemption, celui qui en recueille le fruit n'est plus esclave : il est dans le Christ, fils de Dieu, héritier de Dieu de par Dieu même.

Ces réflexions de l'Apôtre, en montrant que le mosaïsme est abrogé, invitaient sans doute les Juifs eux-mêmes à s'affranchir d'une loi périmée ; mais elles étaient plus décisives encore pour les Galates convertis de la Gentilité, plus étrangers au judaïsme, qui ne leur était rien. Avant leur conversion ils ignoraient tout de Dieu, ne le connaissant ni comme Dieu ni comme Père, et allant porter leur culte et leurs hommages à des êtres qui ne sont pas dieux. Leur esclavage était plus profond que celui des Juifs. Mais aujourd'hui, leur dit saint Paul, que vous connaissez Dieu, et comme Père, que vous êtes connus et aimés de lui comme fils, pouvez-vous donc songer à retourner en arrière vers des initiations vides, infirmes, menteuses désormais, puisqu'elles supposent que la promesse de Dieu n'est pas accomplie ? Est-ce donc que vous avez la maladie de la servitude, le besoin invétéré d'être esclaves, au lieu de fils ? Car voici ce que j'apprends de vous : Vous avez adopté le calendrier des Juifs, vous observez leurs jours de fêtes et de jeûnes, leurs lunaisons, leurs solennités, leurs années jubilaires ou sabbatiques !

L'Apôtre s'interrompt. Il a beaucoup discuté, beaucoup raisonné. Des hauteurs de la doctrine il descend maintenant à l'exhortation affectueuse, aux reproches tendres, au rappjel des souvenirs.

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