CHAPITRE V (suite
2 Ecce ego Paiiliis dico vobis : qiioniam si circumcidamini, Christus vobis nihil proderit. s Testificor aiitem rursiis omni homini circumcidenti se, quoniam débiter est universae legis faciendae. * Evacuati estis a Christo, qui in lege justificamini : a gratia excidisiis. 5 Nos cnim spiritu ex fide, spem justitiae expedamus. 6 Nam in Christo Jesa neque circiimcisio aliquid valet, neque praeputium : sed fides, quae per charîtotem operatur. ^ Currebatis bene : quis vos impedivit veritati non obedire ? s Persuasio haec non est ex eo, qui vocat vos. 9 Modicum fermenium totani massani corrumpit. lo Ego confido in vobis in Domino, quod nihil aliud sapietis : qui autem conturbat vos, portabit judicium, quicumque est ille. n Ego autem, patres, si circumcisionem adhuc praedlco : quid adhuc persecutionem patior ? Ergo evacuatum est scandalum crucis. ^2 utinam et abscindantur qui vos conturbant.
Le caractère indélébile du mcsaïsme est la servitude : il sert Dieu sous la crainte et dans l'esclavage : accepisiis spiritum servitutis in timoré ; mais dès que la loi de Dieu, selon la parole de Jérémîe (XXXI, 33), et d'Ezéchiel (XXXVI, 24-28), est, par l'Esprit de Dieu, écrite en nos cœurs, nous sommes libres tout à la fois des entraves extérieures du mosaïsme et de l'élément de contrainte intérieure qu'il implique. Nous sommes réédités en Notre-Seigneur Jésus-Christ
On avait perfidement exploité auprès des Galates une condescendance de l'Apôtre : il avait consenti à la circoncision de Timothée . (Act, XVI, 3). Cette transaction indulgente de-
venait une reconnaissance formelle de la loi judaïque ; il était piquant d'opposer ainsi saint Paul à saint Paul. Eh bien ! dit l'Apôtre, alors que l'on cherche dans ma vie des précédents pour vous entraîner, c'est moi qui vous dis aujourd'hui à vous, Gentils, que recevoir la circoncision c'est retourner en arrière, c'est faire comme si le Christ n'était pas venu, comme si l'Incarnation et la Rédemption n'étaient pas réalisées encore. C'est non seulement renoncer à Notre-Seigneur Jésus-Christ, c'est se courber à nouveau sous la servitude de la loi. Toute initiation religieuse nous soumet, en effet, aux conditions et exigences de l'économie qu'elle représente ; et de même .que le baptême entraîne pour nous l'engagement de vivre de la vie du Christ, la circoncision implique la soumission à la loi mosaïque tout entière. Recevoir la circoncision n'est donc qu'une apostasie dissimulée ; nous professons par là nous éloigner du Christ, renoncer à la grâce, retourner à la loi et lui demander sa justice ; c'est un brusque changement d'état personnel. Le chrétien relève de l'Esprit, le juif de la chair ; le chrétien est constitué en liberté, le juif en servitude ; le chrétien obéit à la charité, le juif à la loi ; le chrétien demande à la foi une justice intérieure, le juif s'efforce, par l'observation matérielle de la loi, d'obtenir une justice extérieure (Phil., III, 19). Il n'y a donc qu'antagonisme entre ces deux directions religieuses ; elles ne sauraient se concilier.
Ce même christianisme qui a créé la liberté : omnia mihi licent, qui a tellement effacé toutes les divisions et distinctions extérieures que désormais il n'y a plus ni Juif, ni Gentil, ni libre, ni esclave, a également supprimé tous les procédés chétifs et matériels d'autrefois. A ceux qui sont dans le Christ, la circoncision, l'incirconcision, tout cela est indifférent ; une seule chose compte : la foi, c'est-à-dire l'adhésion vitale à Notre-Seigneur Jésus-Christ, la foi qui agit dans ia charité. Le dernier mot de la vie chrétienne, c'est d'apparlenir à Notre-Seigneur Jésus-Christ ; et là, affranchi de tout égoïsme, d'aimer Dieu et le prochain. Et les Galates l'avaient