‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 249 sur 663 · HOMMAGE A DIEU LE PÈRE · texte numérisé non relu

HOMMAGE A DIEU LE PÈRE

bus, et insipientibus debitor sum : is ita (quod in me) promptum est et vobls, qui Romae estis, evangelizare. '^g Non enim enibesco Evangelium. Virtus enim Dei est in salutem omni credenti, Judaeo primum, et Graeco. i7 Justitia enim Dei in eo revelatur ex fide in fidem : sicut scriptum est : Justus autem ex fide vivit.

C'est par une formule de reconnaissance que commencent presque toutes les épîtres de saint Paul : remercier Dieu lui est familier et définit' sa spiritualité. En outre, remercier pour les bienfaits reçus par autrui, s'en regarder comme redevable à Dieu, c'est témoigner d'une étroite affection pour ceux dont les grâces surnaturelles nous touchent à ce point que nous en bénissons Dieu comme si elles étaient nôtres. Nous venons de le voir, c'est par le Seigneur, comme cause méritoire, que vient de Dieu tout don surnaturel ; c'est donc par lui, comme le Pontife de l'alliance nouvelle, que toute action de grâces doit remonter vers son Père, C'est par lui que les anges eux-mêmes prient, louent et adorent. Il est facile de reconnaître à l'expression Deo meo la tendresse de l'Apôtre. Dieu le Père, ex quo omnis paternitas in caelo et in terra nominatur, ne lui est pas un Dieu étranger, distant, désintéressé. Il est son Dieu, « le Dieu de moi », dit le t^xte grec, avec un sens de possession mutuelle.

Le lien d'affectueuse solidarité qui unit saint Paul à tous les Romains le porte à bénir Dieu de leur foi, qui est un don de Dieu ; de la vigueur éclatante de leur foi, dont le monde entier est averti. Les communautés chrétiennes n'étaient pas des étrangères les unes pour les autres ; leur diffusion encore clairsemée n'était pas un obstacle à l'exercice d'une fraternité toujours éveillée, toujours attentive. La foi des Romains, on le voit, c'est leur vie chrétienne, c'est l'adhésion à Notre- Seigneur Jésus-Christ : c'est, avec l'acte premier qui détermine cette adhésion — credentes vera esse quae divinitus revelata et promissa sunt (Conc. Trid., Sess. VI, cap. VI), l'attachement de toute la vie à Notre-Seigneur Jésus-Christ, et la communion à lui.

Testis enim mihi est Deus, cui servio in spirita meo in Evangelio filii ejus, quod sine intermissione memoriam vestri facio. Saint Paul avait la sollicitude de toutes les Eglises (II Cor., XI, 28) ; il était présent par la pensée partout où se trouvaient engagés les intérêts du Seigneur. La communauté romaine, auprès de laquelle il n'était pas directement accrédité, aurait pu s'étonner de se voir aborder par lui. Aussi l'Apôtre se réclame-t-il auprès des Romains de l'affection qu'il leur porte, de la gratitude qu'il témoigne à Dieu au sujet des grâces qu'ils ont reçues ; aussi prend-il Dieu à témoin du souvenir constant qu'il garde aux Romains dans sa prière. Toute l'Eglise est au cœur de saint Paul, et il a, comme apôtre, qualité pour s'intéresser à tous. Il a aussi un titre pour s'adresser à Dieu au nom de tous : il sert Dieu en esprit. Le terme grec "Xa-rpeûco, que la Vulgate traduit par servio, peut signifier l'adoration par le sacrifice, l'adoration sacerdotale. Le culte d'adoration que l'Apôtre rend à Dieu est celui-là même que Dieu désire : l'adoration en esprit et en vérité, non ce culte extérieur, ritualiste, pétrifié, dont le Seigneur ne s'est jamais contenté, et que le christianisme écarte définitivement. Les allusions sont constantes à la doctrine qui sera exposée dans la suite. Saint Paul ne pouvait parler de son adoration spirituelle, il ne pouvait indiquer la sphère oii s'exerce son activité apostolique, in Evangelio filii ejus — dans la prédication du Fils de Dieu — , sans s'établir nettement en dehors du mosaïsme et d'une économie abrogée,

Semper in orationibus meis : obsecrans si quomodo tandem aliquando prosperum iter habeam in voluntate Dei ve~ niendi ad vos. Le but et le motif de cette constante prière c'est d'obtenir enfin de la volonté de Dieu d'être heureusement guidé par elle vers Rome et sa chrétienté. Le désir est ardent, il est persévérant ; il est aussi pleinement soumis à la volonté de Dieu. A l'heure oii l'Apôtre achève sa troisième expédition apostolique, oiî il va se diriger non vers Rome, mais vers Jérusalem, les embûches des Juifs qu'il n'ignore pas, lui font d'ailleurs une loi impérieuse de confier à Dieu

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