‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 268 sur 663 · IMPIÉTÉ GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

IMPIÉTÉ GÉNÉRALE

leur intention, il écarte l'hypothèse d'après laquelle le mal serait justifié par le bien que Dieu en tire. La justice de Dieu en serait-elle désarmée ?

A ce même point de vue, si Dieu retire de l'iniquité un accroissement de gloire, si le péché est pour lui facteur de gloire, l'homme lui-même n'est pas réellement coupable ! — Le pécheur se dira : « Mon péché procure la gloire de Dieu ! Dieu lui-même m'est redevable ! Si la gloire de Dieu a tiré profit de mon péché, non seulement Dieu ne saurait punir, mais moi je ne suis plus pécheur. J'ai procuré la gloire de Dieu ». — Pourquoi, dès lors, reprend l'Apôtre, comme quelques-uns nous imputent calomnieusement de l'enseigner, pourquoi ne pas faire le mal, afin que le bien de Dieu, grossi par le péché, dépasse toujours notre mal ? De ceux qui parlent de la sorte, la réprobation est juste et assurée... L'Apôtre n'en veut pas dire davantage ni se justifier personnellement, et revient à l'argument par où a commencé le chapitre.

9 Quid ergo ? praecellimus eos ? Nequaquam. Causati enim sumus, Judaeos et Graecos omnes sub peccafo esse. 10 Sicut scripfum est : Quia non est justus quisquam, n non est intelligens, non est requirens Deum. 12 Omnes decUnaverunt, simul inutiles facti sunt, non est qui faciat bonum, non est usque ad unum. i3 Sepulchrum patens est guttur eorum, linguis suis dolose agebant : venenam aspidum sub labiis eorum : i4 quorum os maledictione et amaritudine plénum est : 15 veloces pedes eorum ad effundendum sanguinem ; 16 contritio et infelicitas in viis eorum : ^^ et viam pacis non cognoverunt. is Non est timor Dei ante oculos eorum. i9 5c/mus autem quoniam quaecumque lex loquitur, ils, qui in lege sunt, loquitur : ut omne os obstruatur, et subditus fiaf omnis mundus Dec : 20 quia ex operibus legis non justificabitur omnis caro coram illo. Per legem enim cognitio peccati.

Eh bien ! avons-nous donc, nous autres Juifs, un avantage sur les Gentils, un privilège qui nous élève au-dessus;

d'eux ? Est-ce que nous leur sommes supérieurs en moralité et en justice ? Aucunement, nous avons montré tout à l'heure que Gentils et Juifs sont tous pécheurs. Ni les uns, ni les autres n'ont observé la loi, la faillite est égale ; de part et d'autre toute la famille humaine est sous la servitude du péché. — Au premier chapitre, lorsqu'il requérait contre les Gentils, l'Apôtre avait souligné dans la corruption et les vices du paganisme, l'indice irrécusable de la colère de Dieu vengeant sur les coupables sa gloire méconnue, son nom avili, sa perfection déshonorée. Afin de maintenir l'équilibre de sa démonstration, saint Paul ajoute une preuve nouvelle à laquelle les Juifs ne pourront se dérober : elle est contenue dans le témoignage de cette loi même qui est dans leurs mains. La longue citation est tirée du psaume XIII, qui ne se distingue du Ps. LU que par les versets 13 à 18, empruntés par l'Apôtre à d'autres endroits du Psautier, et groupés ensemble pour établir la vérité de sa pensée.

« Dieu regarde du haut du ciel, il contemple l'humanité, sans distinction de Juifs et de Gentils. Mais nul n'est intelligent ; nul ne cherche Dieu. Tous se sont détournés, et dès lors ils se sont corrompus, comme des aliments qui ne peuvent plus servir à rien. Aucun ne fait le bien, aucun ». Si la description donnée dans le Psaume XIII, demeure tout d'abord générale dans ses termes, les formes plus spéciales de la dépravation juive sont recueillies d'ailleurs : péchés de parole (13, 14), péchés d'action (15), avec le misérable salaire de cette vie injuste et pécheresse (16, 17), et la raison dernière de toute dépravation morale (18).

Mais le Juif, peut-être, sera tenté d'écarter le témoignage de l'Ecriture en prétextant qu'elle s'adresse à la gentilité. Aussi l'Apôtre fait-il cette remarque : Lorsque la loi parle, elle s'adresse à ceux que la loi concerne, et qui sont de son ressort. Ainsi les païens sont convaincus pai leurs œuvres ; les Juifs sont convaincus par leurs œuvres et par le. témoignage de leur propre loi. Alors qu'il n'y a pour nous qu'un intérêt, être dans la justice pour être accueillis de Dieu; cette

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