FONCTION DE LA LOI
justice ne se rencontre ni dans la gentilité, ni dans le mosaïsme. Dès lors, toute bouche est close, toute prétention doit se taire, tout orgueil s'évanouit; rhumanité tout entière est pécheresse, et, dans sa' commune et universelle souillure, humiliée et courbée devant Dieu. Sans doute la loi n'a pas manqué aux deux portions de l'humanité, ni la loi mosaïque aux Juifs, ni la loi naturelle aux Gentils ; mais ce que fait la. loi en nous est en soi trop peu de chose. La seule énergie de la loi ne saurait justifier personne devant Dieu. C'est une doctrine que l'Apôtre a enseignée déjà aux Galates (II, 16), qu'il rappelle ici opportunément afin d'humilier l'orgueil des Juifs, et qu'il développera au chapitre VII : la loi nous donne la connaissance, et y ajoute l'obligation. L'office propre de la loi, hier, aujourd'hui, à jamais, ce n'est pas de nous justifier devant Dieu : son efficacité n'atteint pas jusque là ; elle nous éclaire, elle nous oblige, voilà tout.
Mais alors. Seigneur, c'est à vous qu'il appartient de nous dire, aujourd'hui que votre justice se révèle, par quelle voie nous pourrons vous plaire et devenir justes à vos yeux ! Quel sera le procédé divin de notre justification, de notre justice, de notre salut ? Comment obtiendrons-nous de vivre devant vous, dans le temps, dans l'éternité ?
L'Apôtre nous l'a dit déjà, au seuil de son épître : Justitia Dei in Evangelio revelatur ex fide in fidem, sicut scriptitm est : Jusius auiem ex fide vivit (I, 17). Désormais, le terrain étant déblayé, le judaïsme et la gentilité étant mis hors de cause, il faut entrer dans l'exposé du procédé divin de la: justification, du salut, de la vie surnaturelle.
B. — LE PROCEDE DE LA JUSTICE CHAPITRE III (suite)