‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 276 sur 663 · LA CIRCONCISION · texte numérisé non relu

LA CIRCONCISION

patris nostri Abrahae. i3 i<Jon enim per legem promissio Abrahae, aut semini ejas ut hères esset mundi : sed per jastltiam jidei. i4 Si enim qui ex lege, heredes sunt : exinanita est jides, abolita est promissio. is Lex enim iram operatur. Ubi enim non est lex : nec praevaricatio. i6 ideo ex fide, ut secundum gratiam firma sit promissio omni semini, non ei, qui ex lege est solum, sed et ei qui ex fide est Abrahae, qui pater est omnium nostrum, i^ (sicut scriptum est : Quia patrem multarum gentium posui te), ante Deum, cui credidit, qui vivificat mortuos, et vocat ea quae non sunt, tanquam ea quae sunt. is Qui contra spem in spem credidit, ut fieret pater multarum gentium secundum quod dictum est ei : Sic erit semen tuum. i9 Et non infirmatus est fide, nec consideravit corpus suum emortuum, cum jam fere centum esset annorum : et emortuam vulvam Sarae. 20 Jn repromissione etiam Dei non kaesitavit diffidentia, sed confortatus est fide, dans gloriam Deo : 21 plenissime sciens quia quaecumque promisit, potens est et facere. 22 jdeo et reputatum est illi ad justifiam.

En donnant ainsi à la justice précession historique sur la circoncision, Dieu montrait qu'elle en est indépendante, et avant même le partage de l'humanité en ses deux portions, judaïsme et gentilité, il assignait à la justice son caractère universel. C'est après avoir été revêtu de la justice de Dieu qu'Abraham a reçu dans sa chair le sceau de la circoncision, la marque extérieure de cette justice qui vient de la foi et était, en lui, antérieure à la circoncision. C'est en vain que le judaïsme revendique Abraham pour lui seul. En vertu de la disposition divine que nous venons de dire, Abraham, le père des croyants, appartient à tous les croyants. Il est le père de tous ceux qui dans la gentilité croient en Dieu, à son exemple, afin d'être revêtus, eux aussi, de la justice : ut reputetur et illis justifia, d'après le grec. En mêrhe temps, il est le père des Juifs, je le veux bien, à la condition toutefois qu'auprès de lui les Juifs se réclament non pas seulement et

matériellement de la circoncision, ce qui ne constituerait que la lignée charnelle, mais qu'ils soient jaloux d'être de sa postérité spirituelle, en marchant sur les traces de cette foi qui fut la sienne alors qu'il était encore de la gentilité.

Ainsi en Abraham ce ne sont pas les œuvres, ce n'est pas davantage la circoncision qui lui a valu la justice. Seraitce la loi ? car la circoncision était un précepte et comme une initiation de la loi. Nous savons déjà par l'épître aux Galates que la circoncision constituait un engagement à l'observation de toute la loi (Gai., V, 3). Nous avons vu pareillement (Gai., III, 15-20), et cela ressort d'une rapide comparaison des temps, que la loi n'a rien à voir avec les promesses spirituelles faites à Abraham. Ce n'est pas, à coup sûr, en tant que soumis au régime de la loi qu'Abraham a été divinement investi de la promesse. Lorsqu'une disposition même simplement humaine, par exemple un testament, disait l'Apôtre, se trouve confirmée par les garanties de droit, elle est hors d'atteinte ; elle devient immuable et les événements qui surviennent après coup ne sauraient en modifier la teneur. Il reste donc que la loi de Moïse, promulguée quatre cent trente ans après Abraham, n'a pu affecter un acte antérieur à elle.

Ce simple rapprochement de dates était très suffisant pour établir la thèse. Toutefois, dans l'épître aux Romains; saint Paul se place à un point de vue plus élevé : son dessein est maintenant de nous montrer, (ce que l'explication du chapitre III, 4, nous a fait pressentir déjà), qu'il y a conflit réel entre le régime de la loi et la condition de la promesse. Suivons l'Apôtre. Une promesse a été faite à Abraham (Gen., XII, 2, 3) : en lui, et en quelqu'un qui naîtra de sa postérité, seront bénies toutes les nations de la terre. De par l'investiture divine, il est l'héritier du monde, non pas seulement d'une façon symbolique, si la terre de Chanaan est regardée comme une image de la patrie céleste ; mais il est l'héritier du monde, parce qu'il est, pour le monde entier, le dépositaire de cette bénédiction substantielle en vue de laquelle le monde est tributaire d'Abraham. Et lorsque nous

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