‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 279 sur 663 · LA PAIX AVEC DIEU EN NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LA PAIX AVEC DIEU EN NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

Le terrain est maintenant déblayé. Il est constant que ce n'est pas un programme de justice qui se déroule ni dans le monde païen, ni dans le monde juif, mais bien plutôt un vaste programme d'iniquité, qui provoque la colère de Dieu (I, 18). Le programme de justice ne se réalise que par l'Evangile (I, 17), et moyennant la foi à Notre-Seigneur Jésus-Christ (III, 21). Et si l'Apôtre, après avoir solennellement énoncé la formule et le procédé de la justice surnaturelle, s'est interrompu un instant (IV), ce n'a été que pour écarter une objection, à première vue redoutable et même décisive, que l'adversaire empruntait à la justice d'Abraham. Désormais et jusqu'au chapitre IX exclusivement, il ne fera plus que décrire la glorieuse condition de la justice et les conséquences bénies de la vie surnaturelle puisée en Notre- Seigneur Jésus-Christ par la foi.

1 Justificati ergo ex fide, pacem habeamus ad Deum per Dominum nostrum Jesum Christum : 2 per quem et habemus accessum per fidem in gratiam istam, in qua stamus et gloriamur in spe gloriae filiorum Dei. 3 Non solum autem, sed et gloriamur in tribulationibus : scientes quod tribulatio patientiam operatur : 4 patientia autem probationem, probatio vero spem, s spes autem non confundit : quia charitas Dei diffusa est in cordibus nostris per Spiritum sanctum, qui datas est nobis. « Ut quid enim Christus, cum adhuc infirmi essemus secundum tempus pro. impiis mortuus est ? 7 Vix enim pro justo quis moritur : nam pro bono forsitan quis audeat mori. s Commendat autem charitatem suam Deus in nobis : quoniam cum adhuc peccatores essemus, secundum tempus, 9 Christus pro nobis mortuus est : multo igitur magis

nanc justificati in sanguine ipsius, salvi erimus ab ira per ipsum. 10 Si enim cum inimici essemus, reconciliati sumiis Deo per mortem filii ejus : malto magis reconciliati, salvi erimus in vita ipsius. n Non solum autem : sed et gloriamur in Deo per Dominum nostrum Jesum Christum, per quem nunc reconciliationem accepimus.

Le temps de la colère et de l'inimitié est fini, nous sommes aujourd'hui justifiés par la foi et notre insertion vitale en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Aussi l'attitude du chrétien estelle tout autre que l'attitude servile et tremblante de l'Ancien Testament. Hier, c'était l'heure de la faute non expiée, de l'hostilité, de la terreur et de l'effroi ; l'homme en avait conscience, et ne pouvait supporter l'approche de Dieu sans frémir : Morte moriemur, quia vidimus Deum, disait naïvement le père de Samson. Aujourd'hui la condition est bien différente, car nous prenons joyeusement conscience de la réconciliation accomplie, de la paix restituée entre Dieu et nous. (Le sens de la pensée ne change pas, soit que nous lisions pacem habemus, ou pacem habeamus ; mais il est mieux de donner à toute la phrase de l'Apôtre le sens de l'exhortation habeamus, et, aux versets 2 et 3, gloriemur). La paix règne entre Dieu et nous ; jouissons de cette paix que le Seigneur nous a conquise, et, que nous possédons par lui et en, lui. L'exposé de cette même doctrine se retrouve en l'épître aux Ephésiens (I, 3-15), avec cette nuance considérable pour le lecteur attentif, qu'ici c'est par le Seigneur, per Dominum, que nous avons la paix avec Dieu ; tandis que dans l'épître aux Ephésiens, c'est dans le Seigneur, in Christo, que nous recevons les bénédictions de Dieu. La justice surnaturelle, la paix où elle nous établit avec Dieu, ne nous viennent pas de notre fait, mais par Notre-Seigneur Jésus- Christ, mais en Notre-Seigneur Jésus-Christ, par sa médiation rédemptrice et moyennant notre adhésion à lui. C'est par lui que nous avons obtenu, iayy\Y.a.'^zv, accès à la grâce et à la faveur de Dieu qui nous a été rendue, et oii nous avons

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