CHAPITRE VII l'affranchissement de la loi
La justification ou la vie chrétienne est donc liberté. Elle est, en quelque sorte par définition, l'affranchissement du péché et de sa domination sur nous. Affranchissement de droit, à raison de ce que le baptême a détruit, à raison de ce que le baptême a édifié en nous : en effet, la vie adamique est morte, et nous sommes entrés en communion de la vie du Christ. Mais cet affranchissement doit être aussi notre fait : de gaieté de cœur et au mépris du bienfait de Dieu, le chrétien ne retournera pas à la condition d'esclave, il ne démentira pas la parole donnée, il ne reviendra pas à la honte des œuvres d'autrefois, il ne renoncera pas à la vie éternelle. Dans toute la communauté romaine il n'était aucun chrétien qui ne dût entendre cette doctrine : elle est universelle et actuelle encore aujourd'hui ; nous pouvons pourtant, sans témérité, penser que le chapitre VI visait surtout les convertis de la gentilité venus au christianisme après une préparation morale moindre que celle des Juifs. Du moins n'est-il aucunement douteux que la doctrine du chapitre VII s'adresse surtout aux Juifs convertis ; il est superflu d'en grouper ici les preuves : elles apparaîtront à la simple lecture du texte.
La justification ou la vie chrétienne est deux fois liberté : elle nous affranchit du péché (chapitre VI) ; elle nous affranchit de la loi et de son joug (chapitre VII).