FONCTION DE LA LOI
aatem accepta, peccafum per mandatum operatum est in me omnem concupiscentiam. Sine lege enim peccatum mortuum erat. ^ Ego autem vivebam sine lege aliquando. Sed cum venisset mandatum, peccatum revixit. ^o Ego autem mortuus sum : et inventum est mihi mandatum, quod erat ad vitam, hoc esse ad mortem. n Nam peccatum occasione accepta per mandatum, seduxit me, et per illud occidit. 12 Itaque lex quidem sancta, et mandatum sanctum, et justum, et bonum. 13 Quod ergo bonum est, mihi factum est mors ? Absit. Sed peccatum, ut appareat peccatum, per bonum operatum est mihi mortem : ut fiât supra modum peccans peccatum per mandatum. i* Scimus enim quia lex spiritualis est : ego autem carnalis sum venumdatus sub peccato. is Quod enim 0 per or, non intelligo ; non enim quod volo bonum, hoc ago : sed quod odi malum, illud facio. 16 Si autem quod nolo, illud jacio : consentio legi, quoniam bona est. i7 Nunc autem jam non ego operor illud, sed quod habitat in me peccatum.
L'Apôtre se fait à lui-même l'objection : Mais quoi ? La loi est-elle donc péché ? La loi est-elle coupable ? Non, répond-il ; mais enfin je n'ai connu le péché que par la loi. Je n'ai non plus appris à connaître la convoitise, qui est la racine et le principe du péché, que lorsque la loi m'a dit : Tu ne convoiteras pas, tu ne désireras pas ! Je ne savais le sens ni de la mort, ni de la convoitise : j'ignorais que mort et convoitise fussent l'indice du péché en moi.
Un peu de psychologie élémentaire est indispensable pour saisir en son entier la pensée de saint Paul. Il y a dans l'unité substantielle de la nature humaine dualité de composants : le corps et l'âme. C'est là ce qui constitue pour nous tout le problème moral. Si l'homme n'était qu'une unité, sa vie morale suivrait le tracé d'une ligne droite ; si l'homme était dualité simplement, et si les deux composants n'étaient que juxtaposés, non ramenés à l'unité, tous deux, suivant leurs voies respectives, iraient au bien vers lequel les porteraient leur affinité et leur désir. Le problème se complique
dès que les composants sont ramenés à l'unité, sans être transformés l'un dans l'autre, chacun d'eux conservant ses affinités propres : il y a en nous une vie animale, une intelligence ou connaissance animale, une volonté animale, une paix, une jouissance, une satisfaction animales ; de la même façon qu'il y a une vie spirituelle, une intelligence spirituelle, une volonté et une satisfaction spirituelles. Nous portons en nous deux ordres, deux directions ; il y a dualité dans notre unité même. Et pourtant l'unité doit reparaître dans la décision et dans l'action, qui est une, et qui engage tout l'ensemble de notre nature ; on n'agit pas simultanément dans deux directions.
Non seulement il y a en nous dualité, mais il y a conflit. Car chacune de ces deux vies cherche son bien, et les sollicitations sont divergentes, parce que les deux biens ne coïncident pas. Souvent même ils sont incompatibles, nous nous trouvons écartelés entre deux influences ; il faut donc choisir, et la moralité consisterait, sans aucun doute, à porter notre volonté, notre décision, notre action du côté du bien de valeur supérieure, le bien de ce qu'il y a de meilleur en nous.
Malheureusement le problème se complique encore, parce qu'il se trouve en moi non seulement dualité, non seulement conflit, mais de plus, hélas, déséquilibre. Je trouve en moi la triste prévalence du bien sensible et de la vie animale. Cette vie animale a été éveillée en moi' dès la première heure, ses appétits ont formé la condition de mon existence même^ ses exigences se sont manifestées de tout temps ; ses jouissances sont donc en moi les plus anciennes, les plus immédiates, les plus vivement ressenties. Longtemps elles ont été les seules, et le composé de ma nature humaine me fait une loi de ne recevoir que par la voie des sens eux-mêmes l'initiation à un monde intellectuel et supérieur. Dès lors, le déséquilibre est fatal, l'homme inclinera vers les joies accoutumées et les plus vives : « Il est vrai, je sens quelque chose en moi qui voudrait s'élever à Dieu, mais je sens aussitôt comme un poids de cupidités opposées qui. m'entraînent et