LE MIRACLE DE LA PENTECÔTE
I Et cum complerentur dies Pentecostes, erant omnespariter in eodem îoco : 2 et factus est repente de caelo sonus,tamquani advenientis spiritus vehementis, et replevit totanv domum ubi erant sedentes. s Et apparuerunt illis dispertitae linguae tamquam ignis, seditque supra singulos eorum : ^ et repleti sunt omnes Spiritu sancto, et coeperunt loqui variîs' l'mguis, prout Spiritus sanctus dabat eloqui illis.
On était arrivé à la soleiinité de la Pentecôte, fête des semaines ou des moissons (Deut., XVI, 9), qui se célébrait cinquante jours après l'offrande faite à Dieu des prémicesde la moisson de l'année (Levit., XXIII, 15). Il s'était écoulé cinquante jours, (-rcevTïixoc-Tr;) une semaine de semaines, depuis que le Seigneur était sorti du tombeau, prémice de la grande moisson des ressuscites (I Cor., XV, 23). Tous les^ disciples étaient réunis avec les apôtres autour de Notre- Dame, au Cénacle, lorsque soudain s'éleva un grand bruit comme d'un vent puissant qui, venant du ciel, secoua la maison oii ils étaient assemblés.
C'était un second Sinaï et la promulgation d'une loi nouvelle en ce même jour où, selon la tradition, avait été donnée, autrefois, la loi ancienne. Seulement, au lieu d'être gravée sur des tables de pierre, l'Esprit de Notre-Seigneur Jésus- Christ, qui présidait à la naissance de l'Eglise, gravait aujourd'hui la loi nouvelle sur le marbre vivant des cœurs chrétiens-
II apparut aux disciples réunis, sous la forme de langues:
de feu qui se reposèrent sur la tête de chacun d'eux. Ainsi s'accomplissait la promesse du Seigneur : Vos autem baptizabimini Spiritu sancto non post multos hos dies.
L'Esprit de Dieu leur fut donné pour achever l'éducation surnaturelle commencée par le Seigneur, pour les éclairer et les soutenir dans leur office apostolique et pour animer de son souffle l'Eglise naissante, le corps mystique du second Adam. C'était dans l'effusion de l'Esprit de Dieu et par le don des langues que se restituait l'unité primitive de l'humanité brisée au jour de la dispersion de Babel. Même ce don des langues devait survivre aux apôtres, nous en trouvons le témoignage dans saint Irénée (Adv. haereses, V, VI, 1), dans Tertullien (Adv. Marcionem, V, 8) et les Constitutions Apostoliques (VIII, 1).
5 Erant autem in Jérusalem habitantes fudaei, viri religiosi ex omni natione quae sub caelo est. 6 Fada autem hac voce convenu multitudo, et mente confusa est, quoniam audiebat unusquisque lingua sua itlos loquentes. ^ Stupebant autem omnes, et mirabantur dicentes : Nonne ecce omnes isti, qui loquuntur, Galilaei sunt, s et quomodo nos audivimus unusquisque linguam nostram, in qua nati sumus ? ^ Parthi, et Medi, et Aelamitae, et qui habitant Mesopotamiam, Judaeam, et Cappadociam, Pontum, et Asiam, '^^ Phrygiam, et Pamphyliam, Aegyptum, et partes Libyae, quae est circa Cyrenen, et advenae Romani, n Judaei quoque, et Proselyti, Crêtes, et Arabes : audivimus eos loquentes nostris linguis magnalia Dei. 12 Stupebant autem omnes, et mirabantur ad invicem dicentes : Quidnam vult hoc esse ? is Alii autem irridentes dicebant : Quia musto pleni sunt isti.
La fête de la Pentecôte était l'une des trois époques où la loi mosaïque invitait les Juifs à se rendre à Jérusalem. (Exod., XXIII, 16 ; XXXIV, 22-23 ; Levit., XXIII, 15-22 ; Num., XXVIII, 26-31 ; Deut., XVI, 9-12). Ce n'était pas seulement les habitants de la ville sainte, mais avec eux les