‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 302 sur 663 · LES GARANTIES DIVINES · texte numérisé non relu

LES GARANTIES DIVINES

celui qui est l'amour et la fidélité même a voulu se placer, par le caractère de la beauté qu'il a versée en nous, dans l'incapacité de renier son amour : Il nous a prédestinés à la ressemblance de son Fils, afin qu'il fût le premier-né de beaucoup de frères. Il n'y aura donc en nous, à raison de cette prédestination même, d'autre beauté que celle de son Fils unique. Vous semble-t-il que Dieu ait bien fait toutes choses ? Vous pouvez vous détourner de tout, mon Dieu, et rien au monde n'est capable de fixer votre regard. Vous pourriez absolument cesser d'aimer toute chose : mais Vous ne pouvez pas, même absolument pas cesser d'aimer votre Fils, Vous cesseriez alors d'être Père, et d'être Dieu. Respice in faciem Christi tui. Et la beauté que vous avez prédestinée à nos âmes dans votre dessein éternel, la beauté que vous avez versée dans nos âmes, au cours du temps, n'est pas un charme vague, une. beauté anonyme, c'est la ressemblance même de ce Fils unique en qui Vous avez laissé reposer toute votre tendresse.

Après ces moments d'intention qui datent de l'éternité, viennent dans le temps les moments d'exécution. Conformément à son dessein Dieu appelle ; Dieu justifie la créature qui lui répond, par l'effusion en elle de la beauté du Christ ; enfin Dieu glorifie ceux qu'il a justifiés. Il glorifie : c'est le dernier acte, qui comme les deux premiers est de l'éternité. Dans la pensée de l'Apôtre, ces actes divins sont tellement fermes et assurés qu'il parle au passé, même des actes qui ne sont pas accomplis encore, parce que tous ne font que traduire un programme de tendresse fixée au Cœur de Dieu à qui rien ne résiste ; comme si, au lieu d'être encore sur terre et dans la voie, nous étions déjà en possession de la gloire des enfants de Dieu. Après cela il n'y a plus rien à dire.

31 Quid ergo dicemus ad haec ? Si Deus prô nobis, quis contra nos ? 32 Qui etiam proprio Filio suo non pepercit, sed pro nobis omnibus tradidit illum : qaomodo non etiam cum illo omnia nobis donavit ? 33 Quis accusabit adversus electos

Dei ? Deus qui justificat, 34 quis est qui condemnet? Christus Jésus, qui mortuus est, immo qui et resurrexit, qui est ad dexteram Dei, qui etiam interpellât pro nobis.

Eh bien ! votre espérance est-elle suffisamment garantie? Votre héritage futur vous semble-t-il assuré ? Y a-t-il, dans cette série des actes de Dieu, rupture ou discontinuité ? Qui brisera cette chaîne ? Qui déchirera ce réseau ? Qui interceptera l'action toute-puissante ?

Néanmoins, dans une question qui les touche de si près, les âmes demeurent souvent craintives. Il est vrai, disent-elles, tout cet ensemble est solide et bien lié ; mais il reste que le bénéfice de ces actes de Dieu n'est assuré qu'à ceux qui aiment Dieu, diligentibus Deum. Et je crois que j'aime Dieu. Mais je ne le lui prouve pas toujours. Ma langue dit : oui. Mon cœur aussi ; ma vie parfois dit : non. Si j'aimais vraiment le Seigneur, y aurait-il dans ma vie des lenteurs, des délais et mille indélicatesses de détail ? Et dès lors, vous voyez mon inquiétude. Est-ce que je possède réellement la forme d'amour nécessaire pour être dans l'ordre du salut ? Vous me répondez : Aimez donc comme il faut ! C'est bien dit ; mais pourtant, si, au lieu de s'appuyer sur la base ruineuse et branlante de mon amour à moi, si la certitude des biens de l'éternité reposait pour moi, non sur mon amour, mais sur la réalité démontrée de l'amour de Dieu, cela vaudrait mieux pour moi. Ce serait la sécurité absolue. Alors, je n'aurais plus peur. — Non ? — Non.

Mais de cet amour de Dieu, vous doutez donc ? L'Apôtre ne vous a-t-il pas donné tout à l'heure l'assurance que l'amour de Dieu est premier, et que c'est en lui qu'a germé le vôtre ? — Je voudrais quand même une preuve, dans une question où il s'agit de tout pour moi. — Voici que l'Apôtre nous fournit cette preuve. Vous avez l'Ecriture. Vous vous rappelez le chapitre X2CII de la Genèse, et l'ordre donné à notre Père Abraham : Toile filium tuum unigenitum, quem diligis, Isaac, et vade in terram visionis, atque ibi offeres eum in

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