AMOUR DE DIEU POUR NOUS
Holocausfum saper unum montium quem monstravero tibi. Lorsque sans retard, sans une plainte, sur une parole de Dieu, il s'en allait sacrifier le fils unique, le fils aimé, le fils de la promesse, vous semble-t-il qu'Abraham aimait Dieu ? Est-ce vraiment aimer Dieu que prendre ainsi notre cœur dans notre poitrine et le donner à Dieu pour en faire ce qu'il voudra ? Oui, il semble que cela soit vraiment aimer, et Dieu lui-même l'a jugé ainsi.
Et maintenant regardez. Dieu a un Fils unique, un Fils aimé : Il n'aime que Lui. Toutes ses complaisances sont en Lui. Il l'a livré pour nous, il a laissé le sacrifice s'accomplir. Il ne s'est pas trouvé de victime substituée à ce nouvel Isaac. Vous désiriez que l'œuvre de votre salut fût garantie par l'amour de Dieu : êtes-vous satisfait ? Vous semble-t-il que Dieu aime sérieusement ? Comme gage, Dieu pouvait-il vous donner plus que Dieu lui-même ? Et dans son Fils, avec son Fils, ne nous a-t-il pas tout donné ? Ne nous donnera-t-il pas (yap'lo-eTa'.) toute chose en lui ? Quelle garantie de surcroît peut-on exiger après une telle garantie ? Et que reste-t-il à l'âme, si ce n'est de dire adieu à toute anxiété, de fermer les yeux, et de s'abandonner au cœur de Dieu ? Ah ! que notre âme doit être à l'aise entre ses mains toutes-puissantes ! Ce qui fait ma sécurité, mon Dieu, c'est Vous. De Vous j'aime tout, j'aime votre beauté et votre tendresse, j'aime votre pureté et votre vérité, j'aime votre justice. Mon âme est joyeuse, confiante, assurée. Assurée en Vous. Je suis tranquille, parce que c'est devant Vous que je paraîtrai, devant Vous qui aimez vraiment, et jusqu'à Vous donner Vousmême.
Car enfin, dit l'Apôtre, qui donc s'élèvera au jugement, et qui prendra la parole contre les élus de Dieu ? Sera-ce Dieu, Dieu qui les justifie ? Et après s'être coijiplu à verser dans l'âme de ses élus la beauté de son Fils, après nous avoir donné en son Fils toute richesse surnaturelle ;- à cette heure suprême où il va recueillir îè fruit du sang versé et le bénéfice de son travail du temps et de l'éternité. Dieu s'élèvera-
t-il contre ses justifiés et ses aimés, se fera-t-il leur accusateur ? — (Rien ne s'oppose, au lieu de la forme interrogative, à donner le sens d'une réponse affirmative au court passage : Deus, qui jusUjicat).
Et contre ces mêmes élus, qui donc prononcera une sentence de condamnation ? Eh quoi ! Jésus-Christ lui-même, mort pour leurs péchés, ressuscité pour leur justification, monté aux cieux pour leur préparer une place, assis à la droite de Dieu où il a porté la nature humaine et où il ne cesse d'intercéder pour nous ? Est-ce que Dieu travaille contre lui-même ? est-il divisé, comme les royaumes destinés à périr ? C'est Notre-Seigneur Jésus-Christ qui prononcera la sentence : est-il possible qu'une émotion d'espérance ne fasse tressaillir tout notre être, à la pensée de paraître devant le Seigneur et de sentir que le sort de notre âme, de notre éternité, est remis à ses mains à Lui ? Qu'est-ce que pouvait faire de plus Dieu lui-même pour nous établir dans l'espérance, dans la confiance humble et surnaturelle ?
Voyez : la création est pour les élus de Dieu, les anges aussi, les élus ne s'abandonnent pas, et l'Esprit de Dieu aide leur prière. Dieu lui-même a affirmé cinq fois dans sa vie divine sa bienveillance pour ses élus, il nous a donné la preuve d'un amour tel qu'il n'en existe pas au monde. Et comme pour nous faire de la confiance une nécessité, comme pour témoigner que notre salut est œuvre gracieuse, il a voulu que la vocation première et la persévérance qui couronne fussent en sa main ! Nous sommes prisonniers de sa charité, à jamais.
35 Quis ergo nos separabit a charitate Christi ? tribulatio ? an aagustia ? an famés ? an nuditas ? an periculum ? an persecutio ? an gladius .? 36 (Sicut scriptum est : Quia propter te mortificamur tota die : aestimati sumus sicut oves occisionis). 37 Sed in his omnibus superamus propter eum, qui dilexit nos. 38 Certus sum enim quia neque mors, neque vita, neque angeli, neque principatas, neque virtutes, neque