AMOUR DE DIEU POUR NOUS
instantia, neqae jutura, neque fortitado, 39 neque altitudo, neque profundum, neqae creatura alla poterit nos separare a charitate Dei, quae est in Christo Jesu Domino nostro.
C'est la conclusion triomphante de tout ce qui a précédé. Nous sommes les enfants de Dieu et ses héritiers. Dieu nous aime. Car l'amour dont il est parlé au verset 35, charitate Christi, au verset 37, qui dilexit nos, au verset 39, charitate Dei, quae est in Christo Jesu, c'est déterminément l'amour de Dieu pour nous, la cause éternelle de notre salut. Qui nous arrachera à l'étreinte divine ? Qui nous fera échapper à cet amour triomphant et vainqueur de tout ? On dirait que l'Apôtre fait passer successivement devant lui d'abord les événements pénibles ou douloureux capables d'atteindre notre vie (verset 35), puis (versets 38 et 39) toutes les puissances créées qui voudraient nous séparer de Dieu, afin de défier tout ce qui peut venir : la tribulation qui nous écrase, l'angoisse qui nous déchire, la faim, le froid, les périls de toute sorte, le glaive, tout ce à quoi peut être exposée la vie du chrétien, la vie surtout de l'Apôtre — : Car nous sommes ceux de qui parle le Psalmiste : A cause de Dieu, nous sommes voués et exposés à la mort chaque jour ; chacun nous regarde, et à bon droit, comme des brebis destinées à la boucherie. C'est pour Dieu, propter te. N'est-ce- pas un honneur d'être maltraités, de n'être maltraités que parce que nous sommes à lui ? Aussi est-ce en souriant que nous triomphons ( 'j7C£pv!,xo)jji.£v ) de toutes ces épreuves.
Les tribunes déclament, les journaux s'irritent, les hommes s'échauffent, brandissent des armes qu'ils croient terribles ; mais l'âme des chrétiens n'est même plus atteinte par ces vieux procédés. Le diable ne parvient plus à faire illusion, ni à faire peur. Ah ! le pauvre ! le chétif ! l'éternel vaincu ! Il faudrait trouver autre chose. Il faudrait descendre au fond des âmes chrétiennes et rompre, au prix d'un effort vigoureux le lien d'amour qui les unit à Dieu ; non pas seulement l'amour créé qui est né en elles, mais l'amour de Dieu pour
elles. C'est là un travail qui défie toutes les forces créées, quelles qu'elles soient. La conviction de saint Paul est assurée : Ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni le présent, ni l'avenir, ni les puissances, ni les vertus d'en haut, ni celles d'en bas, en un mot rien de créé ne pourra arracher à Dieu ceux qui sont unis à Jésus-Christ et que Dieu aime en lui.