CHÂTIMENT DE L'INFIDÉLITÉ
même .dans l'Eglise, la durée n'est assurée qu'à la fidélité. Nul peuple, nulle société particulière, n'est nécessaire à Dieu. Lors donc que les instruments, antérieurement utiles, se dérobent à lui et trahissent leur mission. Dieu patiente ; si l'infidélité s'obstine, Dieu délaisse : et plus il a aimé, plus l'abandon est terrible. Il n'y a pas de plus dure réprobation que celle prononcée par l'amour méprisé.
On pourrait commenter longuement cette assertion ; l'histoire tout entière est une trame continue où se montrent à la fois et l'amour et la patience et la souveraine liberté de Dieu : peuples, institutions, congrégations, monastères ne durent qu'à la condition de le servir et de se tenir unis à sa volonté. Même ce devoir est d'autant plus rigoureux que le Seigneur a témoigné plus de tendresse ; son amour élève notre responsabilité. — Mais il faut finir ces préliminaires. Du moins reconnaissons-nous le problème très précis que discute l'Apôtre, et voyons-nous se dessiner le rapport des trois chapitres suivants avec ceux qui ont précédé, et spécialement avec la conclusion du chapitre VIII. Comment peut-on trouver près de Dieu tant de sécurité, lorsque le peuple juif, le peuple choisi de Dieu, a été victime d'une si fatale déchéance ? Il n'est pas contesté que les discussions théologiques, en la matière de la prédestination ou de la réprobation, puissent user légitimement, et en vertu de l'analogie, de l'un ou l'autre des principes énoncés au cours de ces chapitres ; encore est-il requis de procéder avec mesure en se souvenant toujours que saint Paul songe à la condition religieuse de tout un peuple, non au salut personnel de chacun.