‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 31 sur 663 · LA CONVERSION DE SAINT PAUL · texte numérisé non relu

LA CONVERSION DE SAINT PAUL

1 Saulus autem adhuc spirans minarum, et caedis in discipulos Domîni, accessit ad principem sacerdotum, 2 et petiit ab eo epistolas in Damascum ad synagogas : ut si qaos invenisset hujus viae viros, ac mulieres, vinctos perdaceret in Jérusalem.

Le christianisme a commencé à Jérusalem ; puis, la persécution aidant, il s'est répandu dans la Judée, la Samarie et le sud de la Palestine. Nous ne nous étonnerons pas de le trouver dans le nord de la Palestine, en Galilée, dans la direction de Damas et d'Antioche, oii le mouvement de la vie juive devait le porter de préférence. Il y était constitué déjà par des communautés naissantes. Le Sanhédrin ne se serait pas préoccupé de quelques rares conversions, accomplies si loin de lui, et peut-être même eût-il pris son parti de cette diffusion extérieure, s'il n'avait été tenu en haleine par un homme d'une activité emportée et violente, que nous avons rencontré déjà lors du martyre de saint Etienne. Il était né à Tarse en Cilicie de parents juifs, appartenant à la tribu de Benjamin et demeurés, même dans la dispersion, très attachés au mosaïsme. Saul était de sept ou huit ans plus jeune que le Seigneur.

La ville de Tarse était la capitale de la Cilicie ; la reconnaissance d'Antoine et d'Auguste lui avait donné les privi-

lèges de la libéra civitas et, à ses habitants, le titre et les droits de citoyens romains. Les conditions de sa naissance et de sa province initièrent Saul, dès la première heure de sa vie, à la double influence de l'hellénisme et du judaïsme : il savait le grec et l'hébreu. De bonne heure il vint à Jérusalem pour étudier aux pieds de Gamaliel.

Il fut pharisien, pharisien acharné. L'esprit de mesure et de sage modération de son maître ne parvint pas à tempérer l'ardeur excessive de son âme : proficiebam in Judaismo supra multos coaetaneos meos in génère meo, abundantiiis aemulator existens paternarum mearum iraditionum (Gai., I, 14). Il s'éleva contre le christianisme avec toute la fougue de sa nature violente et le poursuivit comme un ennemi, par les mauvais traitements, .la prison et la mort même. Le martyre de saint Etienne ne l'avait nullement apaisé : il ne respirait toujours que menace et que meurtre. En cette année 790 de Rome, 37 de Notre-Seigneur Jésus-Christ, comme nous le supposons, il y eut successivement à Jérusalem trois souverains pontifes : Caïphe, que nous connaissons, fut déposé par Vitellius, gouverneur de Syrie, et remplacé à Pâques par Jonathan, à la Pentecôte par Théophile : tous deux étaient fils d'Anne ou Ananus, le beau-père de Caïphe. La haine dijs chrétiens était héréditaire dans cette famille, qui avait trempé dans le déicide ; Saul n'eut pas de peine, sans doute, à obtenir auprès de telles autorités tous les pouvoirs écrits dont il avait besoin pour charger de chaînes et amener à Jérusalem, comme renégats, tous les chrétiens qu'il découvrirait.

Mais n'était-ce pas pour le Sanhédrin un double abus de pouvoir que de déléguer le droit d'incarcérer et de mettre à mort, et prétendre exercer ces mêmes droits au delà des limites de sa juridiction, Damas étant la capitale de la Syrie et échappant dès lors au ressort de Jérusalem ? Nous l'avons dit déjà, à l'avènement de Caligula, le Sanhédrin avait reconquis une partie de son pouvoir politique, en particulier ce droit du glaive dont il avait été dessaisi par l'occupation romaine et dont il usait en matière religieuse, selon les près-

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