‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 310 sur 663 · PRIVILÈGES INCONTESTABLES · texte numérisé non relu

PRIVILÈGES INCONTESTABLES

le prétendu achèvement de perfection qui ferait dire à Dieu : « Je vous aime tant, mon Dieu, que je ne tiens pas à Vous ! » La prière audacieuse et hyperbolique de l'Apôtre naissait de sa charité pour ses frères ; à ses yeux, le Seigneur eût obtenu une large compensation de l'anathème prononcé contre Paul,. dans le salut de tout un peuple.

On croirait entendre dans ces versets un écho de l'intervention de l'Apôtre auprès de Dieu. Ils sont Israélites, fils des patriarches et, dès lors, la première noblesse du monde ; plus que cela, ils sont par adoption les enfants de Dieu: Filius meus primo geniius Israël (Ex., IV, 22) ; c'est à eux qu'appartient la gloire, c'est-à-dire" la présence de Dieu dans le Temple ; à eux les alliances, souvent renouvelées, de Dieu avec son peuple ; à eux la religion, la forme authentique de l'adoration et du culte rendu à Dieu ; à eux les promesses et cet idéal messianique dont le peuple juif a été, avec l'affirmation de l'unité divine, le vivant témoignage dans le monde ancien ; à eux les patriarches, si aimés de Dieu qu'il s'est paré de leur nom comme d'un titre de noblesse ; enfin, ce qui leur est une gloire unique, c'est de leur sang qu'est né le Christ selon la chair ; celui-là même qui possède une autre naissance ; car il est Dieu « le Dieu souverain, le Dieu béni dans tous les siècles. Amen ». Ceci est la dignité suprême ; n'était-il pas naturel que l'arbre qui avait porté un tel fruit ne dût jamais mourir ?

Il est mort pourtant, puisqu'il s'est séparé de Dieu ; et peu d'années s'écouleront avant la destruction de son Temple et la dispersion sans lendemain. N'en accusons pas Dieu, ni n'en prenons prétexte pour croire que Dieu manque de parole, ou que l'amour infini ne nous établit pas dans la sécurité surnaturelle promise au chapitre précédent.

6 Non autem quod exciderit verbum Dei. Non enïm omnes qui ex Israël sunt, ii sunt Israelitae : ^ neque qui semen sunt Abrahae, omnes filii : sed in Isaac vocabitur tibi semen ; ^ id est, non qui filii carnis, hi filii Dei : sed qui filii sunt

promissionis, aestimantur in semine. ^ Promissionis enim verbum hoc est : Secundum hoc tempus veniam : et erit Sarae filius. 10 Non solum autem illa : sed et Rebecca ex uno concubitu habens, Isaac patris nostri. n Cum enim nondam nati fuissent, aut aliquid boni egissent, aut mali, (ut secundum electionem propositum Dei maneret), 12 non ex operibus, sed ex vacante dictum est ei : Quia major serviet minori,

13 sicut scriptum est : Jacob dilexi, Esau autem odio Habui.

14 Quid ergo dicemus ? Numquid iniquitas apud Deum ? Absit. 15 Moysi enim dicit : Miserebor cujus misereor : et misericordiam praestabo cujus miserebor. is Igitar non volentis, neque currentis, sed miserentis est Dei. ^'^ Dicit enim Scriptura Pharaoni : Quia in hoc ipsum excitavi te, ut ostendam in te virtutem meam : et ut annuntietur nomen meum in universa terra, is Ergo cujus vult miseretur, et quem vult indurat.

Le plaidoyer de l'Apôtre commence. Son premier souci est de montrer que Dieu n'a pas failli à sa parole, ni trahi sa promesse. Sans doute, il y a eu une promesse de Dieu faite à Abraham, à Isaac, à Jacob, à leur postérité; mais Israël, qui est-ce réellement ? Tous ceux qui sont nés des patriarches ? Evidemment non. Les transfuges, les déserteurs, les rois impies, Coré, Dathan, Abiron, les idolâtres, n'en sont pas. Ils ne sont pas Israël, et la promesse de Dieu n'est pas pour eux. Ils sont nés d'Israël, ils ne sont pas l'Israël de Dieu (Gai., VI, 16). Dieu ne saurait être redevable envers ses ennemis ; il n'est tenu que selon les termes et le sens de sa promesse. De même ne peuvent être considérés comme fils et héritiers tous ceux qui sont nés d'Abraham : Ismaël et les fils de Cétura ne sont pas de l'Alliance. Il faut donc reconnaître parmi les fils d'Abraham ceux à qui le Seigneur a destiné sa. bénédiction. Car enfin. Dieu traite avec qui il veut, et sa promesse ne l'engage qu'envers celui à qui il promet. Or nous savons par la Genèse (XXI, 12) que, lorsque ^braiîam conçut du chagrin de la sentence d'exil prise contre Agar

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