‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 319 sur 663 · LA FOI SE SUBSTITUE A LA LOI · texte numérisé non relu

LA FOI SE SUBSTITUE A LA LOI

âmes vers lui, qu'elle est ordonnée vers le Christ, et qu'au fond, l'acharnement des juifs pour la loi n'est que la méconnaissance aveugle du caractère divin et de l'intention de la loi. L'eTcîyvwffi;, la vraie science consisterait à regarder le temps de la loi comme un noviciat qui préparait à Jésus- Christ toute l'humanité, — la g^ntilité moyennant l'expérience de sa faiblesse, le judaïsme par la mesure de lumière qu'il avait reçue de Dieu, — afin qu'à l'avènement du Christ, tout homme, sans distinction, s'unît à lui^ar la foi et fût sauvé par lui, en lui. Dans l'intention de Dieu, la loi guidait au Christ, puis s'éhminait d'elle-même le jour où le bienfait de la justice était offert à tout croyant (Gai., IV, 1-6).

5 Moyses etiim scripsit, quoniam justitiam, quae ex lege est, qui fecerit homo, vivet in ea. 6 Quae autem ex fide est justitia, sic dicif : Ne dixeris in corde tuo : quis ascendet in caelum ? id est, Christum deducere : ^ Aut quis descendet in abyssum ? hoc est, Christum a mortuis revocare. s Sed quid dicif Scripfura ? Prope est verbum in ore tuo, et in corde tuo : hoc est verbum fidei, quod praedicamus. 9 Quia si confitearis in ore tuo Dominum Jesum, et in corde tuo credideris quod Deus illum suscitavit a mortuis, salvus eris. lo Corde enim creditur ad justitiam : ore autem confessio fit ad salutem. 11 Dicit enim Scriptura : Omnis, qui crédit in illum, non confundetar. 12 j\jon enim est distinctio Judaei, et Graeci : nam idem Dominus omnium, dives in omnes, qui invocant illum. 13 Omnis enim, quicumque invocaverit nomen Domini, salvus erit.

Il eût été facile à l'Apôtre de montrer que cette loi dont les Juifs se font les chevaliers servants, ils ne l'ont pas observée ; mais plutôt que de revenir à une démonstration fournie déjà au chapitre II, il trouve plus opportun d'opposer Tune à l'autre les deux justices, leurs caractères distinctifs, et les procédés de l'une et de l'autre : ainsi mettra-t-il en pleine lumière l'illusion juive, et le tort inexcusable d'Israël

de s'en tenir obstinément à la justice de la loi. Quel est donc le caractère si attrayant de cette justice de la loi, pour que les âmes s'y attachent désespérément ? Il a été dessiné par la loi elle-même : le procédé de cette justice est difficile, compliqué, pénible (Lev., XVIII, 5 ; Ezech., XX, 1 1 ; Gai., III, 10, 11, 12). C'est une justice d'effort, une justice malaisée, et, au jugement de saint Pierre lui-même, dépassant nos forces (Act, XV, 10). Justice impuissante, puisqu'elle ne nous transforme pas, justice dont on ne peut porter le fardeau, justice limitée et étroite : car combien peuvent se flatter de l'avoir atteinte ?

Voici maintenant, en face de cette justice, le dessin de la justice qui vient de Dieu et de son Christ, la justice que l'Evangile apporte au monde ; la description nous en est donnée par le même Moïse, au chapitre XXX du Deutéronome (versets 12 et 13). Le procédé, ici, est tout différent, simple, ..doux, gracieux, à la portée de tous, au point qu'il est deux fois inexplicable qu'Israël se soit détourné de lui pour demeurer fidèle à sa justice, maussade. (Nous ne sommes pas obligés de trouver dans les paroles du Deutéronome (loc.cit.), non plus que dans les textes parallèles des Proverbes (XXX, 4), de Baruch (III, 29), d'Amos (IX, 2), ou du Psaume CXXXVIII, une prophétie de la justice chrétienne; mais seulement une formule presque proverbiale, recueillie par l'Apôtre afin de décrire, avec des termes familiers aux Juifs, le caractère de la justice évangélique écartée par Israël.) Pour être juste, de cette justice qui nous vient non de nous, mais de Dieu, il ne faut qu'être en communion avec Notre-Seigneur Jésus-Christ : Ex ipso, (car c'est le fait de Dieu) vos estis in Christo Jesu, qui factus est nobis sapientia a Deo, et justifia, et sanctificatio, et redemptio (I Cor., I, 30). C'est une justice aimable. C'est un fruit mûr qui s'offre à nous : nous n'avons qu'à étendre la main pour le cueillir. Nous n'avons aucunement à nous demander avec anxiété, aux termes du proverbe accoutumé : Qui montera pour nous au ciel pour l'en faire descendre ? il est descendu et de lui-

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