‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 320 sur 663 · LA JUSTICE CHRÉTIENNE EST UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

LA JUSTICE CHRÉTIENNE EST UNIVERSELLE

même : Exinanivit semetipsum. Qui descendra aux enfers^ pour l'en faire sortir ? Mais il en est sorti, ressuscité par la vertu de Dieu. Cette justice n'est donc ni si haut ni si loin que nous ne puissions l'atteindre ; mais selon la parole de Dieu (Deut, XXX, 14), elle est près de nous, à portée de nos lèvres, à portée de notre cœur. Nous n'avons qu'à vouloir et à dire, à vouloir et à croire dans notre cœur, à dire et à professer de nos lèvres notre croyance à la parole de Dieu apportée par les messagers de Dieu.

Est-il un procédé plus simple et plus gracieux que celuilà, et par quel aveuglement Israël lui a-t-il préféré les intolérables exigences de la loi ? Professer de bouche le Seigneur Jésus, c'est-à-dire reconnaître hautement que Jésus est le Seigneur, et, de cœur, croire que Dieu l'a réveillé d'entre les morts, il ne faut que cela pour être sauvé. Car c'est par la foi que Dieu purifie nos cœurs, et nous rend justes devant lui ; c'est par elle que nous communions à la vie du Seigneur. 11 ne reste plus après cela, pour le salut, qu'à confesser de bouche et par nos œuvres ce que nous croyons. Et l'Ecriture, en une brève formule, résume pour nous le double avantage de cette justice évangélique ; elle est douce et gracieuse, nous le savons déjà ; elle est universelle, et offerte à tout homme quel qu'il soit. « Tout homme qui croira en lui. Dieu le reconnaîtra pour juste, et il ne sera pas confondu » (Isai., XXVIIÏ, 16). Il n'aura pas cru en vain en Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Douceur et universalité, telles sont donc les conditions de la justice qui vient de Dieu. « Tout homme qui croira en lui », dit l'Apôtre. Dorénavant l'humanité est une devant Dieu. Nous le savons déjà par l'épître aux Galates (III, 27, 28), et cette même doctrine trouvera son expression définitive dans l'épître aux . Ephésiens (II, 11-22),^ maintenant il n'existe plus devant Dieu et sa Providence surnaturelle de distinction entre le Juif et le Grec ; toutes les barrières d'autrefois sont abaissées, l'unique Seigneur de toutes choses, ou mieux de tous les hommes (III, 29, 30),-

verse les trésors de sa richesse et de sa bonté sur tous ceux qui se réclament de lui et sur qui son nom a été invoqué. Toute l'humanité est désormais recueillie et ramenée à l'unité en Notre-Seigneur Jésus-Christ. C'est comme s'il n'y avait plus au monde, au lieu de l'Adam d'autrefois, qu'un seul homme, un seul vivant, répandant sur tous sa vie avec abondance, parce qu'il est source, parce qu'il est plénitude, et que ses effusions ne l'appauvrissent pas. Car si la vie surnaturelle peut être considérée légitimement sous la forme d'une richesse divine reçue en nous, il est peut-être plus exact encore de la regarder comme une richesse dont nous jouissons dans sa plénitude ouverte, accueillis que nous sommes en elle, et sans en rien distraire. Il y a donc en Notre-Seigneur Jésus-Christ, sans distinction ni division, accès et place pour tous, Juifs, Grecs et Barbares ; le Seigneur a réconcilié toute l'humanité en l'appelant à une même noblesse, et tout homme sur qui aura été invoqué le nom du Seigneur, tout homme qui, comme chrétien, portera le nom du Seigneur et sera comme enveloppé en lui, sera sauvé.

Après avoir montré la facilité de la justice surnaturelle, qui rend inexcusable Israël de ne l'avoir pas accueillie, saint Paul insiste avec force sur le caractère d'universalité de cette même justice, offerte à tous. Hélas ! c'était précisément cette universalité de la justice surnaturelle, nivelant tous les privilèges antérieurs dans une même grandeur commune, qui avait étonné, puis scandalisé et irrité Israël. Aussi l'adversaire de l'Apôtre s'élève-t-il avec énergie contre l'idée d'une justice qui pour lui n'est que promiscuité.

14 Quomodo ergo invocabunt, in quem non crediderunt ? Aut quomodo credent ei, quem non audierunt ? Quomodo- autem audient sine praedicante ? is Quomodo vero praedicabunt nisi mittantur ? sicut scriptum est : Quam speciosi pedes evangelizantium pacem, evangelizantium bona ! le Sed non omnes obediunt Evangelio. Isaias enim dicit : Domine quis credidit auditui nostro ? i7 Ergo fides ex auditu, auditus

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