‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 325 sur 663 · LES COMPENSATIONS · texte numérisé non relu

LES COMPENSATIONS

Mais enfin il existe une réserve de Dieu, et la déchéance n'est pas universelle. Et en invoquant son exemple, l'Apôtre saint Paul a démontré clairement que, seules, la grâce et la miséricorde étaient intervenues, non les mérites de l'homme : alioquin gratia jam non est gratia.

11 Dico ergo : Numquid sic offenderunf ut caderènt ? Absit. Sed illomm delicto, salas est Gentibus ut illos aemulentur. 12 Qaod si delictum illomm divitiae sunt mundi, et diminutio eorum divitiae Gentium : quanto magis plenitudo eorum ? is Vobis enim dico Gentibus : Quamdiu quidem ego. sum Gentium Apostolus, ministerium meum honorificabo, 14 si quomodo ad aemulandum provocem carnem meam, et salvos faciam aliquos ex illis. is Si enim amissio eorum, reconciliatio est mundi : quae assumptio, nisi vita ex mortuis ? 16 Quod si delibatio sancta est, et massa : et si radix sancta, et rami. i7 Quod si aliqui ex ramis fracti sunt, tu autem cum oleaster esses, insertus es in illis, et socius radiais, et pinguedinis olivae factus es> is noli gloriari adversus ramos. Quod si gloriaris : non tu radicem portas, sed radix te. i9 Dîces ergo : Fracti sunt rami ut ego inserar. 20 Bene : propter incredalitatem fracti sunt. Tu autem fide stas : noli altum saper e, sed time. 21 Si enim Deus naturalibus ramis non pepercit : ne forte nec tibi parcat. 22 Vide ergo bonitatem, et severitatem Dei : in eos quidem, qui ceciderunt, severitatem : in te autem bonitatem Dei, si permanseris in bonitate, alioquin et tu excideris. 23 Sed et illi, si non permanserint in incredulitate, inserentur : potens est enim Deus iterum inserere illos. 24 Nam si tu ex naturali excisus es oleastro, et contra naturam insertus es in bonam olivam : quanto magis ii, qui secundum naturam, inserentur saae olivae ?

Dans leur aveuglement, ils se sont durement heurtés à la pierre prédestinée, et leur chute a été violente. En les abandonnant à leur sens réprouvé, en nous intimant ainsi le devoir de la docilité absolue, Dieu qui a permis leur chute, ne

l'a-t-il permise que pour se défaire d'eux ? N'a-t-il eu d'autre dessein, dans leur chute, que leur chute même ? Dieu n'est pas cruel : il ne crée pas la souffrance pour la souffrance. De toute épreuve il fait sortir la félicité ; de toute mort, la vie ; du Calvaire, la vie du monde ; comment se bornerait-il à procurer la chute de son peuple ? Non, cette chute est compensée : la revanche de Dieu est immédiate ; le privilège religieux que perdent les Juifs^ le salut dont ils ne veulent pas, deviennent aussitôt la richesse de la gentilité, c'est-à-dire de l'humanité tout entière. Même la justice de Dieu est toute trempée de miséricorde. Dans la disposition divine qui permet la déchéance de son peuple, nous voyons s'exercer la charité de Dieu pour la gentilité, vers qui se porteront les apôtres, méconnus et repoussés par Israël ; mais aussi la charité de Dieu envers le peuple juif, à qui le Seigneur songe encore, alors même qu'il semble se détourner de lui. Car accueillir la gentilité avec tendresse, verser tout son amour dans des cœurs non préparés, appeler son peuple ce qui n'était pas son peuple, son peuple aimé celui qu'il semblait avoir négligé jusque là, c'était encore dans l'espoir de créer au cœur de l'épouse délaissée un regret du passé, un retour en arrière, une sainte jalousie. Et c'est grâce à ce procédé divin, que le Seigneur aura double revanche : le salut des Gentils, et, dans le salut des Gentils, le salut final des Juifs que le Seigneur prépare amoureusement. Cette conversion dernière sera l'aurore d'une époque splendide ; car, dit l'Apôtre en son pressentiment d'un glorieux avenir, si. la faillite des Juifs a enrichi le monde, si leur déchéance a fait le bonheur des nations, si avec ce qui leur a été retiré la gentilité a été comblée, que ne doit-on pas attendre de leur réadmission universelle ?

Mais l'Apôtre n'achève pas : il s'arrête devant la perspective entrevue, sauf à y revenir encore au verset 15 et au verset 25. Pour le moment il lui suffit d'avoir observé que la déchéance du peuple juif, non seulement n'est pas universelle, mais qu'elle entraîne un immense dédommagement : la con-

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