‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 328 sur 663 · LA CONVERSION D'ISRAËL · texte numérisé non relu

LA CONVERSION D'ISRAËL

gère ; tandis que le Seigneur n'aura qu'à laisser aux lois ordinaires leur libre cours, lorsqu'il s'agira de restituer les Juifs, aujourd'hui déchus, à la souche bénie, à laquelle ils appartiennent de naissance.

Le leçon d'humilité est donnée d'une main très sûre, La déchéance des Juifs est compensée ; et ceux qui entrent, auprès de Dieu, en compensation de cette déchéance sont avertis des conditions de leur persévérance, comme aussi du péril de s'élever contre des rivaux, momentanément écartés sans doute, mais que le Seigneur peut à toute heure rappeler à lui. Encore la gentilité pouvait-elle esquiver cette forte leçon, en répliquant que cette conversion des Juifs était une simple hypothèse, un événement n'appartenant qu'à l'ordre du possible. Aussi l'Apôtre n'estimera-t-il sa mise au point complète, que lorsqu'il aura montré que la déchéance juive, qui n'est ni universelle ni sans compensation, n'est pas non plus définitive, et qu'un jour viendra où la main de Dieu s'étendra pour recueillir et ramener son peuple.

25 Nolo enim vos ignorare, fratres, mysterium hoc : (ut non sitis vobisipsis sapientes) quia caecitas ex parte contigit in Israël, donec plénitude Gentium intraret, 26 et sic omnis Israël salvus fieret, sicut scriptum est : Veniet ex Sion, qui eripiat, et avertat impietatem a Jacob. 27 Et hoc illis a me testamentum, cum abstulero peccata eorum. 28 Secundum Evangelium quidem, inimici propter vos : secundum electioneni autem, charissimi propter patres. 29 Sine poenitentia enim sunt dona, et vocatio Dei. 3o Sicut enim aliquando et vos non credidistis Deo, nunc autem misecordiam consecuti estis propter incredulitatem illorum : si ita et isfi nunc non crediderunt in vestram misericordiam : ut et ipsi misericordiam consequantur. 32 Conclusit enim Deus omnia in incredulitate: ut omnium misereatur.

Ce n'est donc pas seulement une hypothèse, imaginée afin de maintenir les Gentils dans l'humilité ; c'est une dis-

position divine, c'est une réalité historique future que le Seigneur a révélée à l'Apôtre. A son tour il en parle aux Gentils, afin que, au lieu d'être sages en eux-mêmes, c'està-dire au lieu de rapporter à eux-mêmes leur élection et leur salut, ils ne voient en l'une et l'autre que le bienfait de Dieu, En effet, l'endurcissement de l'ancien Israël 4ti'a été permis de Dieu que dans un dessein défini et pour un temps ; jusqu'à ce que la plénitude des nations soit entrée dans l'Eglise. Une fois cette condition réalisée, Dieu se retournera vers son peuple ; Israël sera sauvé à son tour, et le salut qui est sorti de Sion, le salut qui est né en Israël refluera vers sa source. Ainsi s'accomplira la prophétie d'Isaïe (LIX, 20 et XXVII, 9) : « C'est de Sion que viendra et le salut, et celui qui purifiera Israël de ses iniquités ». C'est un cercle que Dieu trace autour de l'humanité ; le point d'où il part est celui-là même auquel il aboutira finalement. Alors la vie surnaturelle sera répandue avec une splendeur inconnue (Jerem., XXXI, 31-35) ; alors sera réalisée l'union définitive de Dieu avec son peuple ; même les gloires et les souvenirs de l'Ancien Testament s'effaceront devant les joies de l'alliance nouvelle entre Dieu et un peuple désormais fidèle. C'est l'annonce prophétique de la faveur divine retournant vers Israël. Chaque chose en son temps.

Israël aura donc son heure et sera recueilli par Dieu. Sa déchéance n'est point définitive. C'est en quelque sorte occasionnellement qu'il a été écarté. Les Juifs étaient exclusifs et jaloux, ils se refusaient à l'idée d'un partage avec le monde ,' il a fallu exclure ceux qui prétendaient tenir la vérité captive et étouffer l'Evangile sous le boisseau de la loi. Les gardiens jaloux une fois écartés, les Gentils ont trouvé place. Néanmoins cette disposition divine du moment n'efface pas une élection déjà ancienne, ni n'interdit à Dieu de reconnaître en eux le sang d'Abraham. Les Juifs sont sans doute peu aimables en eux-mêmes ; ils sont néanmoins aimés à cause de leurs Pères, les Patriarches, et à raison de leur unité, au regard de Dieu, avec le cep béni dont ils sont sortis. -^ Et si

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