‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 330 sur 663 · HYMNE A LA SOUVERAINETÉ DE DIEU · texte numérisé non relu

HYMNE A LA SOUVERAINETÉ DE DIEU

hier la gentilité était encore incrédule, aujourd'hui elle a trouvé l'occasion et le moyen de son salut dans l'opposition des Juifs à l'Evangile ; mais ceux-là qui aujourd'hui sont écartés, afin que la porte de la miséricorde s'ouvrît à tous, croiront à leur tour et obtiendront miséricorde. C'aura été l'humanité tout entière, au cours du temps, qui à quatre reprises différentes, la création, la vocation d'Abraham, l'Evangile, la fin des temps, aura été l'objet de la miséricorde de Dieu et de sa grâce : et Dieu n'aura permis l'incrédulité de tous ( TrâvTaç ), Juif S et Gentils, que pour exercer sur tous (Tîàvxaç ) ses glorieuses miséricordes. C'est en effet dans cet attribut de la miséricorde que Dieu se révèle tout entier, avec son indépendance et sa bonté : Deus qui omnipotentiani taam parcendo maxime et miserando manifestas. L'équivalent moral de l'aséité, c'est la miséricorde ; et jamais Dieu ne montre mieux ce qu'il est que dans l'exercice d'un amour qui ne vient que de lui.

33 O altitudo divitiarum sapientiae, et scientiae Dei : quam incomprehensibilia sunt judicia efus, et investigabiles viae ejus ! 34 Quis enim cognovit sensum Domini ? Aut quis consiliarius ejus fuit ? 35 Aut quis prior dédit illi, et retribuetur ei .^36 Quoniam ex ipso, et per ipsum, et in ipso sunt omnia ': ipsi gloria in saecula. Amen.

A la hauteur de cette perspective où il s'est élevé afin de nous dire le caractère de Dieu et sa persévérante charité, afin de nous révéler quelque chose de ses conduites providentielles, il n'y a plus de place selon l'Apôtre pour des contestations humaines ; les chétives réclamations des Juifs contre les Gentils, des Gentils contre les Juifs, s'effacent définitivement devant la glorieuse souveraineté qui dispose avec amour des hommes et des peuples. Aussi, négligeant enfin tous les murmures et les mesquines récriminations, ne consentant plus à discuter avec la créature, achève-t-il l'exposé doctrinal poursuivi jusqu'ici par un hymne à la grandeur de Dieu. La

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splendeur des desseins providentiels a jeté dans l'éblouissement l'intelligence de l'Apôtre, et s'élevant au-dessus de tous les bruits du créé, il se borne à prier : O profondeur de la richesse, de la sagesse, et de la science de Dieu : de la sagesse qui ordonne toutes choses à la fin suprême ; de la science qui connaît dans leur détail tous les êtres ordonnés à cette fin ; de la richesse des ressources divines pour amener tous les êtres à cette fin. Seule, la pensée de Dieu peut mesurer le programme de Dieu. Combien l'homme est incompétent dans ces questions ! Combien il y a pour lui de présomptueuse témérité à vouloir pénétrer les jugements de Dieu qui sont mystère, et juger les voies de Dieu qui sont impénétrables ! « Qui est-ce, demande Isaïe (XL, 13), qui a mesuré la pensée de Dieu et son programme éternel ?» Y a-t-il quelqu'un, Juif ou Gentil, avec qui Dieu ait du se concerter, et qui puisse nous dire ce qui s'est passé dans le conseil de Dieu ? Ou bien (cf. Job, XLI, 3), existe-t-il quelqu'un qui ait des droits sur Dieu, qui lui ait donné le premier, de telle sorte que Dieu lui soit débiteur ? Est-ce que tout n'est point gracieux, et pure miséricorde ? Est-ce que dès lors toute contestation avec lui n'est pas irrecevable ? Tout est de Dieu, et c'est à lui que tout puise son être premier ; tout est fait par Dieu et partant justifié en soi ; tout est pour Dieu ( si? aùxov ) et se termine à lui comme fin : tout ce qui est n'a d'autre raison que de le manifester et de conduire à lui l'être intelligent : Dieu est donc au commencement, au centre, et à la fin de tout : A lui seul gloire aux siècles des siècles. Amen. Et si l'homme se glorifie, qu'il se glorifie en Dieu !

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