‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 335 sur 663 · OBÉISSANCE, CHARITÉ, PURETÉ · texte numérisé non relu

OBÉISSANCE, CHARITÉ, PURETÉ

Ici encore, en définissant les devoirs des chrétiens envers l'autorité politique, c'est de la paix et du bon ordre de la société surnaturelle que l'Apôtre a souci. Ne lui demandons pas une théorie générale des rapports de l'Eglise et de l'Etat: ce serait hors de saison ; il s'agit seulement de l'attitude que prendra le chrétien devant ce qu'on nomme communément le pouvoir.

L'enseignement de l'Apôtre fait écho à la doctrine du Seigneur. A la question captieuse que lui adressaient ensemble les pharisiens et les hérodiens au sujet du cens exigé par César, le Seigneur avait éludé le piège en répondant : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Peut-être aujourd'hui encore, aujourd'hui surtout que la règle donnée par le Seigneur nous est devenue familière, et que les âmes durant de longs siècles ont été façonnées à la vérité, peut-être ne parvenons-nous pas à mesurer la révolution accomplie par cette réponse divine ; nous n'y voyons qu'une formule d'équité, une habileté souveraine destinée à tromper un piège très savamment tendu. Il y a plus ; et la réponse du Seigneur ouvrait aux destinées religieuses une ère nouvelle. Jusque là, chez les Romains, en l'absence d'une autorité religieuse instituée, en l'absence d'un corps sacerdotal indépendant, la détermination et le règlement des choses religieuses appartenaient, et légitimement, au pouvoir politique lui-même : il y avait confusion aux mêmes mains de la force publique et de l'autorité religieuse. Il n'existait pas dans le paganisme de société des âmes ; les fils de Dieu étaient dispersés et non réunis en un faisceau d'unité (Joan., XI, 52) ; les consciences étaient sans lien ; le sacerdoce païen n'était aucunement le guide des âmes, et ne se considérait que comme député par le pouvoir public à l'accomplissement de rites matériels, de cérémonies fixées par une longue tradition, de

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