‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 340 sur 663 · UNION AU CHRIST · texte numérisé non relu

UNION AU CHRIST

Le chrétien robuste, qui se sait affranchi des entraves du mosaïsme, n'a rien à démêler avec une loi abolie. Mais le chrétien faible, autrefois juif ou prosélyte, empêtré qu'il est encore dans les langes du mosaïsme, n'a pas le bénéfice de cette conviction secrète. Et aussi longtemps que sa conscience demeure ainsi formée, nos exemples, nos invitations, nos moqueries devront éviter de le pousser sur une pente qu'elle désavoue. Il ne peut en effet se dérober à ce que sa conscience lui montre comme une loi.

Cette explication satisfait pleinement et à la doctrine et au texte de l'Apôtre. Peut-être néanmoins est-il possible de faire coïncider, plus qu'on ne le fait d'ordinaire, les deux valeurs du mot fides, ou Kirr-'^z, chez l'Apôtre. Comme nous l'avons remarqué en lisant les versets 6, 7, 8 de ce même chapitre, la conscience du chrétien n'est pas un code abstrait de principes formels et d'axiomes impératifs, c'est le Christ vivant en nous : Christum habitare per fidem in cordibus nosîris. Notre conscience chrétienne se forme de notre communion a Notre-Seigneur Jésus-Christ ; c'est la pensée du Seigneur s'unissant à la nôtre pour l'animer, la régler, la diriger et la rendre efficace. Et le devoir de l'action chrétienne est de procéder de ce centre vivant, et conformément à ses exigences. L'Apôtre nous dira bientôt : Omne quodcumque facitis in verbo aut in opère, omnia in nomine Pomini Jesu Christi. De façon actuelle ou virtuelle, les œuvres du chrétien, pour être bonnes, partent de cette région profonde. Il n'est point d'heure où un chrétien ait le droit d'agir comme s'il n'était pas chrétien. Dieu fait partie de notre vie : ad eum veniemus, et mansionem apud eum faciemas. Nous portons en nous l'Esprit du Christ : Nos autem sensum ( tôv voOv ) Christi habemus, et c'est être chrétien que lui obéir. Nous le demandons à Dieu : Fac me tais semper inhaerere mandatis, et a te numquam separari permiftas, L'Eglise le démande pour ses enfants : ut cuncta nostra ôratio et operatio a te semper incipiat, et per te coepta finiatur. Tout acte vraiment chrétien est celui qui, de façon plus ou moins ac-

tuelle et plus ou moins consciente, part de cette région intérieure où notre âme est unie à Dieu, en conformité avec cette règle vivante qui est le Christ en nous. Si notre pensée consent à se placer à ce point de vue, les deux acceptions, conscience et foi surnaturelle, se rejoignent et coïncident exactement. C'est l'adhésion intérieure à Notre-Seigneur Jésus- Christ, qui fait notre foi et notre conscience : celui-là pèche qui, chrétien et uni par conséquent au Seigneur, agit en désaccord avec cette lumière qu'il porte en lui, avec cette influence divine à laquelle il ne peut se dérober sans faute : Omne, quod non est ex fide, peccatum est.

1 Debemus autem nos firmiores imbecilUtates infirmorum sustinere, et non nobis placere. 2 Unusquisque vestrum proximo suo placeat in bonum, ad aedificationem. 3 Etenini Christus non sibi plaçait, sed sicut scriptum est : Improperia improperantium tiBl ceciderunt super me. 4 Qaaecumque enim scripta sunt, ad nostram doctrinam scripta sunt : ut per patientiani, et consolationem Scripturarum, spem habeamus. 5 Deus autem patientiae, et solatii det vobis idipsum sapere in altemtrum secundum Jesum Christum : e ut unanimes, une ore honorificetis Deum, et patrem Domini nostri Jesu Christi. '^ Propter quod suscipite invicem, sicut et Christus suscepit vos in honorem Dei. s Dico enim Christum Jesum ministrum fuisse circumcisionis propter veritatem Dei, ad confirmandas promissiones patrum : 9 Gentes autem super misericordia honorare Deum, sicut scriptum est : Propterea confitebor tibi in Gentibus Domine, et nomini tua cantabo. ^^ Et iterum dicit : Laetamini Gentes cum plèbe ejus. n Et iterum : Laudate omnes Gentes Dominum : et magnificate eum omnes populL 12 Et rursus Isaias ait : Erit radix fesse, et qui exurget regere Gentes, in eum Gentes sperabunt. is Deus autem spei repleut vos omni gaudio, et pace in credendo : ut abundetis in spe, et virtute Spiritus sancti.

Page 1