JUIFS ET GENTILS
lîiière cette tendresse divine où les deux peuples ont trouvé place. Pourtant, à lire attentivement la lettre de l'Apôtre, on reconnaît des nuances d'attitude divine en face des Juifs et des Gentils : telles qu'elles sont, elles inclineront les Gentils à un surcroît de déférence envers leurs frères aînés, les Juifs. Car il y a une différence originelle entre la condition des Juifs et celle des Gentils. Tous deux sont accueillis, mais les uns au titre des promesses qui ont été faites à leurs pères, les autres au titre d'une bienveillance toute gracieuse de la part de Dieu. Ici la Rédemption a été œuvre de fidélité ; là, de miséricorde. En effet, auprès du judaïsme, ( TrsptTopiT, ), le Christ a été ministre et instrument de Dieu au prix de son sang, pour accomplir les promesses de Dieu, pour réaliser leS: prophéties faites aux Patriarches, pour dégager la parole de Dieu. Là, Dieu a été fidèle. Auprès des Gentils il n'en a pas été de même, et c'est de sa miséricorde que ceux-ci doivent bénir Dieu, selon qu'il est écrit au livre des Psaumes (Ps. XVII, 50), oii le Messie s'adresse à son Père: «Je vous louerai au milieu des nations et chanterai à la gloire de votre nom ». Ailleurs on voit de même que le judaïsme est le noyau béni auquel la gentilité viendra se joindre : « Réjouissez-vous, nations, avec le peuple de Dieu » (Deut., XXXII, 43 ; Ps., CXVI, 1). Ce n'est pas seulement de Jérusalem, selon qu'il avait été dit à la Samaritaine, c'est de partout que montera vers Dieu, la louange et l'adoration. En Notre-Seigneur Jésus-Christ le monde tout entier doit être recueilli et comme ramassé ; il est le Roi de toute l'humanité, sans distinction : autour de lui, comme d'un étendard, se rallieront les nations pour espérer en lui (Isai., XI, 10). C'est sur cette idée d'espérance que conclut l'Apôtre : Que le Dieu qui forme en nous cette espérance et en est l'objet vous comble de paix et de joie dans votre attachement au Seigneur ; qu'il vous enrichisse de cette espérance en la vertu de l'Esprit-Saint !
Avec ce souhait s'achève vraiment la portion morale et pratique de l'épître aux Romains, Nous entrons maintenant dans la conclusion, qui se poursuit jusqu'à la fin du chap. XV.
CONCLUSION