‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 343 sur 663 · CHAPITRE XV (suite · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV (suite

Il semble que saint Paul, repassant dans sa pensée tout l'ensemble doctrinal et pratique proposé à une Eglise jusqu'alors inconnue de lui, veuille s'excuser auprès d'elle d'avoir pris et soutenu si longtemps le rôle de celui qui enseigne.

14 Certus sum autem fratres mei et ego ipse de vobis, quoniam et ipsi pleni estis dilectione, repleti omni scientia, ita ut possitis alteratmm monere. is Audacius autem scripsi vobis fratres ex parte, tamquam in memoriam vos rediicens : pr opter gratiam, quae data est mihi a Deo, ^^ ut sim minister Christi Jesu in Gentibus : sanctificans Evangelium Dei, ut fiât oblatio Gentium accepta, et sanctificata in Spiritu sancto. 17 Habeo igitur gloriam in Christo Jesu ad Deum. is Non enim audeo aliquid loqui eorum, quae per me non efficit Christus in obedientiam Gentium, verbo et factis : i9 in virtute signorum, et prodigiorum, in virtute Spiritus sancti : ita ut ab Jérusalem per circuitum usque ad Illyricum repleverim Evangelium Christi. 20 Sic autem praedicavi Evangelium hoc, non ubi nominatus est Christus, ne super alienum fundamentum aedificarem : sed sicut scriptum est : 21 Quibus non est annuntiatum de eo, videbunt : et qui non audierunt, intelligent.

Je sais mieux que personne, dit l'Apôtre en terminant sa lettre, que rien ne vous manque, que vous êtes pleins de charité, pleins de science surnaturelle, très capables de vous entraîner ensemble vers le bien. Vous n'aviez nul besoin de moi. Et si j'ai pris la grande, peut-être la trop grande hardiesse de vous écrire, ce n'a été que pour vous rappeler des choses que vous savez bien, pour exercer au milieu de vous cette fonction d'apôtre que Dieu m'a donnée le jour où il fit

de moi un serviteur du Clirist Jésus parmi les nations, me déléguant la fonction de semer l'Evangile et de procurer à Dieu, dans la gentilité convertie, une hostie agréable à ses yeux et sanctifiée par l'Esprit.

Et l'on voit se dessiner l'allusion à la rivalité bien connue entre saint Paul et les judaïsants. Néanmoins, s'adressartt à une communauté qu'il n'a point formée, l'allusion est plus rapide. Pour moi, dit-il, je n'ai pas d'autre gloire que cellelà, être en Notre-Seigneur Jésus-Christ et rendre service à Dieu. Que d'autres se glorifient de leurs avantages personnels, je ne veux qu'être l'ouvrier et le serviteur du Seigneur pour la sanctification des Gentils. — Peut-être le verset 18 contient-il une négation de trop : quae per me (non) efficit Christus ; peut-être aussi veut-il par un détour critiquer la conduite des prédicateurs judaïsants, qui se glorifient auprès de chrétientés qu'ils n'avaient pas fondées : Pour moi, dit l'Apôtre, je n'aurai pas l'audace, comme d'autres, de parler de ce que le Seigneur a fait (par d'autres que) par moi pour la conversion des Gentils. — Parlant ainsi, il montrait ses titres, en même temps qu'il dénonçait les judaïsants qui ne suivaient ses traces qu'afin de troubler les communautés créées par lui. Son action et sa parole, ses miracles et ses prodiges, la grâce de l'Esprit qui est en lui, lui ont fait fournir le périple évangélique qui s'étend de Jérusalem à l'Illyrie : tout le littoral de la Méditerranée a été visité par lui. Même, et ceci vise une fois de plus ses rivaux du mosaïsme, il s'est imposé par amour propre surnaturel et par honneur, pour ne pas ressembler aux frelons qui entrent en possession du travail d'autrui, il s'est imposé la règle de n'annoncer le nom du Christ que là où ce nom n'avait pas été prononcé encore. Ainsi s'accomplissait la prophétie d'Isaïe, (LU, 15), annonçant que la parole de Dieu irait d'elle-même trouver ceux qui jusque là n'en avaient eu aucun souci.

22 Prop/er quod et impediebar plurimum venire ad vos, et prohibifus sum usque adhuc. ^^ Nunc vero ulterias locum

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