‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 345 sur 663 · CONCLUSIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS DIVERSES

près de vous. Que le Dieu de la paix soit avec vous tous ! Amen.

Ainsi se termine l'épître aux Romains.

Nous pouvions croire, et à bon droit, que l'épître se terminait avec le chapitre XV : la conclusion était peut-être moins étendue que dans d'autres épîtres ; mais elle était bien celle à laquelle on devait s'attendre, l'Apôtre écrivant ici à une Eglise qu'il n'a pas fondée, qu'il n'a p^s vue, qu'il salue de loin. Aussi éprouvons-nous quelque surprise, lorsque nous abordons le chapitre XVI, d'y trouver un long post scriptum. Toute parole de l'Apôtre est la bienvenue ; et nous accueillons avec un respect infini tout ce qu'il nous a dit au nom de Dieu. Mais- notre surprise demeure d'une conclusion après une autre conclusion.

Et cette surprise augmente à la lecture du chapitre XVI, lorsque nous l'analysons matériellement. Nous y distinguons, en effet, un premier ensemble comprenant les 16 premiers versets, et qui se termine aussi par une formule de conclusion nouvelle ; puis, c'est un deuxième ensemble, 17-20, avec une autre formule de conclusion ; puis encore un troisième en-~ semble, 21-24, avec une formule de conclusion ; enfin un quatrième ensemble, 25-27, avec une doxologie, qui dans la circonstance ressemble encore à une conclusion. Si nous comptons bien, avec la formule sur laquelle se termine le chapitre XV cela fait, en tout, cinq conclusions pour une même épître. C'est beaucoup, et l'Apôtre ne nous a pas accoutumés à cette surabondance.

Devant ce phénomène,' car c'en est un, nous devons nous souvenir du caractère que nous avons reconnu, dès la première heure, à l'épître aux Romains. C'est une lettre doctrinale encyclique. Averti par ce qui s'est passé en Galatie et à

Corinthe, fatigué d'arriver second pour corriger les erreurs des judaïsants, saint Paul a voulu prémunir les communautés chrétiennes contre les retours offensifs du mosaïsme, et mettre au point de façon définitive la question de la justification, la controverse de la loi et de la grâce, l'ancienne justice et la nouvelle. Si nous voulons nous souvenir de ce caractère encyclique de la lettre, si nous voulons remarquer qu'il est des manuscrits qui, au chapitre I, 7, ne portent pas les mots qui sunt Romae, nous tenons la clef de l'explication ; le phénomène des cinq conclusions s'explique de lui-même. En effet, a priori, le dessein de l'Apôtre étant celui que nous venons de reconnaître, il a dû, dès février 58, envoyer à plusieurs Eglises des exemplaires de cette lettre^ dite «aux Romains » et adressée à eux, mais communiquée à d'autres sociétés chrétiennes. On peut remarquer, encore a priori, que dans l'exemplaire adressé à telle ou telle Eglise particulière, l'Apôtre a dû ajouter telles recommandations, teHes salutations individuelles qu'il jugeait opportunes. Une Eglise lui était plus connue, plus familière, Ephèse par exemple, oit l'Apôtre avait séjourné trois ans. Les personnes lui étaient alors plus présentes, et une mention de détail était plus facile que lorsqu'il écrivait à une Eglise qu'il ne connaissait que de loin, sans l'avoir visitée.

Ces remarques une fois faites, serait-il téméraire, de supposer que les cinq conclusions que nous venons de rencontrer sont respectivement les conclusions finales données aux exemplaires adressés à telle ou telle Eglise particulière ; conclusions que les premières recensions des épîtres de saint Paul n'ont pas voulu perdre et qu'elles ont groupées toutes ensemble, en appendice à l'épître qu'elles accompagnèrent primitivement ? Peut-être la lecture de ces quatre fragments nous fournira-t-elle des éléments nouveaux qui appuieront ou éclaireront cette hypothèse.

1 Commendo autem vobis Phoeben sororem nostram, quae est in ministerio Ecdesiae, quae est in Cenchris : 2 ut

eam suscipiatis in Domino digne sanctis : et assistatis ei in quocumque negotio vestri indiguerit : etenim ipsa quoque astitit mulfis, et mihi ipsi. ^ Salutate Priscam, et Aquilam adjutores meos in Christo Jesu ; 4 (qui pro anima mea suas cervices supposaerunt : quibus non solus ego gratias ago, sed et cunctae ecclesiae Gentium), s et domesticam Ecclesiam eomm. Salutafe Epaenetum dilectum mihi, qui est primitivus Asiae in Christo. ^ Salutate Mariam, quae multum laboravit in vobis. ^ Salutate Andronicum, et Juniam cognatos, et concaptivos meos : qui sunt nobiles in Apostolis, qui et ante me fuerunt in Christo. s Salutate Ampliatum dilectissimum mihi in Domino. 9 Salutate Urbanum adjutorem nostrum in Christo Jesu, et Stachyn dilectum meum. lo Salutate Apellen probum in Christo. n Salutate eos, qui sunt ex Aristoboli domo. Salutate Herodionem cognatum meum. Salutafe eos, qui sunt ex Narcissi domo, qui sunt in Domino. 12 Salutate Tryphaenam, et Tryphosam : quae laborant in Domino. Salutate Persidem charissimam, quae multum laboravit in Domino, is Salutate Rufum electum in Domino, et matrem ejus, et meam. i* Salutate Asyncritum, Phlegontem, Hermam, Patrobam, Hermen : et qui cum eis sunt, fratres. 15 Salutate Philologum, et Juliam, Nereum, et sororem ejus, et Olympiadem, et omnes, qui cum eis sunt, sanctos. ^^ Salutate invicem in osculo sancto. Salutant vos omnes Ecclesiae Christi.

L'Apôtre commence par accréditer, sous une forme û'epistola commendatitia, la diaconesse Phébé, attachée à l'Eglise de Cenchrées, sur la mer Egée. (Il est probable que Corinthe avait plusieurs groupes chrétiens : celui dont Phébé faisait partie était sur le port oriental de la ville ; l'autre port s'appelait Léché, vers l'ouest). Les destinataires de cette conclusion devront traiter Phébé comme il convient aux saints, et l'aider en toutes choses comme elle-même a aidé l'Apôtre et beaucoup de chrétiens. — Le ton ne manque pas d'autorité : saint Paul semble avoir des droits sur l'Eglise à qui il parle.

.Sb EPITRE AUX ROMAINS. CHAP. XV

rribnî joyensement consenti est tout à la fois une largesse et rscquinement d'une dette, l'Apôtre songeait-il à provoquer Il générosiîé des Romains en faveur de cette Eglise de Jérusalerr.. d'où était sortie, avec la loi nouvelle, la richesse spiriîi-elle de toutes les nations ? On peut le supposer. Une fois ce: office accompli, une fois consignée aux mains des pauvres l'offrande dont l'Apôtre est le porteur, il se rendra, par Rome, en Espagne.

Je sais d'avance, dit-il, que lorsque j'irai vers vous, ce sers avec une abondante bénédiction du Christ. (Evangelii 71 est pas dans le texte, embarrasse la phrase et en obscurcit •c sens : car la pensée de l'Apôtre semble considérer son voyage à Rome comme un fruit pour lui-même de la bénédiction du Christ).

30 Obstcro ergo vos fratres per Dominum nostrum Jesum Christum, et per charitafem sancti Spiritus, ut adfuvetis me in oraiîonibus vestris pro me ad Deum, 3i ut libérer ab injidelibus, qui sunt in Judaea, et obsequii mei oblatio accepta fiai in Jérusalem sanctis, ^^ ut veniam ad vos in gaudio per volunîatem Dei, et réfrigérer vobiscum. 33 Deus autem pacis sit cum omnibus vobis. Amen.

Néanmoins, en se dirigeant vers Jérusalem, l'Apôtre n'ignore pas Thostilité qu'il y va rencontrer, et que ses largesses même ne parviendront pas à conjurer. Peut-être même à rheure où il écrit ces lignes, est-il avisé déjà des pièges qui lui seront tendus par les Juifs à son départ de Corinthe (.Act.. XX. 3). Aussi ajoute-t-il : Je vous supplie, par Notre- Seigneur Jésus-Christ et au nom de la charité que l'Esprit de Dieu a versée dans nos cœurs, de m'aider par vos prières auprès de Dieu, afin de me faire échapper à l'hostilité des incro\^ants de la Judée ; afin aussi que la collecte que je leur porte soit agréée par les saints, par les fidèles, et me les rende favorables. Mon pèlerinage terminé, si Dieu le veut, je viendrai vers vous, dans la joie de l'Esprit, et me reposerai

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