‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 385 sur 663 · ABORDAGE A MALTE · texte numérisé non relu

ABORDAGE A MALTE

in aspera loca incideremus, de puppi mittentes anchoras quatîiior, optabant diem fieri. 30 Nantis vero quaerentibus fiigere de navi, cum misissent scapham in mare, snb obtentn quasi inciperent a prora anchoras extendere, 3i dixit Paulus Centurioni et militibus : Nisi hi in navi manserint, vos suivi fieri non potestis. 32 Tune absciderunt milites fanes sca~ phae, et passi sunt eam excidere. 33 Et cum lux inciperef fieri, rogabat Paulus omnes sumere cibum, dicens : Quartadecîma die hodie expectantes jejuni permanetis, nihil accipientes. 34 Propter quod rogo vos accipere cibum pro salute vestra : quia nullius vestrum capillus de capite peribit. 35 Et cum haec dixisset, sumens panem, gratias egit Deo in conspectu omnium : et cum fregisset, coepit manducare. ^'^ Animaequiores autem facti omnes, et ipsi sumpserunt cibum. 37 Eramus vero universae animae in navi ducentae septuaginta sex. 38 Et satiati cibo alleviabant navem, jactantes triticum in mare. 39 Cum autem dies factus esset, terram non agnoscebant : sinum vero quemdam considerabant habentem littus in quem cogitabant, si passent, ejicere navem. ^^ Et cum anchoras sustulissent, committebant se mari, simul taxantes juncturas gubernaculorum : et levato artemone secundum aurae flatum tendebant ad littus. ^'^ Et cum incidissemus in locum dithalassùm, impegerunt navem : et prora quidem fixa manebat immobilis, puppis vero- solvebatur a vl maris. 42 Milituw. autem consilium fuit ut custodias occiderent : ne quis cum enafasset, effugeret. 43 Centurio autem volens servare Paulum, prohibait fieri : jussitque eos, qui passent natare, emittere se primas, et evadere, et ad terram exire : 44 et ceteros alios in tabulis ferebant : quosdam super ea, quae de navi erant. Et sic factum est, ut omnes animae évadèrent ad terram.

C'était la quatorzième nuit depuis que l'équipage et les passagers étaient ballotés dans la Mer Méditerranée (que saint Luc appelle l'Adriatique, à l'exemple des anciens et d'Horace lui-même). On avait fourni deux cents lieues de

mer, à petite allure, malgré la tempête, à raison de la marche oblique du bateau. Vers le milieu de la nuit, les matelots crurent à certains indices qu'ils approchaient de la terre. Ils jetèrent la sonde : elle accusa une profondeur de vingt brasses, un instant après, de quinze. En approchant si rapidement de la terre ou des rochers, on courait risque de s'échouer bientôt sur des bas-fonds ; ils laissèrent tomber de l'arrière du vaisseau quatre ancres et attendirent impatiemment le jour. Les matelots, qui mieux que d'autres apercevaient le caractère critique de leur situation, se mirent en demeure de descendre la chaloupe comme pour assurer le jeu des ancres, mais dans le réel dessein d'échapper au péril ; lorsque saint Paul dit au centurion et aux soldats : « Mais si ces hommes qui savent la manœuvre ne demeurent pas avec nous dans le bateau, vous ne pourrez échapper à la mort. » Les soldats comprirent aussitôt, coupèrent les amarres, et la chaloupe tomba dans la mer. Une présence d'esprit supérieure faisait de saint Paul le vrai chef obéi de tous les hommes. A la première naissance du jour, il les invita à prendre un peu de nourriture : « Voilà quatorze jours, leur dit-il, que vous n'avez rien pris qui puisse vous soutenir ; mangez maintenant, il vous reste du travail. Il ne tombera pas un cheveu de vos têtes. » Lui-même prit du pain, rendit grâces à Dieu et mangea. Tous les autres s'encouragèrent et firent comme lui. « Nous étions dans le bateau deux cent soixante-seize personnes », dit saint Luc.

Après leur repas, afin d'alléger le bateau, ils jetèrent à la mer tout ce qu'il contenait encore de vivres. Le jour vint. Les matelots ne parvinrent pas à reconnaître la terre où ils abordaient : ils n'ignoraient pas l'île de Malte, mais ne connaissaient pas la portion de la côte où les poussait le vent. Ils virent une petite baie et une plage où ils se proposèrent de laisser échouer le bateau : ils se débarrassèrent des ancres qui désormais ne leur étaient plus d'aucun usage, et livrèrent le bateau à sa direction. Les gouvernails avaient été reliés ensemble ; on leur rendit leur liberté afin de pouvoir diriger durant le court trajet qu'il y avait encore à fournir, et

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