‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 396 sur 663 · DOCTRINE SUR L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

DOCTRINE SUR L'ÉGLISE

l'a élevé au-dessus de tout que pour qu'il répandît sur tout, et en particulier sur la famille humaine où il est entré, toute la splendeur et toute la gloire reçues (cf. I Cor., XV ; Phil., IIÏ, 20). C'est comme tel, comme élevé au-dessus de tout, que Dieu l'a donné comme chef et comme tête à l'Eglise ; car l'Eglise est son corps, elle est la plénitude de celui qui se développe et s'achève tout en tous.

Ces dernières paroles de l'Apôtre ont leur commentaire doctrinal dans la IIP Partie de la Somme Théologique, quaesf. VIII, de Gratta Christi secundum quod est caput Ecclesiae. La pensée est familière à l'Apôtre : elle domine toute l'épître aux Ephésiens, tout celle aux Colossiens. L'humanité régénérée s'appelle l'Eglise. La tète de cette humanité, ce n'est plus Adam, c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ. Qu'il soit assis à la droite de Dieu, cela n'interdit pas à sa vie de circuler par toute cette humanité qui est son corps. Tous les baptisés sont ses membres. Comme Adam ne sera vraiment complet qu'à la naissance du dernier homme, au dernier retentissement de sa vie, le Seigneur dans ce corps mystique et réel de son Eglise est, lui aussi, incomplet ; il s'achève de jour en jour par une intégration progressive des natures individuelles qui s'unissent à lui, moyennant le baptême, au cours du temps.

L'Eglise est l'achèvement du Christ, c'est le Christ qui se développe en elle : la vie et l'action du Seigneur s'étendent à toute l'humanité, elles l'atteignent toute dans le temps et dans l'espace, avec le dessein que dans les élus, tout soit vraiment du Christ, leur pensée, leur vouloir, leur amour, leur activité, leur sensibilité même, chacun d'eux ne gardant de soi que les particularités individuelles qui le distinguent et le font être lui.

Cette doctrine de l'Apôtre est si considérable que nous ne, voulons pas conclure sans distinguer les divers stades de l'Eglise tels qu'ils sont définis par saint Paul :

Elle est d'abord dans la pensée de Dieu (1, 3-11).

Elle est dans le Christ, qui est sa tête, et lui donne la vie (I, 22, 23).

90 ÉPÎTRE AUX ÉPHÉSIENS. CHAP. Il

Elle recrute et recueille les âmes élues, par la doctrine, l'évangélisation (III, 6, 7).

Elle forme en chaque âme la ressemblance de Notre- Seigneur Jésus-Christ (IV, 11-17).

Lorsque cette œuvre d'éducation surnaturelle sera achevée, le dernier élu sanctifié, le Christ complet, Dieu ouvrira les portes de l'éternité (I Cor., XV, 21-29).

La doctrine de ce chapitre a été déjà rapidement dessinée au chapitre XII de la première épître aux Corinthiens, aux chapitres XII et XV de l'épître aux Romains : la vie surnaturelle en son expression sociale, le témoignage de l'unité de Dieu consigné, non plus comme autrefois dans un mémorial écrit, mais dans le cœur même et la vie de l'humanité. C'est ainsi que par le Christ, Dieu sera tout en tous : ut sit Deus omnia in omnibus ; ainsi que s'accomplira la prophétie de Caïphe : prophetavit quod Jésus moriturus erat pro génie, et non tantum pro gente, sed ut filios Dei, qui erant dispersi, congregaret in unum (Joan., XI, 51, 52) ; c'est ainsi surtout que fut exaucée la prière suprême du Seigneur (Joan., XVII). Ne regardons pas à la malice de l'homme, ni à l'effort constant déployé par lui pour se dérober à la tendresse infinie. Sachons oublier la contrefaçon satanique qui s'est employée à substituer l'internationalisme de la cupidité et de la haine à l'universalisme de la charité ; et gardons à Dieu, dans notre reconnaissance, le bénéfice de ce qu'il a voulu, de ce que l'homme, pour son malheur, n'a pas su vouloir avec lui.

l'église du christ

La distinction des chapitres est ici toute matérielle, car un même mouvement de pensée les embrasse tous deux. Le premier chapitre nous a enseigné qu'à l'origine de tout il existe une tendresse incréée ;

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