‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 397 sur 663 · RÉNOVATION PAR LE CHRIST · texte numérisé non relu

RÉNOVATION PAR LE CHRIST

un dessein éternel de cette tendresse, qui a voulu se traduire et donner sa mesure ;

une fin, qui est pour elle de trouver sa gloire dans la manifestation de sa bonté ;

un moyen, qui est le Christ, Fils de Dieu ;

un procédé, la Rédemption, qui s'emploie à tout recueillir, à tout renouveler dans le Christ, et surtout à créer sur terre Une humanité nouvelle suspendue à sa vie.

Or, cette humanité nouvelle, régénérée dans le Christ, s'appelle l'Eglise, corps mystique, plénitude, achèvement, prolongement de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Elle a une vocation, un héritage éternel, des privilèges d'ordre céleste. Mais parce que tout cet ensemble est encore invisible et voilé, l'Apôtre nous a montré dans le Christ lui-même, éveillé du sein des morts, assis aujourd'hui sur le trône de Dieu, porté à la tète de toute la création, l'emblème et la garantie de ce que Dieu réalise en chacun de nous. Par ce qu'elle a accompli dans le Christ, porté du tombeau jusqu'au trône de Dieu (I, 20), mesurez, nous dit l'Apôtre, l'étendue de l'action souveraine de Dieu en tous ceux qui sont attachés au Christ (II, 1) : de part et d'autre s'exerce et se déploie la même puissance infinie : Virtus Dei in salutem omni credenti (Rom., I, 16).

1 Et vos cum essetis mortui delictis et peccatis vestris, 2 in quibus aliquando ambulastis secundum saeculum mundi hujus, secundum principem potestatis aeris hujus, spiritus qui nunc operatur in filios diffidentiae, s in quibus et nos omnes aliquando conversati sumus in desideriis carnis nostrae, facientes voluntatem carnis et cogitationum, et eramus natura filii irae sicut et ceteri.

Nous comprenons mieux ici ce que l'Apôtre a voulu dire lorsqu'il assurait (II Cor., V, 16) que désormais il ne connaît plus le Christ selon la chair. Ce n'est, en effet, que l'Esprit-Saint qui lui a montré la glorieuse fonction du Christ,

embrassant toute l'humanité. Tous les prodiges d'autrefois pâlissent et s'effacent devant la révolution religieuse accomplie par lui. Gomme « le Christ a brillé aux esprits », malgré les dehors d'humilité dont l'Incarnation, la Rédemption, l'Evangile se sont voilés ! Avec quelle gloire s'est affirmée la paternelle souveraineté de Dieu ! Or, c'est après avoir éclaté dans la personne du Christ, passé du tombeau au trône de Dieu même et devenu le chef de l'humanité, que cette même souveraineté s'exerce avec la même splendeur victorieuse dans les membres du Christ :

Vous étiez au tombeau, vous aussi, les convertis de la Gentilité, et dans quel tombeau ! brisés de vos chutes sans nombre, ensevelis dans vos péchés. Votre activité s'abandonnait toute au cours du siècle présent, sans nul souci de l'avenir ni de l'éternité : sous le joug de celui qui règne dans l'air que nous respirons, le prince de ce monde, l'esprit mauvais à qui obéissent encore les incroyants. La" condition de l'homme était celle d'un failli, d'un tombé, d'un vaincu, livré à la puissance ennemie qui a triomphé de lui. Il n'y avait pas sur ce point de privilège pour les Juifs ; la faillite était égale de part et d'autre : car nous-mêmes, dit l'Apôtre, c'est-à-dire les Juifs, nous avons appartenu à ce même esprit d'incrédulité : Concluslf Deus omnia in incredulitate, ut omnium misereaiur (Rom., XI, 32). Peut-être le pouvoir diabolique s'exerçait-il moins visiblement sur les Juifs ; mais ils avaient en échange la tyrannie de leurs convictions orgueilleuses, tous les vouloirs de la chair et de l'égoïsme à qui ils obéissaient aveuglément, comme des fils de colère ; et, dès lors, ils étaient, au même titre que les Gentils, les objets de l'inimitié de Dieu. Aussi après avoir semblé au v. 1 (yf^âç) décrire la condition des seuls Gentils, l'Apôtre au v, 5 ( Tifjià;) ne laisset-il plus subsister de distinction entre Juifs et Gentils : Nousétions morts, ensevelis dans le tombeau de nos fautes ; car le péché est souillure, mort, et esclavage : c'est là que le bon; Samaritain est venu s'incliner vers nous.

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