‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 407 sur 663 · LA GARDE DE L'UNITÉ · texte numérisé non relu

LA GARDE DE L'UNITÉ

1 Obsecro itaque vos ego vinctus in Domino, ut digne ambuletis vocatione, qua vocati estis, 2 cum omni humilitate et mansuetudine, cum patientia, supportantes invicem in charitate, 3 solliciti servare unitafem Spiritus in vinculo pacis. 4 Unum corpus, et unus Spiritus sicut vocati estis in una spe vocationis vestrae. s Unus Dominus, una jides, unum baptisma. 6 Unus Deus et Pater omnium, qui est super omnes, et per omnia et in omnibus nobis.

Saint Paul est apôtre, c'est dans le Seigneur et en son:

nom qu'il exhorte ; il est prisonnier et maintenu loin des Eglises, mais il n'a pas cessé d'en porter en son cœur la sollicitude, et il demande aux chrétiens une seule chose, qui embrasse toute vertu : établir l'harmonie entre ce qu'ils sont et ce qu'ils font. C'est le principe de l'eurythmie morale, reconnu par les anciens : Vivere naturae si convenienter oportet; le véritable axiome de non contradiction dans la conduite pratique : ne point démentir dans nos œuvres ce que Dieu a fait de nous, en d'autres termes, être vraiment ce que nous sommes. L'être moral grandit en nous par l'exercice de ses facultés propres, par le jeu réglé et harmonieux de son activité.

Or nous venons de le voir, l'humanité tout entière a été ramenée à l'unité par le Christ, et dans toute l'Eglise circule la vie du Seigneur, maîtresse, depuis le baptême, de toutes nos natures individuelles. Il ne s'agit plus pour nous que de maintenir par notre œuvre personnelle, et d'achever ce grand programme d'unité concerté par Dieu ; et, l'égoïsme étant le grand diviseur commun, d'éliminer tout égoïsme, par l'humilité, par la douceur, par la patience, par le support mutuel, toutes vertus qui naissent de la charité, du saint désir de garder dans le lien de la paix l'unité surnaturelle où nous a constitués l'Esprit de Dieu qui fait les enfants de Dieu. Par un certain côté le stoïcisme avait préludé à cet enseignement:. Il invitait le philosophe à prendre conscience de tout l'ensemble où sa vie était comme plongée : Toti te insère mundo. Mais l'invitation n'était que pour le philosophe, pour l'âme d'essence supérieure, seule capable d'embrasser cet ensetnble; elle ne tendait qu'à constituer une aristocratie dédaigneuse et hautaine : l'humilité était d'ailleurs pour les anciens un vice de nature, une disposition d'esclave, le témoignage d'une âme basse et vile. Il était réservé au christianisme d'en relever la beauté, d'effacer cette tension orgueilleuse du moi impliquée par le stoïcisme, d'éliminer l'égoïsme par l'effusion de la charité ; et ce, par la conscience, donnée à chaque baptisé, d'appartenir non pas à un monde insensible, mais à Jésus-

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