‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 414 sur 663 · RÉNOVATION INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

RÉNOVATION INTÉRIEURE

gers à la vie de Dieu. Voilà ce qu'ils sont. Voyez ce qu'ils font, une grossière insensibilité (àic-riXyrixÔTeç) leur enlève tout respect d'eux-mêmes, toute décence même extérieure, tout souci du prochain.

On pourrait ponctuer le verset 20 de manière à le faire parler comme l'Evangile : Vos autem non sic (Luc,XXII, 26). La phrase dé l'Apôtre se poursuivrait ainsi : Pour vous, vous savez le Christ, vous l'avez entendu, vous êtes enseignés et guidés par lui. Le Christ, en effet, est la leçon, et nous n'avons à apprendre que lui ; il est le Maître, et nous n'avons à apprendre que de lui ; il est notre seule école, et c'est en lui que nous apprenons toute chose. Car toute vérité est en lui : non pas seulement parce qu'il a accompli les promesses de Dieu, quotquot promissiones Dei sunt, in illo est, — ni parce qu'il est la réalité surnaturelle définitive, gratia et veritas per lesum. Christum fada est, — mais parce que toute vérité est en lui : in quo sunt omnes thesauri sapientiae et scientiae absconditi. — Il est le messager, audistis ; il est le message, didicistis ; il est la lumière intérieure qui nous éclaire, edocti estis.

Il nous est prescrit de dépouiller l'être ancien, l'être adamique, celui d'autrefois, qui voudrait revivre, et nous ramener à l'erreur et à la souillure. L'Apôtre analyse ce travail de notre discipline surnaturelle et le décompose en trois moments : deponere, ditoOsffQat.. renovari, àyoLvzoua^cL:. induere, svBuc-atrQat..

La Vulgate a traduit par l'impératif l'infinitif des deux derniers verbes, ce qui efface en partie la netteté de la leçon. Même après le baptême, il reste en nous des vestiges du vieil homme, et des tendances qui, sans doute, ont reçu dans le sacrement le coup de la mort : il appartient à notre courage de leur donner le coup de grâce, et de ruiner en nous tout ce qui s'efforce encore de nous ramener à l'égoïsme d'autrefois. Au lieu donc de nous laisser envieillir de nouveau par le retour aux mœurs de l'ancien Adam, notre dessein comme notre joie sera de nous rajeunir dans l'Esprit qui a été donné

à notre âme, de laisser son influence se répandre de notre âme sur toute notre activité ; enfin à la place du vieil Adam, de mettre l'homme nouveau, celui dont le premier n'était qu'une ébauche, celui qui se crée en nous par Dieu dans la justice et la sainteté de la vérité ; en opposition avec la souillure, et les erreurs du premier. Est-il besoin de faire remarquer à quel point ce code pratique de la vie chrétienne découle de la pensée dogmatique de l'épître ?

L'Apôtre descend au détail, toujours guidé par la pensée du mystère du Christ, et déterminé par les nécessités spéciales des Orientaux à qui s'adresse sa parole. Ce sont lois spéciales dans leur objet, mais communes à tous les chrétiens depuis IV, 25 jusqu'à V, 22. Elles commentent surtout la première prescription de la vie chrétienne donnée plus haut : deponere vos... veterem honiinem.

25 Propter quod déponentes mendacium, loquimini veritatem unusquisque cuni proximo suo : quoniam samus invicem membra. 26 Irascimini et nolite peccare : sol non occidat super iracundiam vestram. 27 Nolite locum dare diabolo • 28 qui furabatur, jam non fureiur : magis autem laboret, operando manibus suis, quod bonum est, ut habeat unde tribuat necessitatem patienti. 29 Omnis sermo malus ex ore vestro non procédât: s€d si quis bonus ad aedificationem fidei ut det gratiani audientibus. ^^ Et nolite contristare Spiritum sanctum Dei : in quo signati estis in diem redemptionis. si Omnis amaritudo et ira, et indignatio, et clamor, et blasphemia tollatur a vobis cum omni malitia. 32 Estote autem invicem benigni, miséricordes,. douantes invicem sicut et Deus in Ckristo donavit vobis.

Renoncer au mensonge, garder la loyauté dans la parole: c'est la condition expresse de la vie sociale, c'est surtout la conséquence de l'unité et de la charité chrétienne. Après

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