LA LOI DE LA CHARITÉ
avoir emprunté au prophète Zacharie (VIII, 16) la formule de cette première prescription, l'Apôtre demande au Psaume IV, 5, la formule de la seconde, qui proscrit le ressentiment exagéré, hors de proportion avec sa cause, incompatible avec la loi de charité : entre chrétiens, le même jour qui a vu la mésentente doit éclairer aussi la réconciliation. Agir autrement serait rompre l'unité, et donner au diable l'occasion de rentrer dans notre vie.
Eviter la fraude. Le paresseux devient facilement un: voleur. Il faut vivre ; ne vivant pas de son travail, l'homme vivra de rapine sur le bien d'autrui. Ainsi le chrétien, en renonçant à la paresse, en vivant de son travail, y trouvera même de quoi aider ses frères, et semer le bien autour de lui. Toutes ces recommandations aboutissent à la charité et y trouvent leur motif.
S'abstenir de tout discours pervers, ne parler que pour le bien et l'édification de ceux qui nous écoutent (Col., IV,6). Tout ce qui s'écarte de cette règle, tout ce qui est amertume, hauteur, colère, dispute, imprécation, même toute malveillance purement intérieure, nous met en conflit avec l'Esprit de Dieu, avec l'Esprit de charité et de paix en qui nous avons été scellés au Christ, et scellés ensemble, comme un trésor appartenant exclusivement à Dieu, en vue de l'éternité et de l'adoption complète des enfants de Dieu ( zîç T,u£pav «iTtoXuTpwTEwç ). Au lieu de ces dispositions ou de ces éclats qui sont de la vie d'autrefois, qu'il n'y ait entre vous que charité, que bienveillance, l'esprit de pardon ter que Dieu vous l'a témoigné dans le Christ. Comme il a pardonné pleinement î Comme il ne se souvient pas ! Comme il s'incline vers le coupable repentant ! Comme il semble ne pas prévoir !^