‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 419 sur 663 · LES ÉPOUX CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

LES ÉPOUX CHRÉTIENS

'22 Mulieres viris suis subditae sint, sicut Domino : ^3 quoniam vir caput est mulieris : sicut Christus caput est Ecclesiae : Ipse, salvator corporis ejus. 24 Sed sicut Ecclesia subjecta est Christo, ita et mulieres viris suis in omnibus. 25yîri diligite uxores vestras, sicut et Christus dilexit Ecclesiam, et seipsum tradidit pro ea, ^^ ut illam sanctificaret, rnundans lavacro aquae in verbo vitae, 27 ut exhiber et ipse sibi gloriosam Ecclesiam, non habentem maculam, aut rugam, aut aliquid hujusmodi, sed ut sit sancta et immaculata. 28 Jta et viri debent diligere uxores suas ut corpora sua. Qui suam

uxorem diligit, seîpsum diligit. 29 Nemo enim umquam carnem suam odio habait : sed nutrii, et fovet eam, sicut et Christus Ecclesiam : so quia membra samus corporis ejus, de carne ejus et de ossibùs ejus. ^^Propter hoc relinquet hotno patrem, et matrem suam, et adhaerebit uxori suae : et erunt duo in carne una. 32 Sacramentum hoc magnum est, ego autem dico in Christo et in Ecclesia. ^^ Verumtamen et vos singuli, unusquisque uxorem suam sicut seipsum diligat : uxor autem timeat virum suum.

La famille humaine est à la fois le type naturel et l'élément de la société chrétienne. L'épouse sera soumise à son époux, et lui obéira comme au Seigneur ; et ce, non pas seulement dans le dessein d'assurer le bon ordre de la société domestique, mais pour un motif plus haut, et à raison de l'étroite relation que soutient le mariage chrétien avec le mystère du Christ, avec l'union du Seigneur et de l'Eglise. Comme le Seigneur est le chef de l'Eglise, l'époux est le chef de l'épouse. L'un devra commander et conduire comme le Christ ; l'autre devra être soumise et obéir, comme l'Eglise obéit au Christ, qui l'a sauvée. C'est à ce terme idéal, à cet exemplaire surnaturel que se rapporte le mariage chrétien, c'est là qu'il emprunte sa haute dignité.

Ainsi le mystère du Christ élève à son contact non seulement les individus, mais leurs relations naturelles.

Il n'est pas besoin de faire remarquer à quel point l'idée centrale de l'épître est sans cesse présente à la pensée de l'Apôtre : l'Eglise est le corps de Nptre-Seigneur Jésus-Christ. L'Eglise est la plénitude et l'épanouissement de Notre- Seigneur Jésus-Christ, l'expression complète de sa vie. L'Eglise est le temple dont le Seigneur est la pierre d'angle. Enfin, l'Eglise est l'épouse de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ces relations surnaturelles définissent aussi les devoirs de l'époux. L'époux se dévouera à l'épouse comme le Christ a aimé l'Eglise, et s'est livré à la mort pour elle, afin de la sanctifier. Il a effacé toutes ses fautes dans l'eau du baptême

et la parole qui l'unissait à sa vie. Et ainsi, il s'est acquis à lui-même, dans l'Eglise, une épouse parfaitement belle, sans tache, sans rides, toujours jeune. Dans la pensée de l'Apôtre l'unité du mariage chrétien, son absolue indissolubilité, l'affection, la confiance, le dévouement, la docilité qui unissent les époux prennent leur racine et leur exemplaire dans leur contact réel avec ce mystère que Dieu eut en vue dès l'éternité. Un rapport de symétrie divine rapproche le mariage chrétien du mystère du Christ : les lignes de l'un dessinent les lignes de l'autre ; en instituant l'un, Dieu pensait à l'autre. La loi de l'époux sera donc d'aimer son épouse comme le Christ aime la sienne. C'est son corps, c'est sa chair. Et nul homme n'est insensé au point de haïr sa chair : il lui donne le vivre et le vêtement, comme fait le Seigneur envers l'Eglise, envers chacun de nous qui sortîmes les membres de son corps, la chair de sa chair, les os de ses os.

Dieu a noué toutes choses, et les a conçues sur un même plan. Lorsqu'il créait le premier homme, il songeait au Christ : Quodcumqae limas exprimebatar, Christus cogitabatur homo fuiurus. Et lorsqu'il instituait le premier mariage, il dessinait l'union du Christ avec l'Eglise. Le rapport de l'exemplaire et de l'image est tel que c'est avec les mêmes paroles, avec le même épithalame que sont célébrées les deux noces, d'Adam et Eve, du Christ avec son Epouse. C'est l'union la plus étroite qui soit. Pour la former, l'homme quittera son père et sa mère, pour s'attacher à son épouse: ils seront deux dans une même chair, et n'auront qu'une seule et même vie.

L'Apôtre s'aperçoit que sa pensée a dévié, qu'elle a glissé du symbole à l'exemplaire, de l'union humaine à l'union divine. C'est là, nous dit-il comme dans une exclamation admirative, c'est là le grand mystère, celui du Christ et de l'Eglise, dont l'union humaine n'est que l'image, et à qui elle emprunte, avec sa grandeur, ses prérogatives et sa foi ; les chrétiens en prendront conscience, pour en reproduire les traits : l'époux en aimant son épouse comme soi-même, l'épouse en obéissant fidèlement à son époux.

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